vendredi 8 juin 2018

Magie runique : Talisman & Runes Liées

Magie runique : Talisman & Runes Liées



Utalisman est un objet magique qui porterait des vertus occultes. Le mot lui-même provient de l’arabe mot « ṭilasm » ( طلسم ), qui est une altération du grec « telesma » ( τέλεσμα ), signifiant « l’achèvement du rite ».
On désigne comme talisman un objet, quelque soit sa forme, qui comporte un message porteur d’une symbolique magique ou divine: mot de pouvoir, nom d’un dieu etc… Il est censé offrir une protection à son propriétaire ou apporter un pouvoir magique en rapport avec son symbolisme ésotérique.
L’amulette, quand à elle, est un objet naturel auquel on prête des propriétés surnaturelles. A l’origine, elle n’a pas été créé avec une volonté magique, elle a simplement été trouver puis ramasser par exemple.

A propos des Runes


Les runes ont dans un premier temps servi de moyen divinatoire, puis elles ont évoluées vers la forme d’un alphabet (voir Les Runes : Origine & Usage). C’est à cause de cette nature symbolique intrinsèque qu’elles peuvent être utilisés dans une optique de magie opérative.


On peut décomposer chaque runes en 6 niveaux :
  1. sa Forme : valeur idéographique, sens premier
  2. son Son : valeur phonétique
  3. son Concept : valeur symbolique
  4. son Nombre : valeur numérique par sa position
  5. son Dynamisme : relations avec les autres runes
  6. sa Nature : rune simple, double ou matrice
La source la plus prolifique sur la magie runique se trouve dans l’ Edda poétique avec le Sigrdrífumál, où la valkyrie Sigrdrífa ( Brynhild ) présente à Sigurd une corne à boire et lui explique les différents types de magie runique (ndt: texte complet en annexe).
  • Tyrrunar : runes de victoire
  • Olrunar : contre le poison
  • Biargrunar : rune de délivrance (natalité)
  • Brimrunar : rune de l’écume (voyage maritime)
  • Limrunar : rune des arbres (soin & guérison)
  • Malrunar : rune d’éloquence
  • Hugrunar : rune de sagesse (connaissance)
 Le poème sur Brynhild » n’est pas un cas unique et il existe ainsi d’autres textes nous renseignant sur l’usage des runes en magie. Le plus connu est surement le Rúnatals tháttr Odhins « le dénombrement des runes par Odin » qui se trouve dans le Havamal 138-165. On peut aussi citer le Grógaldr « l’incantation de Groa » (ndt: textes complet en annexe)

Reyn Til Rúna !
Cherchez les Mystères !

Ces séries de « galdrar » ( incantations ) sont clairement liées aux runes, tout en gardant cachée la formule runique exacte ( formàli ). Chaque stance n’est pas nécessairement rattachée à une forme runique unique, bien qu’il soit parfois éclairant de classer les significations dans l’ordre classique du Futhark.


Exemples de Talismans


Par le passé le bois était le support de prédilection pour graver les runes. Ce matériau n’ayant pas résister aux ravages du temps, la majeur partie des ressources dont nous disposons actuellement reposent uniquement sur les décorations des armes, des bijoux et des pierres levées. Le Moyen Âge nous a cependant légué un certain nombre de textes fragmentaires mais exploitable qui sont réunis sous la forme de CODEX. Toutefois une grande partie des anciennes pratiques magiques a été complètement perdue.
Avec ces sources, on a pu reconstituer et ainsi comprendre plusieurs méthodes qui servaient à créer des talismans à partir des runes :
  • runes liées (en. bind runes) : formées à partir de deux ou trois runes, les runes adjacentes sont réunies à partir d’un trait vertical commun pour ne former un seul glyphe.
  • bandrunar (conjuration) : assemblage de runes sur une seule ligne qui n’est forcément une transcription d’un mot précis ou d’une phrase. Dans le cas contraire, le message pouvait être crypté pour rester secret.
  • mot de pouvoir : des mots écrits en runes qui ont un pouvoir magique puissant (ex: Megin, Blast, Auja, Mattr).
  • bouclier de Finn (réf. à Finn Mac Cumaill) : ce sont des combinaisons de runes tracées à partir d’un même point dans le sens dextrogyre. Cette conformation à l’avantage de ne pas voir apparaître des runes non prévues lors de la superposition.
Parmi les bijoux en Or ou Argent, on retrouve des médaillons-talisman : les Bractéates. Le mot Bractéate (lat. bractea, morceau mince de métal) désigne à la fois la monnaie dans sa globalité, mais aussi le bijou qui peut en être tiré. Un certain nombres d’entre-eux représentant des portraits stylisés ou des animaux fantastiques sont entourés d’un cercle de runes dont le sens nous échappent en partie.

Le Bractéate de Fionie (DR BR42) comporte la phrase : houaz laþu aaduaaaliia alu. Le mot houaz a été interprétée comme correspondant au vieux norrois HAVI désignant le « très haut »kenning ( figure de style) désignant Odin lui-même. laþu (lathu) peut être traduit par invitation. aaduaaliia n’a pas de sens, il semble que ce soit une sorte de mantra. Quand au sens véritable du mot Alu, il est inconnu, mais c’est probablement le formali le plus connu car il se retrouve sur un nombre important de bractéate de toutes les périodes. Alu, veut dire littéralement Ale qui désigne les boissons enivrantes dont la bière. Etymologiquement et dans différentes cultures, on le retrouve associé à la dévotion, au monde des morts, à la sorcellerie ainsi qu’à la protection.
C’est ce même mot Alu ᚫ ᛚ ᚢ que l’on retrouve sur le Bractéate de Djupbrunns accompagné d’une Svastika. Il semblerait qu’il soit utilisé comme un moyen de protection ou une marque de dévotion. Le Bractéate de Tjurkö contient la dédicace suivante : ᚹᚢᚱᛏᛖᚱᚢᚾᛟᛉᚨᚾᚹᚨᛚᚺᚨᚲᚢᚱᚾᛖ··ᚺᛖᛚᛞᚨᛉᚲᚢᚾᛁᛗᚢᚾᛞᛁᚢ··· Que l’on peut traduire par « Heldaz a gravé les runes sur cet or pour Kunimunduz ».
Les formali Laukaz ᛚ ᚫ ᚢ ᚲ ᚫ ᛉ, Auja ᚫ ᚢ ᛃ ᚫ et Ota ᛟ ᛏ ᚫ sont aussi très présents sur les bractéates, le premier est le nom en proto-germanique de la rune Laguz ᛚ signifiant littéralement Poireau puis plus tard Lac. On l’interprète comme un symbole de Fertilité et deProtectionAuja peut être traduit par Chance, et Ota par la Peur.
Sur certains médaillons on retrouve ces différents mots associés comme par exemple Alu Ota qui pourrait se traduire ainsi : « Protège Peur »
Toutes ces formules sont écrites classiquement même si leur sens nous échappent, par contre les runes liées sont facilement décryptable car leurs symbolismes et leurs valeurs nous sont connues. Pour le démontrer, nous allons délivrer l’interprétation d’une grande partie des talismans les plus communs que l’on a retrouvé de la période Antique jusqu’au Moyen Âge.


Le premier glyphe représente le doublement de la rune Tiwaz ᛏ, rune du Dieu-Seigneur Týr, rune de la Victoire. On retrouve ce motif sur différentes armes. Pratique magique qui est décrite dans le Poème de Brynhild :
6. Il te faut graver les runes de victoire, Si tu veux victoire remporter, Graver sur les gardes du glaive, Certaines sur la poignée, Certaines sur le croisillon, Et nommer deux fois Tyr. Sigrdrífumál.
Le second glyphe est composé des runes ᛏ ᛋ ᚦ. La rune centrale est Sowilo ᛋ, en tant que Rune Matrice, supporte les deux autres. ᛋ représente le Soleil, c’est la source d’énergie du monde qui permet la Vie, symboliquement ᛋ permet l’Accomplissement des choses. La troisième rune est Thurisaz, le rune du Dieu-Guerrier Thor, un lien de guerre qui permet de passer outre les Défenses.
Le troisième glyphe est composé des runes ᛏ ᛟ. Othala est une rune symbolisant le Patrimoine et sa Protection, liée avec Tiwaz,l’ensemble représente symboliquement la Défense d’un Bien.

e premier glyphe se comme Gibu Auja, il est composé de l’association des runes ᚷ ᚫ. C’est un charme très ancien et très connu que l’on traduit par : « Don de la Chance ». En effet, Gebo ᚷ signifie littéralement le Don, tandis qu’Ansuz ᚫ désigne les Ases. Ainsi celui qui se met sous la protection des Ases récolte la Bonne Fortune.
La second glyphe est composé des runes ᚷ ᛏ. Ce que l’on pourrait traduire par : « Don de la Victoire ». La troisième rune ᛟ apparue par l’union des deux premières précise que cette victoire est plutôt sur un plan matériel (cad: la réussite).
Le troisième glyphe est composé des runes ᚷ ᚹ. Wunjo ᚹ signifie littéralement la Joie, le plaisir de la Communion avec les autres. La troisième rune Laguz ᛚ apparue par l’union des deux premières précise que cette Joie est Transmissible et qu’elle Traverse tout à l’image de l’Eau qui coule. On pourrait traduire ce charme par : « Don d’Amour« .
Le quatrième glyphe est composé des runes ᚷ ᚠ. Fehu ᚠ symbolise le Bétail en tant que Richesse vivante. On pourrait traduire ce charme par : « Don de la Richesse« .



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