mardi 3 mai 2016

L’HISTOIRE VÉRITABLE DES ARYENS...

L’HISTOIRE VÉRITABLE DES ARYENS...
+FOYER ORIGINEL DES INDO-EUROPÉENS...

Avant d’attaquer l’histoire proprement dite des Aryens, il est nécessaire de faire une petite mise au point car il existe une grande confusion en ce qui concerne ce terme «d’Aryens». Depuis la fin du 19è siècle jusqu’à la fin de la 2è guerre mondiale en 1945, le terme d’Aryens était utilisé comme un synonyme d’Indo-Européens. Or, ce terme d’Aryens ne devrait pas s’appliquer à tous les Indo-Européens, car les Aryens ne sont qu’une branche des Indo-Européens parmi tant d’autres, une branche orientale des Indo-Européens. Leur zone géographique fut ce qui est de nos jours le Nord de l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran et une partie du moyen orient. Le terme d’Aryens ne peut donc en aucun cas être utilisé pour des Germains, des Celtes, des Slaves ou des Grecs, car pour ces derniers c’est bien le terme d’Indo-Européens qu’il faut employer. Nous allons voir ci-dessous l’origine et l’expansion ethnoculturelle et géographique des Aryens historiques. Cette confusion des termes est simplement dûe au fait qu’à l’époque les connaissances concernant les Indo-Européens n’étaient pas encore très poussées et bien documentées. Ceci changea avec les études postérieures à 1945 grâce par exemple aux recherches fantastiques du professeur Georges Dumézil. Ceci dit, malgré un manque de connaissances sur le sujet, bien des approches antérieures à 1945 étaient sur la bonne voie. Il est vrai par exemple que les Indo-Européens ne sont pas uniquement une question linguistique comme on a voulu nous le faire croire injustement, mais aussi une question raciale. Les Indo-Européens étaient en effet de race blanche avec une nette influence du type nordique. Ceci n’implique bien-sûr aucune notion de supériorité d’une race sur une autre, mais uniquement une juste différenciation ethnique. Ce type ethnique des Indo-Européens se caractérise par une forte stature, une charpente robuste, et une dolichocéphalie modérée. Les Européens antérieurs aux Indo-Européens (eux aussi de race blanche, et que l’on qualifie souvent de «type méditerranéen») se caractérisent par une taille inférieure, une structure plus gracile, et une dolichocéphalie nettement plus prononcée. Lorsque les Aryens arrivèrent en Inde, ils maintinrent durant plusieurs générations leur particularité ethnique. Mais avec les siècles qui passèrent, les mélanges furent inévitables. C’est ainsi que les Aryens d’Inde se mélangèrent avec les Dravidiens que formaient les peuples du type négroïde installés dans le Sud de l’Inde. Ce mélange est caractéristique de cette région du monde, où les castes supérieures conservent des traits europoïdes évidents, alors que les autres sont nettement plus noirs de peau. Mais même chez de nombreux Indous modernes très noirs, on reconnaît encore les traits europoïdes hérités des Aryens. Ceci est visible au front haut, aux lèvres plus minces, et au nez fin. Pour ceux qui sont intéressés par cette question ethnique des Indo-Européens, veuillez voir le lien à la fin de cet article. Après cette introduction nécessaire, nous allons voir maintenant l’histoire véritable des Aryens, une histoire qui nous plonge plusieurs millénaires en arrière.
Nous venons de voir que les Aryens ne sont qu’une branche des Indo-Européens. Ces derniers ont leur foyer originel dans les steppes du Sud de la Russie et sont issus d’une civilisation que les spécialistes ont nommé les Kourganes. Plusieurs théories sur le foyer originel des Indo-Européens s’affrontent encore de nos jours, mais celle des Kourganes semble selon une grande partie des historiens et archéologues être la plus probable. Ce foyer originel se trouvait sur les deux rives de la Volga au Sud de l’Oural et fut assimilé à la culture dite de Dniepr-Donets, une culture qui nous fait remonter au 5è millénaire avant l’ère vulgaire. Une première vague se serait produite vers 4400 avant l’ère vulgaire à partir de l’Ukraine orientale et de la Russie méridionale. La seconde vague d’Indo-Européens des origines, ce qu’on appelle le foyer indifférencié, serait partie de l’Ouest de l’aire des Kourganes vers 3500-3200 avant l’ère vulgaire. C’est celle qui aurait entamé l’indo-européanisation de l’Europe du Nord-Ouest avec la formation de la culture des Amphores globulaires. La troisième et dernière vague originelle est partie des steppes ukraino-russes vers 3000-2800 avant l’ère vulgaire, et aurait conduit à l’expansion de la culture des Tombes à fosse vers les régions balkano-danubiennes.
Les Aryens, dont le nom exact est en fait Aryas, se seraient individualisés dans les steppes au Sud de l’Oural, où leurs premières cultures résulteraient de l’évolution locale des stades tardifs des cultures des Kourganes. Le mot Arya signifie en sanskrit «fidèle, noble, pur», ce qui est une claire indication à leur identité propre en tant qu’ethnie et culture, à la manière dont ils se voyaient eux-mêmes. Un de leurs Dieux se nommait Aryaman, un Dieu solaire régissant le culte aux ancêtres, ce qui est une indication supplémentaire pour la conscience ethnique qu’ils avaient d’eux-mêmes. Ce qui est somme toutes logique puisque nous avons pu voir par ailleurs que les traditions païennes issues des Indo-Européens ont une dimension identitaire évidente. L’étude des Aryens permet justement de remonter à cet esprit originel des Indo-Européens et à leur paganisme, car leur branche est parmi l’une des plus anciennes, ou du moins celle dont nous avons des documents écrits très anciens, comme le Rig-Véda des Indo-Aryens ou l’Avesta des Irano-Aryens.
Les Aryens se sont divisés en deux grands sous-groupes au cours de la 2è moitié du 2è millénaire avant l’ère vulgaire. Un groupe s’installa principalement dans le Nord de l’Inde, c’est le groupe des Indo-Aryens. Un autre groupe d’Aryens s’installa au moyen orient, principalement en Iran, les historiens les nomment Indo-Iraniens, mais personnellement je préfère le terme d’Irano-Aryens car il maintient ce lien au groupe ethnique originel. Les historiens s’accordent à dire que l’unité indo-iranienne est forcément antérieure au milieu du 2è millénaire, et selon toute probabilité elle est à situer vers la fin du 3è millénaire, aux alentours de 2200 avant l’ère vulgaire. Les Aryens vivaient alors encore dans les steppes du Sud de la Russie. Les archéologues les connaissent comme les cultures steppiques des Tombes à charpentes et d’Andronovo, et comme la culture de Bactriane. Le premier de ces blocs ethnoculturels procède de la vieille tradition indo-européenne originelle des Kourganes et ce serait formé vers 2700 avant l’ère vulgaire. Ils habitaient dans des villages rangés le long des cours d’eau, avec des maisons à moitié enterrées. Leur économie est mixte, c’est-à-dire qu’elle mélange l’agriculture et l’élevage. L’agriculture est héritée du néolithique ancien, des cultures antérieures aux Indo-Européens, alors que l’élevage est à cette époque typiquement indo-européen. Ils élèvent principalement des bovins, des chevaux, et des chameaux dans les parties orientales. La relation très forte avec le cheval est un trait particulier aux Indo-Européens, il est un animal qui possède une dimension sacrée et religieuse incontestable. Les Aryens possèdent des chambres funéraires en pierre ou en bois dans lesquelles on a retrouvé du mobilier funéraire mais aussi des restes d’animaux. Le lien magico-religieux avec les animaux est ainsi largement confirmé. Leur mode de vie était donc pastoral avec un rôle prééminent du cheval, l’urbanisation était inexistante ou bien embryonnaire. L’Aryen des origines n’est pas propice à la vie urbaine, car son lien avec la nature est trop vital pour qu’il puisse concevoir une vie dans une ville.
Aux alentours de 1500 avant l’ère vulgaire s’opère donc une grande division entre Aryens, ce qui fut certainement en partie la raison pour laquelle ils se mirent à émigrer massivement vers le Sud qu’ils allaient conquérir en bons guerriers qu’ils étaient. La question qui se pose à ce stade est de savoir pourquoi les Aryens se divisèrent en deux grands groupes distincts. Une des réponses se trouve dans leurs traditions religieuses. Selon des spécialistes comme Iaroslav Lebedynsky, on peut même parler d’une véritable révolution religieuse, une révolution intéressante au plus haut point. Chez les Aryens des origines, un Dieu se disait *Daiva. Les Indo-Aryens maintinrent cette approche avec leur terme sanscrit *Deva pour désigner une Divinité. Mais les Irano-Aryens renversèrent complètement leur approche religieuse avec leur terme *Daeva qui désigne un démon. Chez les Irano-Aryens, les anciens Dieux devinrent ainsi des démons, et tout porte à croire que ceci reflète un changement religieux important. Comme nous avons déjà pu le voir avec notre étude sur Zarathoustra, les Irano-Aryens intégrèrent très tôt des éléments de religiosité étrangère, sémitique entre autres, ce qui les fit glisser vers le dualisme le plus radical, un dualisme où il n’existe plus que deux Dieux, le Dieu suprême Ahura Mazda qui est ennemi du Dieu mauvais Aryaman. Il est d’ailleurs révélateur que le Dieu de leur identité originelle soit devenu un véritable diable, car ceci démontre que leur nouvelle religion était devenue incompatible avec les valeurs identitaires véhiculées par leur panthéon ancestral. Ce dualisme irano-aryen glissera à son tour vers un véritable monothéisme, où l’empreinte des ethnies sémitiques avoisinantes est évidente. Les Indo-Aryens quant à eux restèrent fidèles aux Dieux de leurs ancêtres en préservant tout particulièrement le lien avec la trifonctionnalité indo-européenne. Les Dieux Mitra et Varuna couvrent les deux aspects de la fonction souveraine, juridico-ouranienne et magico-religieuse. Le Dieu de la foudre Indra armé de son vajra couvre quant à lui la 2è fonction, celle de la noblesse guerrière. Pour la troisième fonction, celle de production et reproduction, se trouve plusieurs Divinités liées à la fertilité et fécondité comme par exemple les Ashvins. Ce panthéon indo-aryen après plusieurs siècles finira par évoluer vers sa version hindoue, telle qu’elle est encore connue de nos jours. Le brahmanisme avec ses cultes aux Dieux Shiva, Vishnou et bien d’autres, est la religion qui a le mieux conservé l’héritage indo-aryen du Rig-Véda. Le bouddhisme par contre, fut par la suite une révolution religieuse qui apporta avec lui une grande quantité d’éléments étrangers à la religiosité indo-aryenne, comme ceux hérités des anciens Dravidiens. Les Indo-Aryens étendirent leur zone d’influence à l’Inde, au Pakistan, et à l’Afghansitan. Les Irano-Aryens s’établirent en Iran et un peu partout au moyen orient. Le nom même «d’Iran» signifie «Terre des Aryens». Ces Irano-Aryens sont les ancêtres de grandes cultures comme celles des Perses et des Mèdes. Les Irano-Aryens ont également un lien avec d’autres peuples indo-européens comme les Cimmériens, et plus tard les Scythes, Sauromates, Sarmates, et Alains..
Il y aurait encore beaucoup à raconter sur les Aryens, leur histoire et leur panthéon. Pour cela ce n’est pas un article qui peut traiter ce sujet de manière approfondie, mais bien plutôt un livre, tellement les données sont nombreuses et riches en information. Espérons en tous cas que ce résumé aura permis d’éclaircir certaines zones d’ombre concernant ce thème entouré de tant de tabous et d’erreurs.
Hathuwolf Harson
Sources :
«Les Indo-Européens», Iaroslav Lebedynsky
«Les Dieux souverains des Indo-Européens», Georges Dumézil
«Mythe et épopée», Georges Dumézil
«B.A.-BA des Indo-Européens», Bernard Marillier
«Les Indo-Européens», Jean Haudry

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