mercredi 6 janvier 2016

Le calendrier gaulois : synthèse et hypothèses, restitutions

Le calendrier gaulois : synthèse et hypothèses, restitutions

par David ROMEUF - 02/2012
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La zone du mois Intercalaire 2 "... CIALLOS ... SONNOCINGOS ..." du calendrier original de Coligny exposé au Musée gallo-romain de Lyon Fourvière.
Sur la gauche, le mois RIUROS 3, sur la droite le mois EQUOS 3. 
Crédit : David ROMEUF.
« … Tout gui venant sur le rouvre est regardé comme envoyé du ciel ; ils pensent que c'est un signe de l'élection que le dieu même a faite de l'arbre. Le gui sur le rouvre est extrêmement rare, et quand on en trouve, on le cueille avec un très grand appareil religieux. Avant tout, il faut que ce soit le sixième jour de la Lune, jour qui est le commencement de leur mois, de leurs années et de leurs siècles, qui durent trente ans ; jour auquel l'astre, sans être au milieu de son cours, est déjà dans toute sa force »
PLINE L'ANCIENHistoire naturelle, Livre XVI - XCV.
« Les Gaulois se vantent d'être issus de Dis Pater (du dieu Pluton), selon la tradition des druides ; c'est par cette raison qu'ils mesurent le temps, non par le nombre des jours, mais par celui des nuits : les jours de naissance, le commencement du mois et celui des années sont toujours comptés de manière que le jour n'entre dans le calcul qu'après la nuit. »
Jules CÉSARla Guerre des Gaules, Livre VI - XVIII.
« Le mouvement des astres, l'immensité de l'univers, la grandeur de la terre, la nature des choses, la force et le pouvoir des dieux immortels, tels sont en outre les sujets de leurs discussions : ils les transmettent à la jeunesse. »
Jules CÉSAR, les Druides dans la Guerre des Gaules, Livre VI - XIV.

Résumé : Nombreux sont les textes antiques qui attestent de l'utilisation des étoiles comme repère temporel. Sans calendrier et/ou horloge disponible et/ou en usage, le ciel était utilisé par les anciens peuples comme un repère temporel périodique précis et synchrone avec la nature, sans dérive évidente à l'échelle séculaire. Le lever héliaque des étoiles de première grandeur était fréquemment utilisé. À l’époque encore plus reculée de l’âge de la Pierre, des sites mégalithiques furent délibérément orientés vers des positions particulières et remarquables du Soleil ou de la Lune. "L'horloge" la plus précise et sans dérive qui rythme encore nos vies reste la position du Soleil. L'outil de mesure le plus précis est actuellement l'horloge atomique Pharao. Outre les travaux agricoles, les célébrations, cérémonies et fêtes religieuses devaient être exécutées à des dates particulières. La création d’un calendrier participait à la maîtrise du temps par les hommes, à l’organisation temporelle d’une société humaine. Lié depuis toujours à l’observation astronomique, il n’est pas étonnant que les premiers calendriers soient basés sur des périodes astrales évidentes ou couplées (solaire, lunaire, luni-solaire, stellaire, planétaire…). Si les calendriers de nombreuses civilisations sont bien connus et abondamment documentés, celui des Gaulois et donc des Celtes apparaît plus discrètement. Ce web-article a pour but de réaliser une synthèse pédagogique des travaux archéologiques de rétroingénierie sur le sujet, de proposer plusieurs restitutions complètes hypothétiques des siècles gaulois afin de bien les appréhender temporellement et concrètement, en particulier sur les notations périodiques. Et enfin, de chiffrer et comparer la précision et la dérive des milliards de combinaisons possibles par rapport à celle choisie, démontrant ainsi le but recherché par les responsables du temps. L'histoire du calendrier gaulois est sans doute l'histoire de l'observation de la Lune, son utilisation avec la mise au point d'un comput qui la suit au mieux dans le temps, tout en suivant aussi le Soleil par la suite, mais en restant dans le temps lunaire.
Abstract : xxxx.
Sommaire
À ce jour, l’archéologie n’a pas livré un calendrier gaulois complet mais seulement deux fragmentaires. Notre connaissance du calendrier Gaulois est donc partielle et lacunaire :
— La première découverte remonte à 1807 avec un petit fragment de bronze sorti des eaux du bord du lac d’Antre proche de Villards d’Héria dans le Jura, en territoire Séquanes. Sa surface était très modeste et on en perd trace chez un antiquaire parisien en 1888. Il reste un bon fac-similé réalisé par Héron DE VILLEFOSSE (1898). En 1967, Lucien LERAT retrouva au moins 5 fragments en bronze appartenant à ce même calendrier dans le ruisseau d’Héria ;

— La découverte la plus conséquente fût en novembre 1897 quand de nombreux fragments d’une grande plaque de bronze mêlée aux morceaux d’une statue divine gallo-romaine de Mars furent découverts par un cultivateur à Coligny (dans l’Ain), en territoire Ambarri. L’ensemble était enfoui à 30 cm de profondeur dans un champ proche de la voie romaine Lyon-Besançon (Lugdunum-Vesontio). On peut penser par la forme de l’excavation que les fragments étaient rassemblés dans un panier en forme de hotte. La langue gravée, la forme et le contenu ne laisse aucun doute sur la nature d’un calendrier gaulois (à priori une plaque techniquement gallo-romaine gravée dans le bronze, écrite en lettres latines mais en mots gaulois). Ces fragments (environ 150) représentent de l’ordre de 50% de la surface de la plaque calendaire d’1,48 m x 0,9 m. Il manque 30 mois sur 62. Le "puzzle" de cette plaque une fois reconstitué, se présente sous la forme d’un tableau de 16 colonnes et 4 lignes/mois (sauf 2 colonnes où apparaissent 3 mois).

 
Le calendrier de Coligny original exposé dans son cadre protecteur en verre au Musée gallo-romain de Lyon Fourvière.
 Crédit : David ROMEUF.
Chaque ligne de notation journalière possède un trou qui permettait d’accrocher un index pour repérer le jour courant (probablement une cheville en bois). Les lettres latines gravées ont une hauteur moyenne de 3,5 mm. La mise en page est approximative et irrégulière. Elle comporte quelques maladresses où certaines lignes débordent sur la colonne suivante. L’alignement vertical est irrégulier, l’interligne parfois moyennement respecté. Comme l'opération de gravure fût manuelle et laborieuse, les lettres ne sont pas systématiquement espacées régulièrement. Les épithètes de certains mois débordent parfois sur l’en-tête du mois voisin. Les trous sont percés concomitamment à la gravure de la ligne mais de manière irrégulière (des séries semblent percées à l’avance, parfois en trop). Des chiffres romains X gravés à l’avance en série sont raturés, signe d’une erreur. La lassitude et les défauts de concentration du graveur sont perceptibles face à ce long travail (raturage, omission de mot, mot superflus, répétition, imperfections).
 
Exemple de raturage du graveur avec deux X barrés entre le jour XIIII et le jour XV d'AEDRINIOS 2.
Il s'agit probablement d'une erreur d'anticipation avec trop de X gravés à l'avance sans les compter.
Photographie de l'original du calendrier de Coligny au Musée gallo-romain de Lyon Fourvière.
 Crédit : David ROMEUF.
 
Exemple d'une erreur d'attention du graveur qui a frappé deux V de suite entre les jours IIII et VI. De plus, l'alignement
vertical n'est pas respecté et on ne sait plus à quelle ligne est attribuée la notation journalière.
Photographie de l'original du calendrier de Coligny au Musée gallo-romain de Lyon Fourvière.
 Crédit : David ROMEUF.
Le calendrier était probablement installé dans un sanctuaire. Les Druides le tenaient à jour puisqu’ils avaient le monopole des connaissances scientifiques et l’observation astrale. La date de sa destruction est estimée à la fin du IIème siècle après J.-C.
De nombreux auteurs ont étudiés et analysés le comput et les notations de chaque ligne du calendrier gaulois de Coligny. Ils ont pratiqué un travail très minutieux et fastidieux de "rétroingénierie". Les fragments du Lac d’Antre permettent aussi de confirmer certaines lignes de Coligny (comme par exemple les 4 dernières lignes du mois ANAGANTIOS 1). Les contributeurs sont Paul DISSARD (1898), Héron DE VILLEFOSSE (1897), Seymour DE RICCI (1898), Emile ESPERANDIEU (1898), John RHYS (1905, 1911), Goddard Henry ORPEN (1910), Célestin LAINE-KERJEAN (1943) et surtout Eóin Mac NEILL (1928) avec la publication de son mémoire de 1924 dans la revue Irlandaise Ériu, « On the notation and chronography of the calendar of Coligny » (nous détaillerons les transferts, rétrogradations, prêts aux intercalaires, Equos II et IV à 28 jours).
Sur le plan archéologique, la référence actuelle qui reprend et complète le travail de ces premiers contributeurs est le copieux Recueil des Inscriptions Gauloises R.I.G Volume III – Les calendriers (Coligny, Villards d’Héria) par Paul-Marie DUVAL et Georges PINAULT, 1986, XLVe supplément à « GALLIA » CNRS.  On trouvera l’histoire détaillée de ces différentes études sur le calendrier de Coligny dans les pages 1 à 13 de cet ouvrage. Chaque ligne restituée (c’est-à-dire, celles attestées par l’inscription sur un morceau de la plaque, et celles déduites par la compréhension de la logique et le mécanisme des notations du calendrier) est argumentée dans les pages 329 à 395 de ce R.I.G. III. Une grande partie du fonctionnement du calendrier est compris mais il reste plusieurs énigmes comme les signes triples (hastes, sous forme de 3 lignes verticales précédents la notation journalière dont l’une plus grande est barrée, regroupée généralement en série logique sur 3 jours consécutifs), la traduction de nombreuses notations et surtout nous n’avons pas de T0 (jour de départ) ou d’équivalence d’un jour dans un autre calendrier connu. Nous ne savons pas non plus si ce calendrier fût fabriqué par la tribu des Ambarri ou importé. La raison de sa destruction est supposée. Enfin, il contient plusieurs erreurs de gravure due à la lassitude probable du graveur. On peut même se demander si le commanditaire n’avait pas demandé de recommencer l’exécution en exigeant une plaque parfaite.
L’analyse fine des fragments et des notations permet de comprendre que ce calendrier a évolué dans le temps. Il fût réformé, perfectionné, adapté. Il est avant tout astronomique avec la Lune, astre intrigant par le changement continuel et périodique de sa forme dans le ciel qui rythme la semaine, la quinzaine et le mois (son déplacement est très rapide par rapport aux autres astres : son diamètre en 1 heure devant le fond des étoiles qui sont fixes, 0,508°/h) ; et le Soleil astre chaud et nourricier qui marque les saisons dans l’année solaire (mais qui se déplace plus lentement devant le fond des étoiles lointaines et donc fixes, de son diamètre en 12,17 h ou environ 2 diamètres en 1 jour (0,9856°/j)).
  
La Lune au premier quartier photographiée par Jean CHAPELLE dans les années 1980, Président fondateur de l'Association des Astronomes Amateurs d'Auvergne,
Professeur de Mathématiques au lycée-collège de Montferrand (Ambroise BRUGIÈRE) à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme 63.
Cette phase particulière, facile à repérer de manière précise par son terminateur en segment de droite, marquait le début des mois gaulois.


On peut lui reconnaître 3 états très différents :
  • Etat 1 – Strictement Lunaire : à l’origine, le calendrier gaulois primitif était Lunaire. Il était composé de 12 mois de 29 jours (qualifiés du gaulois anmatu : mauvais, néfaste, incomplet) et de mois de 30 jours (qualifiés de matu : bon, faste, complet). Des mois de 29 et 30 jours presque alternés permettent de se synchroniser approximativement sur la période synodiquemoyenne de la Lune d’environ 29,53 jours (retour à la même phase).

    Nous savons par le célèbre passage de la cueillette du gui par PLINE L'ANCIEN que le 1er quartier lunaire débutait les mois, les années et les siècles Gaulois qui duraient 30 ans (371 lunaisons synodiques moyennes de 29,530589 jours, soit environ 29,9965 années tropiques solaires de 365,242190517 jours pour J2000, la valeur diminue de 0,53 s / siècle, ou 29,9958 années juliennes de 365,25 jours). Ce point est controversé par certains auteurs qui feraient débuter le mois gaulois à la nouvelle lune ou à la pleine, mais je le trouve logique et cohérent pour plusieurs raisons:
    - l'instant de la phase du premier quartier est celui qui est le plus précisément et facilement déterminable par un observateur car le terminateur forme alors une ligne droite (on reconnaît le premier quartier par la lettre P qu'il forme dans le ciel, et le dernier quartier par la lettre D), contrairement à la nouvelle lune que l'observateur ne peut pas observer dans le ciel, la pleine lune qui est 10x plus lumineuse qu'un premier quartier mais dont la phase varie très peu de jour en jour sur un demi périmètre par l'effet de projection, et, il n'y a rien qui ressemble plus à un croissant lunaire qu'un autre croissant lunaire pour apprécier une précision (un croissant mais lequel ?) ;
    - le premier quartier lunaire est en plus facilement observable au coucher du Soleil (angle de 90° avec le Soleil en quadrature), moment où débutait la journée gauloise comme l’atteste César dans un passage de la Guerre des Gaules. Les gaulois comptaient en nombre de nuits (journée = nuit nocturne + partie diurne = nycthémère) comme de nombreux autres peuples (en 1920, la moitié des populations de la planète comptaient encore en nombre de nuits) ;
    - il y a une cohérence entre évaluation de l'instant avec précision et position de la lune le soir dans le ciel au début de la journée gauloise. Le premier quartier est facile à observer et à déterminer finement. En plus, il est idéalement placé proche du méridien lors du coucher du Soleil, début de la journée gauloise.

    En revanche, la précision de synchronisation calendaire avec le premier quartier ne pouvait qu'être toute relative car la durée vraie de la lunaison varie d’une amplitude de presque ± 7 heures dans l’année et (la Terre et la Lune ont une orbite elliptique et donc ne tournent pas à une vitesse constante sur leur orbite. Ces corps sont plus rapides au périgée de leur orbite, et plus lents à l'apogée. Selon la vitesse héliocentrique de la Terre et la vitesse géocentrique de la Lune, la Lune doit la rattraper ou perdre de son avance pour présenter le même angle de phase au Soleil. Voir la durée de la lunaison par Jean MEEUS).

    La forme des noms des mois strictement gravée sur la plaque est : SAMONDVMANRIVROSANAGAN & ANAGATIOOGRONCVTIOSGIAMONSIMIVI & SIMIVISEQVOSELEMBAN & ELEMBIV,AEDRINI & EDRINICANTLOS.

    Dans l’ordre, les 12 mois gaulois étaient au premier état strictement lunaire : SAMON (matu 30 j), DUMANN (anmatu 29 j), RIUROS (matu 30 j), ANAGANTIO (anmatu 29 j), OGRONN (matu30 j), CUTIOS (matu 30 j), GIAMONI (anmatu 29 j), SIMIUI (matu 30 j), EQUOS (anmatu 29 j), ELEMBIU (anmatu 29 j), EDRINI (matu 30 j), CANTLOS (anmatu 29 j). « L’année » totalisait donc354 jours. Ils étaient organisés en deux quinzaines : jours 1 à 15, et jours 16 à 29 ou 30 qui sont aussi gravés avec les chiffres romains I à XV sur la plaque de Coligny. La notion de quinzaine est importante car il s'agit d'une demie lunaison.

    ATTENTION : Sur la plaque du calendrier de Coligny les jours de la deuxième quinzaine du mois sont gravés en chiffres romains de I à XV. Dans cet article, nous utilisons les chiffres de 16 à 30 par commodité d'écriture et habitude de notre époque. Pour 16, il faudrait plutôt écrire I de ATENOUX, 17 = II de ATENOUX, ... 30 = XV de ATENOUX. Les auteurs du RIG III les notent 1a, 2a, ... 15a. Dans les pages web des restitutions des siècles que nous proposons à la fin de l'article, la notation d'origine est respectée.

    Au départ :
    - les mois complets/favorable MAT (matu de 30 jours) ne comportaient que des jours favorables matu diio notés md aux numéros de jour 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29 (soit 21 jours sur 30). Les jours 5, 11, 18, 20, 22, 24, 26, 28 et 30 étaient notés d amb (soit 9 jours sur 30). La signification de d amb n'est pas réellement connue, le sens retenu par les auteurs/contributeurs est non matu (page 271 : autre sens que matu ? pas matu ?). Les mois MAT ne comportaient aucun jour pas matu d ;
    - les mois incomplets/néfaste ANM (anmatu 29 jours) ne comportaient que des jours pas matu notés d aux numéros de jour 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29 (soit 21 jours sur 29). Les jours 5, 11, 18, 20, 22, 24, 26 et 28 pas matu étaient notés d amb (soit 8 jours sur 29). Les mois ANM ne comportaient pas de jour md.

    Le lecteur remarquera que les qualités de jour md et d ne sont présentes que dans 1 type de mois (MAT ou ANM), la qualité d amb est commune aux 2 types de mois (MAT et ANM). On trouve 6 ou 7 d amb dans la deuxième quinzaine du mois (sombre) durant les croissants lunaires, contre seulement 2 dans la première quinzaine (claire) au jour 5 et 11 en lune gibbeuse.

    L'interprétation commune diffusée par le RIG III, fait que md est traduit avec le m devant le d par jour matu. Donc ils considèrent m comme une abréviation de matu. La lettre d qui est commune aux 3 qualités des jours, est probablement l'abréviation de jour. S'il y a des mois bons/mauvais ou complets/incomplets, des jours bons, alors pourquoi pas des jours mauvais ? Mais quelle notation correspond entre d et d amb ? d amb n'a probablement pas le sens de MAT ou ANM car commune aux deux types de mois. d a probablement le sens opposé à matu puisqu'on le retrouve uniquement dans la qualité de mois ANM. En revanche, il n'apparait pas de mois neutre ou ambivalent. La traduction des qualités des jours est discutable d'autant que matu est aussi bien traduit par "bon" ou par "complet", ce qui n'a pas exactement le même sens. complet/incomplet se rapproche plus du sens des mois du calendrier Grec attique primitif avec des mois pleins de 30 jours et des mois creux de 29 jours.

     
    Illustration de la répartition de la qualité des jours mddd amb dans les mois MATU et ANMATU du calendrier gaulois originel obtenu par rétroingénierie. Il y avait beaucoup plus de d amb durant la deuxième quinzaine 6 ou 7 contre 2.


    Mais une particularité du calendrier gaulois de cet état original fût mise en évidence par Eóin Mac NEILL. Nous ne connaissons pas vraiment la raison profonde mais il comporte des lignes de notations quotidiennes échangées/permutées entre même jour de mois adjacents contigus (il existe des exceptions avec des échanges décalés entre deux numéros de jours). Ces permutations touchent les 12 mois. Sont permutées uniquement les notations quotidiennes (dmdd ambprinni loudinprinni laget), mais pas les tags iuos et les signes triples hastes qui datent probablement de l’état 2 suivant. Le nom du mois source est ajouté en fin de ligne au génitif pour marquer la possession du mois d’origine (ex SAMONIOS devient SAMONI). Par exemple, les notations du jour 1 de RIUROS (matu) et d’ANAGANTIOS (anmatu) sont permutées. Le jour 1 de RIUROS reçoit « d anagantio » du jour 1 d’ANAGANTIOS (qu’on peut traduire par : c’est le jour néfaste d’ANAGANTIOS), et le jour 1 d’ANAGANTIOS reçoit « md riuri » du jour 1 de RIUROS (c’est le jour faste de RIUROS). Un autre exemple avec un échange entre deux numéros de jours différents entre 3 SAMONIOS1 et 17 DUMANIOS1 probablement parce que le jour 17 de SAMONIOS ne pouvait être échangé car il était le jour de la fête TRINOX SAMONI. 3SAMONIOS est marqué en plus par l’indication EXINGI qui souligne probablement une permutation exceptionnelle (sens probable "venir de"), pas entre même numéro de jour comme habituellement. 4 ANAGANTIOS2 est aussi en échange décalé avec 23 RIUROS2 car 4 RIUROS est le jour de la fête BRIGIOMU qui n’est pas permutable puisque une fête fixe en RIUROS.
     
    Exemple des échanges ou permutations entre mois voisins dès l'état 1 lunaire du calendrier gaulois. 


    Ces permutations introduisent donc des jours fastes/matu dans des mois néfastes/anmatu et des jours pas matu dans des mois fastes/matu. Eóin Mac NEILL appela ces échanges de notations « transference by interchange ». Les auteurs du RIG III ont traduit par « échanges ». Ces échanges ont lieux le 1er du mois (PQ) ou/et le 16ieme jours (DQ), en série au milieu du mois (avant ou après le dernier quartier), parfois vers la PL. L’analyse de la totalité de ces échanges met en évidence deux manières de sélectionner les paires de jours. Au premier semestre (mois 1 à 6, de SAMONIOS à CUTIOS), les permutations portent sur les paires de mois 1-2, 3-4, 5-6. Au second semestre (mois 7 à 12, de GIAMONIOS à CANTLOS), les permutations s’effectuent sur les paires adjacentes en triades (7-(8)-9) et (10-(11)-12). Les auteurs du RIG III y voient une survivance de l’année indo-européenne subdivisée en semestre.

    Le mécanisme calendaire des échanges de jours entre les mois introduit dès cet état des jours favorables md dans des mois incomplets ou défavorable anmatu, et des jours pas matu d dans des mois favorable ou complet matu. D’autres notations remplacent aussi dmd et d amb : n inis r remplace les trois notations dans tous les mois sauf EQUOS et peut être AEDRINIOSprinni loudin remplace mdprinni laget remplace d et d amb et deuortom iug remplace md dans RIUROS.

    Mais 6 mois de 29 jours + 6 mois de 30 jours = 354 jours pour « une année lunaire », soit un écart d’environ -11,24 jours par rapport à la durée d’une année solaire tropique du retour aux saisons (354-365,242190517=-11,24 jours, J2000). Chaque année solaire, le calendrier gaulois lunaire (état 1) perdait environ 11 jours sur le retour des saisons (provoquées par le Soleil), soit -22,5 jours en 2 « ans lunaires », -28,1 jours en 2,5 années solaires, -33,7 jours en 3 « ans lunaires ». Ce calendrier suivait approximativement la Lune (car les lunaisons n’ont pas une durée fixe avec ± 7 heures de variation) mais pas du tout le Soleil qui rythme la saison agraire et la vie humaine. Une simulation numérique sur une durée de 30,04 années solaire tropique(10974 jours soit 31 années gauloises lunaires de l’état 1, soit 371,6 lunaisons synodiques moyennes), tenant compte des instants vrais (et pas moyens) des phases lunaires montre que ce comput n’est pas optimal vis-à-vis du retour du premier quartier lunaire au 1er jour de chaque mois (voir le texte de PLINE L'ANCIEN). Sur un siècle de 30,04 années solaires, il totalise un écart cumulé au premier quartier d’environ 1987,1 jours (soit 5,3 jours en moyenne par lunaison). Le 1er du mois ne tombait donc pas forcément au moment du premier quartier lunaire, sauf à attendre ou anticiper le début du mois pour resynchroniser toutes les n années… ;
  • Etat 2 - Luni-Solaire : L’analyse du calendrier tel qu’il fût découvert à Coligny (à cet état 2) montre une véritable volonté de synchronisation avec le Soleil par l’introduction d’un mois dit intercalaire tous les 2 ans et 6 mois (30 mois). Le but de ce mois supplémentaire (au calendrier lunaire de l’état 1) est d’ajouter des jours (au moment opportun) pour se synchroniser sur le Soleil et donc les saisons terrestres. Lunaire à l’origine, il était donc en retard sur le Soleil. Ces mois intercalaires ajoutent 30 jours tous les 2,5 ans lunaires (de l’état 1) pour se transformer en 915 jours luni-solaire de l’état 2 (354 jours * 2,5 ans + 30 jours intercalaires = 915 jours pour 2,5 ans luni-solaire). Soit maintenant un surplus d’environ + 1,89 jours à 2,5 ans solaires tropiques (915–913,105476293=1,89 , au lieu auparavant de -28,1 jours perdu sur le Soleil en 2,5 années lunaires. Ces mois contiennent 30 jours et sont gravés MATU, complets et favorables avec leur nature purement Solaire. Le lecteur remarquera que cette solution adoptée d'un intercalaire de 30 jours (avec un surplus de +1,89 jours pour 2,5 années solaires, soit 2 jours de trop) revient aussi à ajouter presque la durée d'une lunaison synodique de 29,53 jours (-0,47 jour). Il y a une volonté de rester dans le cycle du "temps lunaire moyen" tout en créant "un nouveau mois solaire" ou une "période/lunaison d'attente du Soleil", car en ajoutant des intercalaires de 28 jours (au lieu de 30), la désynchronisation avec le Soleil ne serait que de -0,11 jour (et pas de +1,89 jours) au bout de 2,5 années solaires mais le calendrier se désynchroniserait alors beaucoup plus du "temps lunaire". Nous verrons aussi que leur mode d'alimentation provient des mois de nature lunaire, pas de nouveauté qui serait solaire.

    En toute rigueur et selon l’ordre des mois et leur nombre de jours matu/pas matu, le premier intercalaire intervient après 886 jours, le deuxième après 884 jours (2,5 années lunaires de 354 jours représentent 885 jours, soit ± 1 jour). On retrouve ce mécanisme d’intercalation selon différents cycles chez les Babyloniens, les Perses, les Grecs.

    À l’état 2, le calendrier fût réorganisé/réformé en lustre de 5 ans (1830 jours exactement au lieu d’environ 1826,21 jours correspondant à 5 années solaires tropiques, soit +3,79 jours de plus que 5 années solaires). Un lustre de 5 ans comportait donc 2 mois intercalaires et 5 anciennes années lunaires de l’état 1. Le premier mois intercalaire du siècle gaulois intervenait au milieu de la 3ieme année, après CUTIOS 3. Son nom était peut être CIALLOS mais ce n’est pas certain. Le deuxième mois intercalaire du siècle intervenait à la fin de la 5e année, après CANTLOS 5. On ne connait pas son nom complet mais probablement sa première lettre D. Ces mois s’alternaient par la suite tous les 2 ans et 6 mois (30 mois).

    On ne sait pas à quelle date/période cette réforme eu lieu. Ces mois étaient donc nouveaux. Il fallut leur donner un nom mais surtout inventer une notation pour chacun de leurs jours. Mieux encore, la tradition des dates importantes étant lunaires, il fallait donc rester dans le temps réel des lunaisons qui se succèdent malgré l’ajout de ces mois qui s’intercalent et décalent tout d’une lunaison.

    Pour notifier les jours vierges des nouveaux mois intercalaires, contrer le décalage dans le temps réel lunaire, les Druides (probables maîtres du temps) ont procédé de la manière suivante (qui se cumule et se mélange aux permutations de l’état 1 lunaire) :

    — chaque jour n (1 à 30) du mois intercalaire d’indice m dans la série des mois du calendrier, reçoit en copie la notation du même numéro n de jour du mois, que le mois d’indice (m-31)+n.  Chaque notation de jour du mois intercalaire est donc recopiée des 30 mois qui le précède. La notation est taguée du nom de son mois d’origine. Eóin Mac NEILL a qualifié cette opération de « serial notation », ou notation en série que les auteurs du RIG III ont traduite en « prêts aux jours intercalaires » (page 305). La conséquence est que des jours pas matu d sont présents dans les mois intercalaires qui sont pourtant marqué matu. C’est une sorte de récapitulation des 30 mois lunaires de l’état 1 précédent le nouveau mois intercalaire luni-solaire. Le contenu des deux mois intercalaires est différent puisque les mois sources de la notation du jour ne sont pas les mêmes. Cette succession de prêts fût pressentie par Emile ESPERANDIEU dès le lendemain de la découverte ;
     

    — les acteurs de cette réforme du calendrier lunaire ont voulu probablement commémorer/rappeler le prêt de la notation d’une partie des jours des mois intercalaires (18 sur 30). Ainsi, sont introduit dans certains mois la notation n, un an après le jour prêté et parfois une seconde fois à +2 années plus tard. Les 18 premiers mois prêteurs (des 18 premiers jours de l’intercalaire) sont commémorés à +1 an. S’ajoute aux 6 premiers mois déjà commémorés, une seconde commémoration à +2 ans. Il y a donc 18 jours commémorés mais 24 fois. Les autres jours 19 à 30 ne le sont pas car ils seraient commémorés temporellement après le mois intercalaire ce qu’ils n’ont manifestement pas souhaitée. Le n remplace la notation dans le mois qui la reçoit, elle n’est pas ajoutée sauf dans 3 cas. La notation primitive inis r qui se transforme en n inis r. Dans le cas d’un jour déjà échangé de l’état 1, n remplace la qualité du jour (md,dd amb) mais le nom du mois source reste dans la notation (exemple : n anagantios inis rn dumanni…). Dans le cas où la ligne comporte un iuos la notation est remplacée par n mais l’iuos lunaire reste. La commémoration n’est donc pas systématique à +1 an et +2 ans mais dépend de la nature de la notation qu’elle devrait remplacer. Les auteurs du RIG III sont à l’origine de l’explication (page 308) mais le sens profond de la commémoration est hypothétique ;





    — le premier jour des mois intercalaires reçoit en supplément la notation du premier jour du mois qui le suit + le nom de ce mois. C’est une forme pour rappeler que ce nouveau mois intercalaire (avant l’insertion) était en fait à l’origine (état 1) le mois suivant. Que ce nouveau mois prend sa place dans le cycle lunaire. Ce rappel est dans le sens temporel inverse que la notation en série ou le prêt du paragraphe précédent ;

    — pour rester dans le temps lunaire, dans la succession réelle du cycle des lunaisons (puisque l’insertion d’un nouveau mois intercalaire décale/retarde d’un mois les notations présentes à l’état lunaire 1), les responsables du temps ont alors décalé en série vers le mois précédent la notation des jours 7, 8, 9 de chaque quinzaine. Cette série de 12 décalages s’applique sur les 11 mois postérieurs aux nouveaux mois intercalaires insérés, c’est-à-dire sur un an lunaire correspondant à l’état 1. Le 12ieme mois conserve sa notation primitive (avec le nom du mois ajouté au génitif pour exprimer la possession du mois en question). Il ne s’agit pas d’un échange/interversion de notations entre deux mois mais bien d’un décalage en série sur 12 mois de la notation primitive du mois m vers le mois m-1. La notation rétrogradée est taguée par le nom du mois source. Les jours 7, 8 et 9 de la première quinzaine sont proches de la pleine lune, les jours 22,23 et 24 sont proches de la nouvelle lune.
    Notez qu'ils ne pouvaient faire autrement pour la notation des jours de ces nouveaux mois, sauf inventer de nouvelles notations mais ils avaient la forte volonté de respecter l’état 1 lunaire du calendrier. Décaler la totalité des 30 jours revenait à repousser le problème, générer un mois identique et oublier les notations des jours 30 lorsqu’on doit décaler d’un mois matu de 30 jours à un mois anmatu de 29 jours. Cette mise à l’heure lunaire du calendrier luni-solaire fût mise en évidence et qualifiée d’ « intercalary displacement » par Eóin Mac NEILL. Les auteurs du RIG III ont traduit par « rétrogradations » de la notation (page 303). Ces rétrogradations ont transporté des jours fastes dans des mois néfastes et des jours néfastes dans des mois fastes. Si la nature de la notation rétrogradée est plus forte que la notation déjà prêté au jour intercalaire (par le premier mécanisme) alors la notation rétrogradée supplante la notation prêtée puisque pour les jours 7, 8, 9, 22, 23 et 24 peuvent hériter de 2 notations par 2 mécanismes différents dans les mois intercalaires ;





    — les mots ou abréviations IUOS spécifiés en fin de ligne sur certains jours du mois sont donc aussi rétrogradés/décalés (m-1) car ils ont un rapport avec la Lune. La notation complète de la ligne n’est pas décalée mais porte juste sur le tag IUOS. Il n’est pas non plus ajouté le nom du mois d’où il provient comme pour les jours 7, 8 et 9 de chaque quinzaine. Ainsi les IUOS des mois intercalaires sont les IUOS des mois qu’ils ont remplacé de l’état 1 lunaire. On ne connaît pas réellement le sens d’IUOS dans la lunaison. Ils apparaissent en série à la fin et au début des mois, rarement isolés comme 13 RIUROS 2. Eóin Mac NEILL a mis en évidence ce décalage rétrogradé d’IUOS (RIG III page 304). On pourrait envisager plusieurs interprétations dont l’incertitude entre la lunaison vraie observée et la lunaison moyenne, une sorte d'attente ou d'anticipation sur la phase ;

    En résumé :
    - le mécanisme du prêt et la commémoration de ces prêts s’applique et/ou modifie les 30 mois précédents le nouveau mois intercalaire (inséré à l’ancien état 1 lunaire pour devenir luni-solaire) ;
    - le mécanisme de la rétrogradation s’applique et modifie les 12 mois suivants le nouveau mois intercalaire ;
    - ces décalages de notations modifient sur 6 jours, les 11 mois qui suivent le mois intercalaire inséré. Les commémorations n des prêts aux intercalaires introduisent cette notation dans 24 jours des 18 premiers mois prêteur parmi les 30 qui précédent le mois intercalaire. On remarque aussi des n isolés combinés avec s et/ou sds pour former ns ou nsds. Les prêts au mois intercalaire et les rétrogradations ont la même force et ne se remplace pas. En revanche, nsds,  n inis r et n sont plus fort que d amb et le remplace.

    L'alimentation en notations journalières des mois intercalaires est illustrée par les graphiques suivants :





    Les signes triples hastes datent probablement de l’état 2 car ils sont indépendants des échanges ou rétrogradations des notations. Ils apparaissent généralement en série de 3 plutôt dans la deuxième quinzaine des mois, sans une répartition périodique évidente. L’une des hastes plus grande est barrée au sommet. La série apparaît souvent dans la suite logique Tll, lTl, llT.

    Les 14 mois gaulois étaient donc dans l'ordre au deuxième état luni-solaire : SAMON (matu 30 j), DUMANN (anmatu 29 j), RIUROS (matu 30 j), ANAGANTIO (anmatu 29 j), OGRONN (matu 30 j), CUTIOS (matu 30 j), GIAMONI (anmatu 29 j), SIMIUI (matu 30 j), EQUOS (anmatu 29 j), ELEMBIU (anmatu 29 j), EDRINI (matu 30 j), CANTLOS (anmatu 29 j) + tous les 2 ans et 6 mois (30 mois) un mois intercalaire alternativement CIALLOS ? (matu 30 j) et D__ ? (matu 30 j). Les années I et III contenaient 384 jours, les années II, IV et V contenaient 354 jours.

    Cet état est cohérent avec les qualités matu/anmatu des mois, notamment pour EQUOS. Un lustre contient donc 1830 jours (354 jours * 5 lustres + 2 mois * 30 jours). Il totalise en un siècle de 6 lustres : 10980 jours ce qui représente 371,817846234 lunaisons synodiques moyennes et 30,062244410 années solaires tropiques J2000 (presque pile 30 ans solaire mais pas un nombre entier de lunaisons). De plus, une simulation numérique tenant compte des instants vrais (et pas moyens) des phases lunaires montre que ce comput n’est pas optimal vis-à-vis du retour du premier quartier lunaire au 1er jour de chaque mois. Sur un siècle, il totalise un écart cumulé à l’instant du premier quartier de 961,4 jours (soit 2,6 jours en moyenne par lunaison). Ce comput de l’état 2 luni-solaire est 2x plus précis que celui de l’état 1 lunaire vis-à-vis du cumul des écarts au premier quartier lunaire le 1er jour du mois (sur 30 ans solaire).

    Mais la plaque de bronze retrouvée comporte un problème pour le mois EQUOS qui est gravé anmatu (donc normalement 29 j) mais qui atteste 30 jours au lieu de 29 pour les parties non lacunaires, par exemple EQUOS 1. EQUOS 1 est attesté anmatu mais avec 30 jours, EQUOS 2 avec le sommet des lettres ANmatuEQUOS 3 ANMatuEQUOS 4 début de AnmatuEQUOS 5ANMatu et la fin de ligne du jour 30 avec aMB. Sa notation de base est bien attestée avec des jours anmatu noté d. Il fut donc optimisé par la suite ou dans le même temps que cet état 2 ;
  • Etat 3 – Luni-Solaire optimisé :  Cet état n’est pas dissocié de l’état 2 par les différents auteurs. Je l’ajoute volontairement pour des raisons pédagogiques et parce qu’il correspond de mon point de vue à une optimisation progressive volontaire de la précision du calendrier avec les phases de la Lune (j'ai particulièrement développé et calculé les dérives). Cet état 3 est peut-être concomitant de l’état 2. Cette optimisation n’a pu se faire à l’époque que sur la base de nombreuses observations. L’état 2 tel qu’il est décrit ci-dessus se déphasait avec les phases lunaires au cours des lustres. Le 1er du mois n’était pas au premier quartier et s’en éloignait de plusieurs jours ce qui n’est pas cohérent avec la tradition lunaire initiale.

    Nous avons évoqué le problème avec le mois EQUOS qui est attesté ANM anmatu et qui donc devrait comporter 29 jours bien qu’il soit attesté, gravé sur la plaque à 30 jours dans EQUOS 1 et 5. Il y a donc une particularité ou une anomalie avec le mois EQUOS.
    Par rapport aux auteurs qui m'ont précédé, j'ajoute comme argument supplémentaire qu'on remarque que la mention de la quatrième ligne de l’épithète du deuxième intercalaire « … LAT CCCLXXXV … » (journées 385) plaide aussi en faveur d’un EQUOS de 30 jours car :
    - il y aurait 385 jours (889-504=385) avant le 1er jour de cet intercalaire (L1 I INT 2 : jour 889 du siècle) et le 1er jour de CUTIOS 2 (6ième mois de l’année, jour 504 du siècle), et entre L1 I INT 2 et CUTIOS 3 (1 année de CUTIOS 2 à CUTIOS 3), si EQUOS 2 contient 30 jours (et pas 29 ou 28) ;
    - de I GIAMONIOS 2 (jour 534 du siècle) à XVa Intercalaire 2 (jour 918 du siècle), il y a bien (918-534+1) = 385 jours, ce qui forme une année intercalée de 385 jours en comptant un EQUOS 2 à 30 jours (et pas 29 ou 28) ;

    mais un EQUOS 2 à 30 jours est contraire à la thèse du comptage comparé des séries d'IUOS que nous développerons ci-dessous, ce qui permet de préciser le sens dans l'avenir (et non pas dans le passé) de la mention attestée de l'épithète du deuxième intercalaire par "formera une année spécifique intercalée de 385 jours". Je pense donc que le mois intercalé commençaitune année particulière, il ne la finissait pas :
    - entre I Intercalaire 2 lustre 1 (jour 887 du siècle) et XVa CUTIOS 4 (jour 1271 du siècle), il y aura bien une année de (1271-887)+1 = 385 jours avec sans doute la preuve d'un EQUOS 3 de 30 jours dans cette période, contre 383 jours dans la période précédente entre I CUTIOS 2 lustre 1 (jour 504) et XVa CUTIOS 3 lustre 1 (jour 886) avec un EQUOS 2 de 28 jours dans cette période ;
    - entre I Intercalaire 1 lustre 2 (jour 1802 du siècle) et XIIIIa CANTLOS 1 lustre 2 (jour 2186 du siècle), il y aura bien une année de (2186-1802)+1 = 385 jours avec un EQUOS 1 attesté à 30 jours sur la plaque dans cette période, contre 384 jours dans la période précédente entre I CANTLOS 4 lustre 1 (jour 1418) et XIIIIa CANTLOS 5 lustre 1 (jour 1801) avec un EQUOS 5 attesté à 30 jours sur la plaque dans cette période ;
    - la période de 385 jours n'est pas sensible à la durée de EQUOS 4 car ce mois n'est pas dans les intervalles qui bordent les mois intercalaires.

    J’ajoute bien volontiers que cette inscription plaide aussi pour que l’état 3 fût optimisé au cours du temps après l'état 2 puisque la mention compte EQUOS 3 et EQUOS 1 avec 30 jours et pas 29 comme sa nature ANMATU. Pourquoi auraient-ils compté 30 jours si la durée gravée n’était que de 29 sur la plaque pour EQUOS 3 ? Mais notons qu’un EQUOS à 30 jours sur tout le lustre provoque une importante désynchronisation avec les phases lunaires au cours des années, ce qui n'est pas cohérent avec la tradition (nous montrerons la volonté d'optimisation de la synchronisation via un logiciel de calcul dans un prochain chapitre). Retenez à ce stade que la mention LAT 385 en départ d'année intercalée, peut constituer une preuve supplémentaire que EQUOS 3 était à 30 jours en validant un peu plus l'argument du comptage des IUOS ci-dessous.
    Eóin Mac NEILL remarqua une particularité supplémentaire dans la série des notations lunaires IUOS qui bordent EQUOS. En effet, les mentions primitives IUOS apparaissent majoritairement en série de 5 à 9 jours qui se suivent, à cheval entre la fin et le début de certains mois. Le nombre d’IUOS de la série se reproduit d’année en année. Le tableau ci-dessous met en évidence les séries d’IUOS restituées tel qu’elles apparaissent dans le RIG III inspiré par Mac NEILL (on observe un décalage vertical de ligne pour l’année 1, les 6 derniers mois de l’année 3 et les six premiers de l’année 4, parce que les notations IUOS subissent toutes le décalage dû à l’insertion du mois intercalaire, la rétrogradation). Par chance, l’année 1 atteste d’une série de 8 IUOSgravés entre la fin de SIMIUISONNA 1 (4 à partir du jour 26) et le début d’EQUOS 1 (4 à partir du jour 1) sans aucune lacune. La fin d’EQUOS 5 atteste de la présence de 5 IUOS à partir du jour 26. La série des IUOS commençait donc le jour 26 à la fin du mois d’EQUOS. Hors ELEMBIUOS atteste de 5 IUOS gravés à partir du jour 1. Il n’en reste donc que 3 possibles pour la fin d’EQUOS 2, à partir du jour numéro 26, c’est-à-dire 26, 27 et 28 ! Si EQUOS 2 avait 30 jours alors la série serait composée de 10 IUOS et non pas 8 comme pour les autres années (l’année 1 l’atteste incontestablement). Ce constat plaide en faveur d’un mois d’EQUOS 2 à 28 jours, idem pour EQUOS 4 puisque l’année 2 et 4 doivent être supposées identiques (non rétrogradées et avec un ELEMBIUOS qui démarre par une série de 5 IUOS consécutifs comme à l’année 2). Les mois EQUOS à 28 jours sont dans les deuxièmes années qui suivent les mois intercalaires.

     (suivre les couleurs pour suivre les séries d'IUOS)

    Cette mise en évidence des séries répétitives d’IUOS par Eóin Mac NEILL n’est pas un problème et même bien au contraire. Elle est la preuve d’une optimisation de la synchronisation du calendrier avec la lunaison vraie (le 1er jour du mois = le premier quartier lunaire), avec simplement une action sur 1 seul mois particulier (EQUOS fixé à 30 jours pour les années 1, 3, 5 et à 28 jours pour les années 2 et 4). Cette particularité fixe le lustre à 1831 jours.

    Nous avons programmé une simulation de calculs numériques qui propose même cette solution comme la meilleure parmi toutes les combinaisons possibles (lire le chapitre ci-dessous)(tableau des résultats pour la somme des écart en jours entre les 1er des mois avec le cycle des premiers quartiers lunaires vrais, sur la durée d’un siècle gaulois de 30 ans). Elle est l’une des meilleures solutions avec un gain en précision très important pour seulement 2 mois dans le lustre d'une durée particulière, un seul nom de mois impacté EQUOS. On peut augmenter la précision de synchronisation avec la lunaison en tolérant d'autres mois avec une durée anormale (on réalise alors un ajustement d'autant plus précis qu'il y a de mois variables), mais ils ne sont pas attestés par la plaque, le comput embrouillé à utiliser, pas humainement pratique, presque illogique dans la conception d'un calendrier.

    Nous pratiquons le même genre d’ajustement avec le calendrier Grégorien en vigueur (solaire tropique adopté en 1582) avec l’ajout d’un jour intercalaire (29 février) tous les 4 ans (les années bissextiles divisibles par 4), à l’exception des années séculaires uniquement bissextiles si elles sont divisibles aussi par 400 (2000/400=5 2000/4=500 donc bissextile, 1900/400=4,75 donc non bissextile malgré 1900/4=475). Ces règles d’ajustement donnent une durée de l’année moyenne Grégorienne de 365,2425 jours qui est très légèrement différente de l’année tropique solaire de 365,242190517 jours pour J2000. De cette manière le calendrier Grégorien dérive seulement de 1 jour en 3231 ans [1,0/(365,2425-365,242190517)] sur le Soleil tropique (qui tient compte de la précession par le retour au point vernal à l’équinoxe de Printemps).

    Les 14 mois gaulois de l'état 3 optimisé étaient dans l’ordre : SAMON (matu 30 j), DUMANN (anmatu 29 j), RIUROS (matu 30 j), ANAGANTIO (anmatu 29 j), OGRONN (matu 30 j), CUTIOS(matu 30 j), GIAMONI (anmatu 29 j), SIMIUI (matu 30 j), EQUOS (anmatu 28 j II & IV, 30 j pour I, III, V), ELEMBIU (anmatu 29 j), EDRINI (matu 30 j), CANTLOS (anmatu 29 j) + tous les 2 ans et 6 mois un mois intercalaire alternativement CIALLOS ? (matu 30 j) et D__ ? (matu 30 j). Les années I,  III  totalisaient 385 jours, les années II, IV totalisaient 353 jours, l’année V totalisait 355 jours. La durée du lustre est donc de 1831 jours dans cette solution. Ce qui donne un siècle de 6 lustres de 10986 jours (soit 372,0210254 lunaisons synodiques moyennes ou 30,07867187 années solaires tropiques J2000). La simulation numérique tenant compte des instants vrais (et pas moyens) des phases lunaires totalise un écart cumulé à l’instant du premier quartier de 288,76 jours (soit 0,7 jour en moyenne par lunaison). De ce point de vue, ce comput de l’état 3 luni-solaire est 7x plus précis que celui de l’état 1 lunaire, et 3x plus précisque celui de l’état 2 luni-solaire non optimisé.

    √ On se rapproche encore mieux d’un nombre entier de lunaisons et d’années solaires si on considère que le premier intercalaire de 30 jours n’était pas compté (le siècle commence àSAMONIOS 1 lustre 1 et se termine à CANTLOS 5 du lustre 6). Ce comput totalise alors 10986-30=10956 jours pour un siècle, soit 371,005129630 lunaisons synodiques moyennes ou 29,996534586 années solaires tropiques J2000, c’est-à-dire un nombre presque entier de 371 lunaisons et 30 années solaires tropiques ! Même s'il se rapproche d'un nombre entier de lunaisons et d'années solaires, ce comput n'est pas parfait puisqu'il dérive d'environ 4,9 jours sur 1000 ans (soit une phase lunaire). Il faut forcément le recaler dans le temps. Les Druides ont donc probablement optimisé la durée d’EQUOS au cours du temps, en observant les dérives de leur premier calendrier. C’est une grande performance mathématique et d’observation astronomique pour obtenir une dérive moyenne inférieure à 1 jour par lunaison sur 1 siècle gaulois de 30 ans.
- fin de la synthèse du RIG III + mes remarques et arguments supplémentaires, la partie suivante de l'article propose les réflexions et simulations de l'auteur -

Rappel de ce que nous ne connaissons pas ou mal :
  • Le T0, le jour origine du calendrier ;
  • À quelle date/moment le calendrier gaulois Lunaire est devenu Luni-Solaire ? ;
  • La date exacte des différentes réformes, passage d’un état à un autre ;
  • À partir de quand est apparue la notion de siècle gaulois (de 30 années solaires) ?
  • La signification des signes triples, les hastes. Indiquent-elles une partie de la journée (matinée, méridienne, soirée…) dans des séries de 3 jours consécutifs ? ;
  • Le nom réel des mois intercalaires car les notations D__ et CIALLOS ne sont pas précédées du mot MID (mois) comme pour les autres mois ;
  • La traduction et signification précise de tous les mots ou abréviations gravées sur la plaque ;
  • Les portions de la plaque connue n’attestent pas de nom de divinité. Les noms des mois ne paraissent pas non plus en rapport avec une vie religieuse, rien n’évoque l’activité agricole ou guerrière. On peut se poser la question du pourquoi ?
  • Pourquoi avoir choisi un siècle de presque 30 ans solaire ?

Et les fêtes ? où sont les fêtes celtiques ?
Contrairement à notre calendrier contemporain christianisé ou à celui des Romains, la plaque de Coligny comporte peu de mentions de fêtes ou de faits religieux. Elle parait assez générique :
  • La plus évidente semble la mention annuelle du jour 17 (IIa) du mois de SAMONIOS c'est-à-dire 3 jours après le Dernier Quartier lunaire : TRINOX SAMONI SINDIU que l'on traduit par "c'est aujourd'hui les 3 nuits de SAMONIOS", et que l'on rapproche par étymologie de la fête celtique Irlandaise de Samain (christianisé au 1er novembre, c'est à dire dans un calendrier Julien puis Grégorien solaire). Dans le calendrier gaulois, cette période de 3 nuits était donc dépendante de la phase de la Lunefixe dans le temps lunaire, mais fluctuait autour de fin-octobre début-décembre (soit sur plus de 4 semaines avec le comput de l'état 3) si on calcule la date équivalente dans le calendrier Grégorien solaire que nous utilisons actuellement. Pour illustrer cette mobilité, le lecteur pourra se reporter aux simulations des siècles à la suite de l'article ou directement sur l'exemple ici ;
  • La mention annuelle BRIGIOMU RIURO apparait au jour 4 du mois de RIUROS (en Lune gibbeuse) ce qui correspond maintenant à début-janvier "solaire" ± 15 jours ;
  • La mention annuelle OCIOMU apparait au jour 4 des mois d'ANAGANTIOS et du deuxième mois intercalaire (en Lune gibbeuse). Elle correspond respectivement à la mi-janvier début février (chaque année), et mi-avril (tous les 5 ans) "solaire" ± 15 jours ;
  • La mention annuelle systématique de TIOCOBREXTIO le jour 15 du mois de CANTLOS (donc au Dernier Quartier lunaire) correspond à mi-septembre début octobre "solaire", ± 15 jours.TIOCOBREXTIO apparait aussi environ une année sur deux, le jour 7 en Pleine Lune de GIAMONIOSSIMIUISONNA, le deuxième mois intercalaire, et les jours 7 et 8 du mois AEDRINIOS ;
  • PRINNI LOUDIN et PRINNI LAGET définissent plutôt des périodes où l'on pouvait « jeter les bois » et les interpréter de manière irrationnelle.
Ces mentions sont fixes dans un calendrier en temps lunaire mais elles sont mobiles dans un calendrier solaire. Pour mentionner des fêtes solaires, il faudrait graver une plaque chaque année ou placer une cheville repère mobile sur la plaque !
 
Mobilité du "temps lunaire" dans le "temps solaire" durant un siècle hypothétique de 30 ans (de l'an -151 à l'an -122). La courbe jaune illustre la variation de la déclinaison du Soleil durant une année tropique. Cette courbe est fixe dans le temps solaire, elle engendre les saisons. Les dates sont exprimées dans le calendrier Grégorien (solaire), les débuts de chaque mois sont repérés par un trait vertical et le numéro du mois à sa base. La courbe grise correspond à la variation de la fraction illuminée du disque lunaire de 0 à 100% dans cette année solaire. Les principales phases sont repérées par leur aspect dans le ciel (sur le haut la Pleine Lune, sur le bas la Nouvelle Lune, au milieu le Premier et le Dernier Quartier). On perçoit très bien la mobilité des cycles lunaires (du "temps lunaire"), dans le "temps solaire". Chaque année, les phases lunaires se décalent et ne se produisent pas le même jour de l'année solaire. Ci-dessous, idem mais en cumulant le tracé du graphique sur 30 ans.



Mais alors que faisons-nous des autres fêtes celtiques de SamainImbolcBeltaine et Lugnasad ? Pourquoi n'apparaissent-elles pas explicitement dans les lignes du calendrier de Coligny ? Nous pouvons nous risquer à deux hypothèses :
  1. elles n'avaient pas d'équivalence en Gaule et elles n'existaient pas sur le continent ;
  2. elles ne figuraient pas dans le calendrier lunaire gaulois car elles sont fondamentalement solaires, fixent dans l'année solaire. Elles ne peuvent pas être placées dans un calendrier fondamentalement lunaire car leurs positions fluctueraient sur une quinzaine de jours. Il faudrait annualiser la plaque ou le support pour chaque année gauloise. Remarquons aussi que les importants solstices et les équinoxes ne sont pas repérés dans ce calendrier car c'est impossible pour ces jours fixes de l'année solaire (ces dates particulières, ces événements singuliers, sont connues au moins depuis le Néolithique puisque certains monuments mégalithiques sont délibérément orientés dans ces directions solaires. Dans l'Antiquité ces périodes apparaissent directement dans les textes : ex HESIODE -VIIIe hiverconversion, ex ARATOS DE SOLES -IIIe "jours égaux aux nuits" , ex PLINE L'ANCIEN +Ie solstice, équinoxe). Alors étaient-elles repérées temporellement par les gaulois d'une autre manière ?

    Exemple de la mobilité des saisons "solaires" dans le calendrier gaulois avec le tableau des dates grégoriennes et jour du mois gaulois des événements d'équinoxes et solstices.
Nous avons un exemple de même nature mais inverse dans le calendrier Grégorien (solaire) que nous utilisons actuellement. En effet, la date de Pâques change chaque année car elle est fondamentalement plutôt lunaire (comme les fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte qui sont dépendantes de la date de Pâques). Elle est célébrée le premier dimanche qui suit strictement la première pleine Lune (ecclésiastique) survenant à partir du 21 mars -équinoxe de printemps- à l'époque où cette définition a été adoptée par toutes les Églises chrétiennes. Elle est donc mobile dans le calendrier solaire puisque lunaire, mais déclenchée par un événement solaire. Chaque année, nous imprimons des millions de calendriers spécifiques.
Ces fêtes celtiques furent placées dans le calendrier julien (solaire) au : 1er Novembre (Samain de même nature que la fête catholique de la Toussaint vers 830), 1er Février (Imbolc), 1er Mai (Beltaine) et 1er Août (Lugnasad). Ceux qui ont fixé ces dates, les ont délibérement placées dans le temps solaire du calendrier au 1er jour du mois (premier jour du mois solaire probablement par simplification car elles ne provenaient pas du calendrier julien). Il n'y a pas de règle lunaire comme pour Pâques.
De par leur position dans l'année, le sens commun peut interpréter ces fêtes celtiques (que l'on connait surtout par les manuscrits de l'Irlande ancienne) comme une découpe en quatre parties de l'année « saisonnière vraie », liée aux activités pastorales et agraires. Elles représenteraient alors les débuts des saisons vraies au moment où le changement de temps est perceptible, les périodes où la nature se modifie vraiment aussi bien au sens végétal qu'animal. Les saisons sont causées par la variation de hauteur du Soleil dans le ciel diurne au cours de l'année (au plus haut lors du solstice d'été, au plus bas lors du solstice d'hiver, tous les 6 mois). Cette hauteur maximale influe sur la quantité d'énergie reçue au sol pour une surface donnée, et la durée d'ensoleillement, la variation de distance Soleil-Terre n'influe que très très peu. De par son inertie thermique et la proximité d'une masse d'eau comme une mer, l'atmosphère terrestre décale légèrement ces périodes de transition par rapport aux positions géométriques des solstices et équinoxes. La Lune n'est en rien responsable des saisons et n'a même aucune influence majeure. Or si on admet ce sens à ces fêtes ou périodes, pourquoi découperaient-elles autre chose que l'année solaire ? Pourquoi découperaient-elles l'année lunaire qui n'a alors aucun lien physique et temporel ? L'homme ancien avait forcément compris l'importance du cycle solaire sur les saisons nourricières, le cycle lunaire étant bien trop court.

Ont-ils trouvé la solution la plus précise qui se synchronise le mieux avec les lunaisons ?
Le développement d'un code numérique nous a permis de calculer la précision de chaque comput combinatoire possible (variant avec 62 mois différents, 5 lustres de 12 mois + 2 intercalaires), au sens du cumul d'écart en jours entre le 1er jour du mois (du comput examiné, de la combinaison examinée) et la date réelle du premier quartier associé (pas en considérant une lunaison moyenne). Ce cumul d'écart est sommé en valeur absolue sur la durée d'un siècle hypothétique de 30 ans (6 lustres de 62 mois) dont le départ serait le Premier Quartier du 29/10/-150 à 23 h exprimé dans le calendrier Grégorien (on peut utiliser une autre lunaison, nous en choisissons une de l'époque considérée). Nous jugeons la précision du comput sur la qualité de synchronisation avec la lunaison, particulièrement le premier quartier qui est à la source profonde de la nature du calendrier gaulois. Nombreux sont les arguments dans ce web-article qui plaide en faveur d'une importance toute particulière de la Lune pour les Celtes, comme la phrase de PLINE L'ANCIEN plaide pour un calendrier fondamentalement lunaire. Les mois intercalaires purement solaires ne bénéficient d'aucune nouveauté, ils sont alimentés par les notations des mois purement lunaires.
La solution de l'état 3 (semi attestée) que nous connaissons en partie par déduction et analyse est-elle la meilleure ? Lançons les calculs pour le savoir et la quantifier/comparer aux autres solutions possibles :
√ Dans un premier run de calculs qui examine 5.435.817.984 combinaisons de comput :
  1. la durée des mois attestée sur la plaque de Coligny est fixe : c'est celle gravée sur la plaque ;
  2. nous faisons varier la durée des mois qui ne sont pas attestées (car lacunaire) de 29 à 30 jours (aussi bien les matu MAT qu'anmatu ANM) sauf le mois EQUOS ;
  3. nous faisons varier le mois EQUOS de 28 à 30 jours puisque la solution pressentie pour l'état 3 contient des mois EQUOS de 28 jours ;
  4. le logiciel génère 14 fichiers de résultats : 1 fichier par nombre de noms de mois différents impliqués dans la solution. En fait, il s'agit de classer les résultats par solutions les plus facilement "humainement mémorisables" (par exemple le fichier 1 contient les solutions n'impliquant une particularité que sur 1 seul nom de mois, le fichier 2 implique un comput variable sur 2 noms de mois...) ;
  5. les résultats dans des fichiers Microsoft Excel : Solutions impliquant 1 nom de mois, 2 noms de mois différents, 3 noms de mois différents, 4 noms, 5 nom, 6 noms, 7 noms, 8 noms, 9 noms,10 noms, 11 noms, 12 noms.
Chaque ligne représente une solution de comput, les colonnes de ces solutions quantifient respectivement :
  • CumulDephasage : représente l'écart cumulé (en valeur absolue) en jours, entre la date du 1er jour du mois gaulois (18h) et la date du premier quartier vrai qui lui est associé dans l'enchainement des lunaisons ;
  • EcartJour/Lunaison : représente la CumulDephasage mais rapporté au nombre de lunaisons par siècle gaulois (371 lunaisons en 30 ans solaire), ce qui traduit une incertitude rapportée à la lunaison en moyenne. L'idéal est une valeur inférieure à 1 car le premier du mois est bien en moyenne le jour du premier quartier lunaire. Il y a peu de déphasage dans le comput ;
  • NbMoisAnormaux : représente le nombre de mois anormaux au sens du nombre de jours contenu dans le mois, par rapport à l'état 1 lunaire du calendrier gaulois. C'est à dire par rapport à la qualité vraie des mois MAT ou ANMAT ;
  • NbNomMoisDiff : représente le nombre de mois différents de cette solution par rapport au nombre de leurs jours à l'état 1 ;
  • NbJoursLustre : représente le nombre de jours par lustre de cette solution ;
  • les colonnes G à BP : contiennent le détail de la solution, le nombre de jours appliqués aux 64 mois du lustre comme solution de comput.


Analyse des résultats : Les solutions les plus humainement mémorisables et judicieuses quant à la conception d'un calendrier sont contenus dans le fichier 1 puisque les particularités du comput ne portent que sur 1 nom de mois. Il y a peu d'exceptions à la règle :
  1. les 5 premières solutions du fichier 1 (dont l'écart avec le PQ est inférieur à 1 jour en moyenne sur le siècle) sont des solutions avec un comput de 1831 jours. Les solutions avec des computs de 1829, 1830, 1832, 1833, 1834 et 1835 jours ont un cumul de déphasage supérieur ou très supérieur à 1 jour par lunaison ;
  2. toutes ces solutions n'impliquent que le mois gaulois EQUOS (de 29 jours à l'état 1), aucune solution ne sort impliquant l'un des 11 autres mois (ce qui n'est pas surprenant dans ce run de calcul puisque EQUOS est la plus grande variable d'ajustement de 28 à 30 jours, la contrainte est moins forte sur ce mois) ;
  3. la meilleure solution (ligne 2) est obtenue pour : Equos1:30 Equos2:28 Equos3:29 Equos4:29 Equos5:30, soit un cumul déphasé de 256 jours (0,7 j/lunaison), 3 mois anormaux par rapport à l'état 1 lunaire, mais avec 3 durées différentes d'EQUOS de 28, 29 et 30 jours. Les qualités des mois n'ont que 2 durées (MATANM) et pas 3 non plus. De plus, je pense que mon argumentaire pour la mention LAT 385 (avec l'année intercalaire qui débute une année) invalide cette solution car elle implique un EQUOS 3 de 30 jours ;
  4. la deuxième solution (ligne 3) est celle pressentie pour l'état 3 du calendrier gaulois de Coligny avec : Equos1:30 Equos2:28 Equos3:30 Equos4:28 Equos5:30, soit un cumul déphasé de 288,7 jours (0,8 j/lunaison), mais avec cette fois 2 durées différentes pour le mois gaulois EQUOS de 28 et 30 jours (soit aussi 2 qualités comme auparavant avec MAT et ANM). Cette solution bien qu'inférieure en précision de +32,7 jours cumulés (0,1 j/lunaison) est plus simple à retenir que la précédente, "moins particulière". De plus, elle est logique avec les séries des IUOS de la plaque de Coligny ;
  5. les autres solutions impliquant 2 durées différentes d'EQUOS sont : (ligne 5) Equos1:30 Equos2:28 Equos3:28 Equos4:30 Equos5:30 avec un cumul déphasé de 299,3 jours (0,8 j/lunaison), et, (ligne 7) Equos1:30 Equos2:30 Equos3:28 Equos4:28 Equos5:30 avec un cumul déphasé de 398,1 jours (1,07 j/lunaison). Ces solutions sont très acceptables mais légèrement moins précises que la ligne 2 et ne respecteraient pas mon argumentaire pour la mention LAT 385 qui implique un EQUOS 3 de 30 jours ;
  6. les autres solutions impliquant 3 durées différentes d'EQUOS sont : (ligne 4) Equos1:30 Equos2:29 Equos3:28 Equos4:29 Equos5:30 avec un cumul déphasé de 290,9 jours (0,8 j/lunaison), et, (ligne 6) Equos1:30 Equos2:29 Equos3:29 Equos4:28 Equos5:30 avec un cumul déphasé de 323,6 jours (0,9 j/lunaison). Ces solutions sont très acceptables pour la synchronisation lunaire mais avec 3 durées différentes d'EQUOS, moins précises que la solution de la ligne 2, illogiques avec les séries d' IUOS de la plaque de Coligny et mon argumentaire pour la mention LAT 385 qui implique un EQUOS 3 de 30 jours ;
  7. les autres fichiers 2 à 12 contiennent des solutions parfois plus précises en terme de cumul mais elles impliquent beaucoup plus de particularités. Il s'agit donc de solutions "exotiques" qui s'ajustent aux lunaisons par leurs nombreuses particularités. Mais ces solutions ne sont pas humainement mémorisables, ne sont pas vraiment conformes avec l'idée que l'on se fait du comput judicieux, simple et pratique d'un calendrier ;
  8. on peut multiplier les lignes d'analyses des résultats... Mais à ce stade, il est déjà évident que le but des responsables du temps de l'époque fût de trouver une solution optimisée pour le calendrier gaulois réformé de l'état 2 : la plus précise, la plus pratique, la plus proche de l'état 2. La solution pressentie pour l'état 3 est donc LA solution parmi toutes les combinaisons possibles. Il s'agit d'une prouesse mathématique et observationnelle car ils ne disposaient pas d'ordinateur à l'époque ! ;
  9. En terme de précision de synchronisation au PQ lunaire, la meilleure solution est de 188,05 jours cumulés (0,505 j/lunaison) avec 17 mois anormaux par rapport à l'état 1, et faisant intervenir 9 noms de mois différents. Cette solution n'est pas concevable pour l'organisation globale pratique d'un calendrier. Les meilleurs solutions de chaque fichier sont regroupées danscelui-ci ;
  10. Dans "A definitive reconstructed text of the Coligny calendar", Garrett S. OLMSTED de l'Université du Mizzou Missouri-Columbia plaide pour la solution de la ligne 12 du fichier 1 Equos1:30 Equos2:28 Equos3:30 Equos4:29 Equos5:30 avec un EQUOS 2 de 28 jours et un EQUOS 4 de 29 jours fixant un comput de 1832 jours. Cette solution cumule 1184,06 jours de déphasage par rapport au PQ lunaire (3,2 jours par lunaison en moyenne). Elle est donc 4,1 fois moins précise que la solution de la ligne 3 Equos1:30 Equos2:28 Equos3:30 Equos4:28 Equos5:30. Elle ferait intervenir 3 qualités/durées de mois 28, 29 et 30j (au lieu de deux habituelles pour un même mois 29 et 30 ou 28 et 30, ANM et MAT). Elle n'est pas sensible à la mention LAT 385 car EQUOS 4 ne borde pas une période de 385 jours qui encadre l'intercalaire 2 (bordé par une période avec EQUOS 2 ou EQUOS 3).
Dans ce premier run de calculs nous faisions varier EQUOS puisqu'il était pressenti à 28 jours par l'analyse archéologique. Mais existe-il une solution meilleure qu'un EQUOS à 28 jours avec un autre nom de mois ? ….

√ Dans un deuxième run de calculs nous recherchons s'il n'y avait pas une meilleure solution en faisant varier la durée de tous les mois de 28 à 30 jours (au mépris de leur sens matu ou anmatu).
XXX CALCULS EN COURS ... les résultats… (ATTESTE ELLE QUE EQUOS ETAIT LE BON CHOIX A FAIRE VARIER A 28 JOURS ?)

Pourquoi Lunaire ?
Les premiers hommes qui purent réaliser la notion du "temps qui passe" ne disposaient pas d'outils pour le mesurer. Proche de la nature et même en symbiose, ils ont probablement remarqué l'alternance et la périodicité du jour et de la nuit (avec le passage au méridien du Soleil), la périodicité des phases de la Lune, des lunaisons. Avec la rotation de la Terre sur elle-même on fabrique l'unité du jour. Avec la Lune très intrigante puisqu'elle change rapidement d'aspect, on fabrique la semaine, la quinzaine, le mois. La Lune de par ses phases permet de donner une unité de mesure assez précise du temps à l'échelle mensuelle, de la mémoire proche. « je viens te voir à la prochaine demi-lune », « je vais semer dans 3 lunaisons »… ou comme l'inscription duMausolée de Marcus Rufius CATULLUS à Gélignieux dans l'Ain qui atteste d'un repas funéraire à donner le 14ème jours de chaque mois de 30 jours matu, donc juste avant le DQ du retour à la période sombre (et des nuits) des mois :
« … A la mémoire éternelle Marcus Rufius Catullus, curateur des Nautes du Rhône a, de son vivant, pour lui-même et pour son fils Rufius Rufianus, sa fille Rufia Pupa et pour sa fille Rufia Sacirata, morte à 22 ans, élevé ce tombeau avec une vigne et des murs, légué pour l'achèvement de la construction, son entretien et sa protection ainsi que pour un repas à donner le 14e jour des mois de 30 jours, la somme de ?? deniers à perpétuité. Ce tombeau est dédié sous l'ascia. Le monument ou son domaine ne passe pas à nos héritiers. »
On retrouve la souche lunaire dans l'étymologie du mot "mois" en anglais et en allemand. La lune moon et le mois month en anglais. La lune mond et le mois monat en allemand.
C'est une constante que l'on retrouve sur chaque continent avec les différentes civilisations, les hommes ont utilisé soit la Lune, soit le Soleil comme base de temps pour élaborer les calendriers.

Pourquoi Luni-Solaire ?
Ce comptage en lunaisons n'est pas en phase et se décale du vrai rythme de la nature que sont les saisons. À travers les générations, ces peuples agraires et pastoraux associèrent l'action du Soleil incontournable dans des économies agricoles et notre rythme biologique. Ils avaient forcément remarqué que la végétation ne pousse pas durant la période froide ; qu'il fait chaud lorsque le Soleil est au plus haut dans le ciel (solstice d'été), froid lorsqu'il est au plus bas (solstice d'hiver). Cette chaleur, cette énergie, ils la ressentaient simplement en s'exposant au Soleil au contraire de la Lune. Son déplacement dans le ciel était une évidence tant par sa hauteur maximale de culmination journalière que la direction de ses levers/couchers par rapport aux points remarquables sur l'horizon du lieu. Il faut 6 mois (6,2 lunaisons) pour que le Soleil monte dans le ciel de sa position du solstice d'hiver au solstice d'été, et 6 autres mois pour qu'il descende dans le ciel jusqu'au solstice d'hiver. Nous avons là la notion de semestre de solstice à solstice, et d'année solaire pour revenir à la même position dans le ciel. La vie qui dépend de l'énergie photo-lumineuse fournie par le Soleil est rythmée par sa période. Il est aussi difficile d'imaginer notre rythme de repos parfaitement synchrone au temps lunaire (il faudrait travailler de nuit et dormir de jour à des heures fluctuantes). Il n'est donc pas étonnant que l'année solaire soit devenue une unité de mesure du temps, le Soleil une entité vénérée par la plupart des civilisations. Dans un calendrier luni-solaire, le cycle lunaire rythme les mois alors que le cycle solaire rythme les saisons et l'année.

Pourquoi en lustre de 5 ans ?
Car c'est l'une des possibilités pour faire coïncider un nombre entier de lunaisons synodiques et d'années solaires tropiques avec une "faible" erreur résiduelle. Jean-Paul PARISOT, Professeur et Astronome à l'Université de Bordeaux, l'a bien mis en évidence dans son article On the origin of the 5-years cycle in the celtic calendar (ou Études Celtiques CNRS volume 29, 1992, pages 343-354), où la décomposition en fraction continue du rapport des périodes du Soleil et de la Lune (365,242190517 / 29,530589 = 12,3682663599 jours) donne pour chaque ordre, les solutions possibles en nombre entier de cycles lunaires et de cycles solaires. Voici les solutions possibles des ordres de la fraction continue du rapport des périodes Soleil/Lune :
a0: 12 cycles lunaires pour 1 cycle solaire avec une erreur de synchronisme de -10,87 jours
a1: 25 cycles lunaires pour 2 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de +7,78 jours (solution utilisée par les Romain et les Grecs)
a2: 37 cycles lunaires pour 3 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de -3,09 jours (solution utilisée par les Romain et les Grecs)
a3: 99 cycles lunaires pour 8 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de +1,59 jours (solution utilisée par les Grecs)
a4: 136 cycles lunaires pour 11 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de -1,50 jours
a5: 235 cycles lunaires pour 19 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de +0,07 jour (solution utilisée par les Chaldéens et les Juifs)
a6: 4131 cycles lunaires pour 334 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de -0,03 jour
a7: 12628 cycles lunaires pour 1021 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de +0,0014 jour
a8: 256691 cycles lunaires pour 20754 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de -0,0001 jour
a9: 269319 cycles lunaires pour 21775 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de +0,0003 jour
a...

Les Celtes ont choisi (probablement empiriquement et par l'observation) d'utiliser la combinaison naturelle des ordres a1 et a2 soit 25+37=62 cycles lunaires pour 2+3=5 cycles solaires avec une erreur de synchronisme de +4,68 jours. Cette solution entière sur 5 ans comme calage luni-solaire n'est pas parfaite, avec ses 5 jours d'écart entre les deux astres. Sur un siècle de 30 ans, la dérive est donc de +28 jours soit presque 1 mois de trop. C'est la raison pour laquelle ils ont optimisé le comput comme nous le mettons en évidence dans le chapitre précédent, et qu'ils ne comptabilisaient probablement pas l'un des mois intercalaires dans le siècle. Il y avait aussi probablement d'autres corrections d'ordre supérieur et/ou empiriques car ces computs dérivent sur le long terme (les calendriers anciens Babylonien, Hébreu, Grec, Romain ont fonctionné durant des siècles par corrections empiriques sans chercher une solution calculée complexe, ajout de jours et de mois au bon moment... décrété par les maîtres du temps de l'époque).
Sans un lien attesté avec le calendrier gaulois, un rythme de 5 années est aussi évoqué par DIODORE DE SICILE (Historien Grec du 1er siècle avant J.-C.) comme une période importante pour les Gaulois en rapport à l'offrande divine de l'holocauste des malfaiteurs tous les 5 ans : "Il faut ici faire une distinction que beaucoup de personnes n'ont pas faite. Le nom de Celtes appartient aux peuples qui habitent au-dessus de Marseille, dans l'intérieur des terres, et qui vivent en deçà des monts Pyrénées jusqu'aux Alpes ; celui de Gaulois, aux peuples qui sont établis au-delà de la Celtique, soit dans les contrées inclinées vers le midi ou vers l'Océan, soit sur les monts Hercyniens ... Les femmes gauloises sont presque de la même taille que les hommes, et peuvent leur disputer l'avantage de la force. Les enfants viennent au monde pour la plupart avec des cheveux blancs ; mais en avançant en âge, leur chevelure change et prend la couleur de celle de leurs pères. La plus barbare de toutes ces nations est celle qui habite sous la constellation de l'Ourse, dans le voisinage de la Scythie. Mais les Romains ont confondu ces nations sous une même dénomination, et leur donnent à toutes le nom de Gaulois. ... Quoi qu'il en soit, on trouve les Gaulois adonnés, dès la plus haute antiquité, au brigandage, ... Ce sont eux qui ont pris Rome, saccagé le temps de Delphes, rendu tributaire une grande partie de l'Europe et plusieurs contrées de l'Asie, et qui se sont établis sur le territoire des peuples qu'ils avaient vaincus. De leur mélange avec les Grecs ils ont pris le nom de Gallo-Grecs, ... L'excessive barbarie de leurs moeurs se montre jusque dans les sacrifices impies qu'ils offrent aux dieuxIls gardent les malfaiteurs en prison pendant cinq années, et les attachent ensuite, en l'honneur de la Divinité, à des croix élevées sur un vaste bûcher où ils les immolent en sacrifice avec d'autres prémices réservées pour les solennités...", DIODORE DE SICILE, Bibliothèque Historique, Livre 5 XXXII, traduit par A. F. MIOT.
Sur un plan plus pratique, on retrouve souvent le chiffre 5 pour compter avec les 5 doigts de la main, 5 doigts des pieds.

Pourquoi un siècle de 30 ans ?
Par le texte de PLINE L'ANCIEN, nous savons de manière explicite que la durée du siècle Gaulois était de 30 ans. Cette indication précise apparait dans la célèbre scène de la cueillette du gui sacré sur le chêne rouvre :
« … Tout gui venant sur le rouvre est regardé comme envoyé du ciel ; ils pensent que c'est un signe de l'élection que le dieu même a faite de l'arbre. Le gui sur le rouvre est extrêmement rare, et quand on en trouve, on le cueille avec un très grand appareil religieux. Avant tout, il faut que ce soit le sixième jour de la Lune, jour qui est le commencement de leur mois, de leurs années et de leurs siècles, qui durent trente ans ; jour auquel l'astre, sans être au milieu de son cours, est déjà dans toute sa force », PLINE L'ANCIEN, Histoire naturelle, Livre XVI - XCV.
La plaque du calendrier de Coligny par son comput en lustre de 5 ans est un argument supplémentaire en multiple de 6. Mais pourquoi 30 ans ? L'usage de la base 10 (décimale, nombre de doigts) suggérerait plutôt l'utilisation de 100 ans pour base x base (10 x 10). L'usage de la base 20 (vigésimal, doigts + orteils) suggérerait plutôt 20, 40 ans ou 400 ans (20 x 20). On peut envisager plusieurs solutions :
  • ils ont voulu considérer le siècle par un nombre entier de lunaisons et d'années solaires avec la solution à 10956 jours de l'état 3 (371 lunaisons pour 30 années solaires, exactement371,005129630 lunaisons synodiques moyennes ou 29,996534586 années solaires tropiques J2000). Mais à ce moment-là pourquoi pas le double ou le triple… avec 60 ou 90 ans ? Pourquoi s'arrêter à 30 ans ? Moitié de 60 du système de numération séxagésimal ?
  • le texte de Pline en latin est rédigé « … et saeculi post tricesimum annum … ». L'étymologie de siècle provient du latin saeculum qui est traduit dans le dictionnaire GAFFIOT par « séculaire, jeux séculaires célébrés tous les cent ans », de saeclum qui est traduit par « génération, race, durée d'une génération humaine 33 ans 4 mois (= 400 mois), espace de 100 ans... ». On voit apparaître la notion de génération humaine à laquelle il est aussi difficile d'attribuer une durée précise sans controverse. Les différents auteurs sociodémographes ou généalogistes avancent une valeur entre 20 et 30 ans… ;
  • Le calendrier était lunaire à l'origine, puis luni-solaire. Lune, Soleil, alors dans cette suite astronomique de périodes temporelles, pourquoi ne pas impliquer un autre astre à l'échelle du siècle ?
    L'astre qui vient immédiatement à l'esprit est la planète Saturne avec sa période de révolution proche de 30 ans (29,46 ans ou 10759,227 jours). Saturne est la planète (ou l'astre errant) la plus lente dans le ciel connue à cette époque. Ils connaissaient 5 planètes (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne). Saturne la plus lointaine, était probablement remarquée comme la plus lente de la bande zodiacale.

    Cette hypothèse peut être confortée par une partie du texte de PLUTARQUE (environ 46 à 125 ap J.-C.) dans De la face qui parait sur la Lune extrait de ses Œuvres morales, « … Quand l'étoile de Saturne, que nous appelons Phénon, et qui, dans cette île, porte le nom de Nycture, entre dans le signe du Taureau, ce qui arrive après une révolution de 30 années, ils se préparent longtemps d'avance à un sacrifice solennel et à une longue navigation, que sont obligés d'entreprendre sur des vaisseaux à rames ceux que le sort a destinés à cette commission, qui exige d'eux un long séjour dans une terre étrangère... Après y avoir demeuré 90 jours singulièrement honorés et bien traités par les naturels du pays, que les regardent comme des personnes sacrées et leur donnent le titre... Quand ils ont servi pendant 30 ans au culte de Saturne, ils sont libres de retourner dans leur patrie ;  mais la plupart préfèrent de vivre tranquillement dans cette île, les uns par l'habitude qu'ils en ont contractée, les autres parce que, sans travail et sans affaires, ils y trouvent abondamment tout ce qui leur est nécessaire pour leurs sacrifices, pour leur fêtes publiques, et pour l'entretien de ceux d'entre eux qui s'occupent continuellement de l'étude de la philosophie et des lettres... Comme ils possèdent l'art de la divination, ils annoncent souvent d'eux-mêmes l'avenir ; mais les prédictions les plus importantes, et qui roulent sur de plus grands objets, ils les font quand ils sortent d'auprès de Saturne, ... l'étranger de qui je tiens ce récit ayant été conduit dans l'île, y servit paisiblement ce dieu, et s'instruisit, pendant ce temps-là, dans l'astronomie. Il alla dans cette science aussi loin qu'il est possible quand on a fait les plus grands progrès dans la géométrie. Entre les parties de la philosophie, il cultiva particulièrement la physique.  ... »

    Ce texte met en évidence un évènement très important à chaque entrée de Saturne dans la constellation du Taureau (zone des Pléiades) tous les 30 ans mais il n'évoque pas explicitement le début ou la durée d'un siècle. Pour Patrice LAJOYE (CNRS USR 3486 de l'Université de Caen), ce texte regorge d'informations concernant les Celtes car l'informateur anonyme du carthaginois Sylla est très vraisemblablement un Breton qui décrit ce qui peut ressembler à un enseignement et une manière de vivre dans plusieurs autres passages à la suite. Dans son article (à partir de la page 10) Les navigations et l'âme celte dans l'Antiquité (Ollodagos XVIII:3-39, SBEC), Patrice LAJOYE fait le lien avec le texte de PLINE L'ANCIEN et avance que le siècle Celte débutait au même moment. Cette solution bien que très séduisante n'est pas parfaite sur le plan périodique. En effet, la période de Saturne de 29,46 ans n'est pas un multiple entier de celle du Soleil (soit environ 198 jours de moins, un peu plus que 6 mois). Elle n'est donc pas parfaitement en phase avec le Soleil et demande un recalage. Une attente ou une anticipation du début du siècle par l'observation de la position de Saturne dans le ciel.
      
    Les Pléiades photographiées par Jean CHAPELLE dans les années 1980, Président fondateur de l'Association des Astronomes Amateurs d'Auvergne,
    Professeur de Mathématiques au lycée-collège de Montferrand (Ambroise BRUGIÈRE) à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme 63.
    Ce groupe d'étoiles proche du Taureau et du Bélier, attire facilement le regard de l'observateur. Il n'est pas surprenant qu'il soit utilisé et cité par de nombreux auteurs antiques.



    La partie finale du texte de PLUTARQUE décrivant le voyage et l'initiation d'un probable Breton n'est pas sans rappeler le texte de Jules CÉSAR
    , dans la Guerre des Gaules, Livre VI - XIII « … A une certaine époque de l'année, les druides vont siéger dans un lieu consacré à cet objet, et situé au pays des Carnutes, qui est considéré comme le plus central de la Gaule. Là se rendent de toutes parts ceux qui ont des différends ; ils obéissent aux jugements et aux décrets des druides. L'opinion est que la doctrine druidique a pris naissance dans la Grande Bretagne, d'où elle fut transportée dans la Gaule ; et aujourd'hui ceux qui veulent la connaître d'une manière plus approfondie vont ordinairement en cette île pour s'y instruire. ... », Livre VI - XIV « … Les Druides ... beaucoup de jeunes gens se dirigent vers cet état (pour devenir Druide), et sont envoyés aux études par leurs parents et leurs proches. L'on rapporte qu'ils y apprennent un grand nombre de vers ; il en est qui passent jusqu'à 20 ans dans cet apprentissage, et il n'est pas permis à aucun de confier ces vers à l'écriture, tandis que, dans la plupart des autres affaires publiques et particulières, ils écrivent en caractère grecs ... ». Des études récentes donnent aussi une nouvelle vision de l'origine des Celtes avec une influence de la zone atlantique (la culture nord-alpine Tène/Hallstatt ne peut plus être considérée comme un centre originel diffuseur) Celtic from the West : alternative perspectives from archaeology, genetics, language, and literature / par by Barry Cunliffe and John T. Koch, 2010.
    Bien que nous n'ayons toujours pas de T0, cette solution astronomique à 3 astres va nous permettre de restituer une hypothèse sur les dates de départ des siècles Gaulois.

Restitution des siècles gaulois sur la base de l'hypothèse astronomique synchronisée par l'observation (Lune, Soleil, Saturne)
ATTENTION : Les restitutions des siècles gaulois qui suivent peuvent être abordées de deux manières par le lecteur :
  1. soit le lecteur adhère à la thèse de la synchronisation par 3 astres et il trouve alors le départ des siècles gaulois avec une restitution jour par jour (nous poussons l'exercice à l'adaptation contemporaine) ;
  2. soit le lecteur n'adhère pas à l'hypothèse astronomique mais il trouve dans ces pages la simulation d'un siècle gaulois restitué jour par jour par la démarche archéologique, mais démarré sur une lunaison arbitraire de fin-octobre début-novembre. Le but de ces restitutions étant surtout d'appréhender temporellement et concrètement le déroulement du comput avec ses notations journalières comparées sur le temps lunaire et le temps solaire.
D'après les textes de PLINE L'ANCIEN et de PLUTARQUE, nous recherchons les débuts des siècles espacés d'environ 30 ans qui correspondent au Premier Quartier Lunaire au moment où Saturne rentre dans la constellation du Taureau. En fait, Saturne reste de 2 à 3 années dans la large constellation du Taureau en réalisant 2 à 3 boucles de rétrogradation :
 
Le trajet de la planète Saturne dans la constellation du Taureau d'Ouest en Est et de son entrée 11/04/-151 JULIEN à sa sortie le 19/06/-148 JULIEN.

Durant cette période, elle accomplissait 2 boucles de rétrogradation dans le Taureau et elle y resta 2,2 années.
On remarque les Pléiades M45 et l'étoile brillante Aldebaran α Tau qui apparait rougeâtre à l'observateur comme l'oeil du Taureau..
Illustration réalisée avec le logiciel SkyChart/Carte du Ciel de Patrick Chevalley.
 
La première boucle de rétrogradation de la planète Saturne dans la constellation du Taureau de mi-août -151 JULIEN à mi-janvier -150 JULIEN.

Illustration réalisée avec le logiciel SkyChart/Carte du Ciel de Patrick Chevalley.
Comme il s'agit d'une observation astronomique, nous considérons les limites vraies des constellations dans le ciel tel que les astronomes les délimitent (nous ne considérons pas les signes zodiacaux qui divisent la bande du ciel en 12 parties égales et qui n'ont pas de sens observationnel). Ces contraintes simples donnent des solutions qui font débuter les siècles gaulois à des périodes différentes de l'année solaire d'un siècle gaulois n à un siècle n+1, autrement dit les siècles débuteraient à des mois solaires (Grégoriens) différents – tableau des résultats A : Lune PQ, Saturne dans le Taureau, Siècle d'environ 30 ans -. Ceci n'est pas conforme à l'idée d'un calendrier luni-solaire stable. Il faut donc ajouter une contrainte supplémentaire aux calculs.
L'héritage des fêtes celtiques christianisées place la fête de Samain au 1er novembre de notre calendrier Grégorien. Par leur traduction, les linguistes situent aussi le mois 1 gaulois SAMONIOS à cette période de l'année par la signification des autres mois du calendrier (par exemple le mois 5 OGRONIOS qui signifierait « le mois froid » et dont le premier jour tombe début ou mi-février Grégorien ; le mois 7 GIAMONIOS qui serait traduit par « la fin de l'hiver » qui tombe mi-avril Grégorien, et, le mois 8 SIMIUISONNA traduit par « milieu du printemps » dont le premier jour tombe mi-mai Grégorien). Il s'ajoute à ces traductions la mention TRINOX SAMONI SINDIOU du calendrier de Coligny qui serait avancée comme l'équivalent en Gaule continentale, de l'époque de la fête celtique Irlandaises de Samain.
Pour que les siècles débutent par le mois SAMONIOS au moment de l'année solaire qui correspond à fin-octobre début-novembre Grégorien, on doit ajouter une contrainte supplémentaire qui impose que le Soleil soit situé dans la zone de la constellation du Scorpion/Ophiuchus (à l'exact opposé du Taureau dans le ciel). Nous choisissons une contrainte astronomique supplémentaire pour rester dans la même logique mais nous pourrions simplement tester la date ce qui revient au même. Les résultats du calcul tombent alors tous au moment où Saturne fait son mouvement rétrograde dans le Taureau, sous les Pléiades – tableau résultats B : Lune PQ, Saturne dans le Taureau, Soleil dans le Scorpion, Siècle d'environ 30 ans - . La boucle de rétrogradation est un mouvement particulier des planètes supérieures dans le ciel (environ tous les 378 jours pour Saturne, sa période synodique), puisqu'un observateur voit la planète se diriger dans le sens direct vers l'Est de jour en jour, puis semble à l'arrêt et repart en arrière vers l'Ouest dans le sens rétrograde, puis repart dans le sens direct vers l'Est quelques semaines plus tard. Le centre de la boucle est aussi le moment où la planète a le plus fort éclat lumineux dans le ciel (puisque au plus proche de la Terre et à l'opposition du Soleil, encore plus marqué en cas d'opposition périhélique). Pour Saturne, sa magnitude passe de m= 0,1 (en juillet -151 Julien) à m= -0,5 (durant une semaine fin-octobre début novembre -151 Julien), soit un écart de 0,6 magnitude qui représente une planète dont l'éclat est x 1,5 plus important que normalement. C'est un constat : Saturne à cette période de l'âge du fer, réalisait tous les 30 ans son premier mouvement rétrograde dans le Taureau, à l'automne (durant 5 à 6 mois) ce qui constitue une particularité, et un "signe" en mouvement inverse dans le ciel avec un fort éclat pour des observateurs astronomes de l'époque.
Si on ajoute une contrainte supplémentaire qui impose un mouvement direct à Saturne vers l'Est (pour le début d'un siècle) pour respecter le texte le PLUTARQUE « rentre dans le signe du Taureau » alors on ne trouve aucune solution – tableau résultats C : Lune PQ, Saturne dans le Taureau en mouvement direct, Soleil dans le Scorpion, Siècle d'environ 30 ans-. Sans contrainte de position du Soleil on obtient les débuts des siècles hypothètiques qui retombent à n'importe qu'elle période de l'année solaire – tableau résultats D : Lune PQ, Saturne dans le Taureau en mouvement direct, Siècle d'environ 30 ans -. En modifiant la contrainte du Soleil qui doit être dans le Scorpion/Ophiucus par une position dans la constellation du Taureau, alors les siècles gaulois débuteraient fin-avril début-mai Grégorien – tableau résultats E : Lune PQ, Saturne dans le Taureau en mouvement direct, Soleil dans le Taureau, Siècle d'environ 30 ans -.
Enfin pour vérification, si on s'attache "au signe particulier du ciel" du mouvement rétrograde de Saturne au moment où elle rentre dans la constellation du Taureau alors on retombe sur les mêmes résultats que le tableau B : - tableau résultats F : Lune PQ, Saturne dans le Taureau en mouvement rétrograde, Soleil dans le Scorpion, Siècle d'environ 30 ans -. Ce dernier résultat est logique puisque pour l'époque elle est en mouvement rétrograde dans le Taureau au moment où le Soleil est dans le Scorpion à l'opposé.
Si on analyse finement les configurations de Saturne pour cette occurence de première rétrogradation d'entrée dans le Taureau à l'année Julienne -151. On obtient ce qui se répète presque tous les 30 ans :
  1. en janvier -151 Julien, Saturne est visible le soir au méridien dans la constellation du Bélier juste après le coucher du Soleil. Le Soleil se rapproche de plus en plus d'elle de semaine en semaine ce qui fait qu'elle est de moins en moins de temps visible après le coucher du Soleil, le soir. Elle est invisible le matin puisque le Soleil se lève avant elle ;
  2. début avril -151 Julien, Saturne entre dans la constellation du Taureau. Elle quitte le Bélier ;
  3. le 19/04/-151 Julien, Saturne est en conjonction avec le Soleil, c'est à dire qu'on ne peut plus l'observer dans le ciel. Mais quelques jours ou semaines plus tard le Soleil s'en éloigne, et elle se lève avant le Soleil. On peut donc l'observer en lever héliaque début mai ;
  4. aux environs du 10 mai -151, Saturne est observable en lever héliaque dans les lumières de l'aube (avec cette année là, la planète Mars en conjonction) ;
  5. mi-août -151 Julien, Saturne est au méridien dans le Taureau alors que le Soleil va se lever. Elle n'avance plus aussi vite dans le ciel de jour en jour car elle va entamer son mouvement rétrograde inverse ;
  6. mi-octobre -151 Julien, Saturne est en coucher héliaque acronyque car proche de l'opposition au Soleil. Saturne se couche (le soir) juste avant que le Soleil se lève ;
  7. le 27/10/-151 Julien, Saturne est à l'oppositon du Soleil. Elle est donc en plein "centre" de sa boucle de rétrogradation, au plus proche de la Terre pour cette année. Sa meilleure période d'observation est alors au méridien en milieu de nuit. Elle est invisible au petit matin à l'aube ou au crépuscule en début de nuit car trop basse sur l'horizon avec un ciel trop lumineux. Le moment du PQ lunaire correspondrait alors au début d'un siècle gaulois ;
  8. début-novembre -151 Julien, Saturne est en lever héliaque acronyque dans son éclat maximal (visible juste après le coucher du Soleil), puis elle culmine en milieu de nuit ;
  9. début décembre -151 Julien, Saturne apparait déjà très haute dans le ciel au moment du coucher du Soleil. Elle est invisible le matin puisque le Soleil se lève avant elle ;
  10. à partir de mi-décembre elle stagne de plus en plus dans le ciel, pour reprendre son mouvement direct vers l'Est début janvier -150.

De ces calculs et simulations découlent que l'année du début du siècle gaulois aurait pu être :
  • « annoncée » par l'observation de Saturne en lever héliaque début mai Grégorien lorsqu'elle rentre dans la constellation du Taureau dans le sens direct ;
  • le siècle débuterait réellement début novembre lorsque Saturne est visible alternativement sur 15 jours en lever puis coucher héliaque acronyque, au centre de son mouvement rétrograde rapide, en fort éclat, dans le Taureau proche des Pléiades, au moment du Premier Quartier lunaire.
 
Lever héliaque des planète Saturne et Mars mi-mai -151 JULIEN.

Illustration réalisée avec le logiciel planétarium Stellarium.
 
Coucher héliaque acronyque de la planète Saturne fin-octobre -151 JULIEN.

Illustration réalisée avec le logiciel planétarium Stellarium.

 
Lever héliaque acronyque de la planète Saturne début-novembre -151 JULIEN.

Illustration réalisée avec le logiciel planétarium Stellarium.

Avec cette hypothèse astronomique et ces données, nous pouvons calculer et composer un ensemble de pages web par siècle gaulois. Nous utilisons la restitution des mentions journalière du calendrier de Coligny, proposée et argumentée pour chaque ligne par Paul-Marie DUVAL et Georges PINAULT dans les pages 327 à 395 du Recueil des Inscriptions Gauloises R.I.G Volume III – Les calendriers (Coligny, Villards d'Héria).
Dans les pages web de l'ensemble des liens qui suivent, chaque ligne correspond à une journée, les colonnes ont pour signification :
  • n°j Siècle : est le numéro du jour de la ligne dans le siècle hypothétique courant ;
  • n°j Mois : est le numéro du jour du mois courant restitué ;
  • Jour Julien : est le numéro de jour julien correspondant au jour restitué. Le 04/10/+1582 Julien (2299159.5) est suivi du 15/10/+1582 Grégorien (2299160.5) ;
  • Date Grégorienne : est la date du jour restitué exprimée dans le calendrier Grégorien en cours d'utilisation. Nous donnons les positions à 18h, l'heure représentative médiane du coucher du Soleil à la latitude de la Gaule, début de la journée gauloise. L'année est au format conventionnel des historiens (pas d'année zéro -1 à +1, au contraire de l'année zéro astronomique -1 0 +1) ;
  • Date Julienne : est la date du jour restitué exprimée dans le calendrier Julien à 18h. L'année est au format conventionnel des historiens (pas d'année zéro -1 à +1, au contraire de l'année zéro astronomique -1 0 +1) ;
  • Lune Ph : est la phase lunaire du jour restitué : NL pour la Nouvelle Lune (proche du Soleil en-dessus ou en-dessous, ou devant le Soleil lors d'une éclipse, sa face n'est pas visible car non éclairée), PQ pour Premier Quartier lunaire (la lune forme un P dans le ciel à 90° du Soleil, en quadrature, elle est bien visible au coucher du Soleil puisque environ au méridien du lieu lorsqu'il se couche), PL pour la Pleine Lune (la Lune est très lumineuse, elle est à l'opposé du Soleil) et DQ pour Dernier Quartier lunaire (la Lune forme un D dans le ciel à -90° du Soleil, il se lève en milieu de nuit, bien visible et haut dans le ciel le matin) ;
  • Lune %%% : est la fraction illuminée de la surface de la Lune pour un observateur terrestre. 0% correspond à la NL, 50% correspond au PQ ou au DQ, 100% correspond à la pleine Lune. Le niveau de gris du fond de chaque ligne est fonction de cette valeur. On discerne bien la quinzaine claire et la quinzaine sombre ;
  • Lune pos : est l'abréviation du nom latin de la constellation que la Lune traverse en considérant les limites astronomiques des constellations adoptées par l'Union Astronomique Internationale IAU en 1930 ;
  • Lune (éclipse) : lors d'un alignement favorable Soleil-Terre-Lune, une éclipse de Lune peut se produire au milieu de la quinzaine claire, au moment de la Pleine Lune. ETOTL hh:mm signifie qu'il s'agit d'une éclipse totale de Lune dont le moment du maximum se produit à hh:mm UT (la Lune passe entièrement dans le cône d'ombre de la Terre, elle devient alors plutôt rougeâtre ou orangée et bien moins lumineuse que la Pleine Lune), EPARL une éclipse partielle de Lune (seule une partie du globe lunaire passe dans le cône d'ombre de la Terre), EPENL une éclipse pénombrale de Lune (une partie ou la totalité passe dans la pénombre de la Terre). Des informations supplémentaires sont fournies dans la colonne Traduction : CARTE lie à une représentation graphique du phénomène (en rouge, le disque du cône d'ombre de la Terre dans le ciel de l'observateur, autour en gris sa pénombre. Les cercles noirs représentent le périmètre du disque lunaire lors des différentes phases de l'éclipse. Sur le bas, la mappemonde représente la zone de visibilité des phases de l'éclipse selon l'instant du début/fin d'une phase (contacts pénombre, partielle, totale) durant le lever/coucher de la Lune. Le méridien du moment le plus fort de l'éclipse est repéré par trois lignes verticales avec un petit disque noir sur le lieu où elle s'observe au zénith). JJ correspond au jour julien fractionnaire du moment du maximum de l'éclipse, DTOT la durée de la phase de totalité en minutes, DPAR la durée de la phase de partialité en minutes, DPEN la durée de la phase pénombrale en minutes. Toutes ces données proviennent du NASA/TP-2009-214173Five Millennium Catalog of Lunar Eclipses: -1999 to +3000 (2000 BCE to 3000 CE) de Fred ESPENAK and Jean MEEUS - Janvier 2009 ;
  • n°mL Syno : est le numéro de lunaison synodique moyenne du jour restitué dans le siècle hypothétique courant ;
  • Sol Cst : est l'abréviation du nom latin de la constellation que le Soleil traverse en considérant les limites astronomiques des constellations adoptées par l'Union Astronomique Internationale IAU en 1930 ;
  • Sol hL:mm/aziL : est l'heure UT approchée du lever du Soleil pour un site situé au centre de la Gaule, avec son azimut du lever en degrés (origine au Nord, positif vers l'Est) ;
  • Sol hC:mm\aziC : est l'heure UT approchée du coucher du Soleil (moment du début de la journée gauloise) pour un site situé au centre de la Gaule, avec son azimut du coucher en degrés (origine au Nord, positif vers l'Est);
  • Sol (éclipse) : lors d'un alignement favorable Soleil-Lune-Terre, une éclipse de Soleil peut se produire au milieu de la quinzaine sombre, au moment de la Nouvelle Lune.ETOTS hh:mm signifie qu'il s'agit d'une éclipse totale de Soleil dont le moment du maximum se produit à hh:mm UT sur le site de la capitale des Arvernes proche du centre de la Gaule (la Lune masque entièrement le Soleil dans le ciel, le site est sur le trajet du cône d'ombre de la Lune projeté sur le globe terrestre. Il fait presque nuit en plein jour durant quelques minutes), EANNS une éclipse annulaire de Soleil (le diamètre apparent du disque lunaire n'est pas assez grand pour masquer totalement le disque solaire, la Lune est trop éloignée de la Terre qui passe alors dans son anti-ombre), EPARS une éclipse partielle de Soleil (seule une partie du disque solaire est masquée par le disque lunaire), EHYBS une éclipse hybride de Soleil (l'éclipse apparait annulaire ou totale selon le moment et la position de l'observateur sur le globe terrestre qui peut être trop éloigné de la Lune). Des informations supplémentaires sont fournies dans la colonne Traduction : CARTE lie à une représentation graphique du phénomène (le trajet de la bande de totalité ou du cône d'ombre de la Lune sur le globe terrestre est représenté en bleu pour une éclipse totale, en rouge pour une éclipse annulaire. Les limites de la zone de partialité sont en vert. Les pointillés verts délimitent les régions où la surface de la Lune recouvre plus de la moitié de celle du Soleil. La ligne en magenta délimite les lieux où l'éclipse est maximale durant le lever ou le coucher du Soleil, autour en vert, les lieux où l'éclipse commence/se termine au lever/coucher du Soleil. Le symbole du Soleil vert correspond au lieu et l'instant où l'axe du cône d'ombre de la Lune passe au plus proche du centre de la Terre). JJ correspond au jour julien et fraction du moment du maximum de l'éclipse, DEB l'heure du début de la phase de totalité, MAX l'heure du moment du maximum de l'éclipse, FIN l'heure de la fin de la phase de totalité, DURÉE la durée de la phase de totalité de l'éclipse en mm:ss, DPAR l'heure du début de la phase de partialité, MPAR l'heure du moment du maximum de la partialité, FPAR l'heure de la fin de la partialité. Toutes ces données proviennent du NASA/TP-2009-214174Five Millennium Catalog of Solar Eclipses: -1999 to +3000 (2000 BCE to 3000 CE)-Revised de Fred ESPENAK and Jean MEEUS - Janvier 2009 ;
  • n°a Trop : est le numéro d'année tropique du jour restitué dans le siècle hypothétique courant ;
  • Sat : est l'abréviation du nom latin de la constellation que la planète Saturne traverse en considérant les limites astronomiques des constellations adoptées par l'Union Astronomique Internationale IAU en 1930 ;
  • Restitution R.I.G : est la restitution de la ligne du calendrier de Coligny proposée et argumentée dans les pages 327 à 395 du Recueil des Inscriptions Gauloises RIG III, de Paul-Marie DUVAL et Georges PINAULT, CNRS 1986. Les caractères en lettres majuscules sont attestés et gravés sur la plaque. Les caractères en lettres minuscules sont restitués, déduits par la compréhension du calendrier. Elle se compose de 5 colonnes : La première contient le numéro du jour du mois en chiffre latin, la deuxième contient le signe triple (l est une simple haste, T une haste barrée), la troisième contient la qualité du jour (md jour favorable, d et d amb jour non favorable), la quatrième contient la mention du jour, et la cinquième contient éventuellement le tag lunaire iuos ;
  • Traduction : contient une traduction de la mention journalière, la signification lorsqu'elle est connue. La traduction provient soit du RIG III, et du Dictionnaire de la langue gauloise de Xavier DELAMARRE - 2003 ;
  • Fêtes celto-romaines : Fêtes celto-romaines datées extraites de À la recherche des fêtes celto-romaines: les inscriptions votives datées sur les anciens territoires celtiques, Patrice LAJOYE, dans Ralph Haeussler et Anthony King (éd.), Continuity and Innovation in Religion in the Roman West, Journal of Roman Archaeology, supplementary series, 67, 2, 2009, 131-147.

Liens vers les pages web des restitutions hypothétiques des siècles répondants à la définition : Lune PQ, Saturne dans le Taureau en mouvement rétrograde, Soleil dans le Scorpion, Siècle d'environ 30 ans (la date signées correspond à l'année Grégorienne du début du siècle au format conventionnel des historiens, sans année zéro. On passe de l'année -1 à l'année +1 contrairement à la convention astronomique qui admet une année zéro) :
-976-946-917-888-857-829-799-770-740-711-682-651-623-593-564-534-505-475-446-415-387-357-328-298-269-240-209-181-151-122-92-63,-33-4+28+56+86+115+144+174+203+234+262+292+321+351+380+409+439+468+498+527+557+586+616+645+676+704+734+763+793+822+851,+881+910+940+969+999+1028+1058+1087+1118+1146+1175+1205+1234+1264+1293+1323+1352+1382+1411+1441+1470+1499+1529+1558+1588+1617,+1647+1676+1706+1735+1765+1794+1824+1853+1883+1912+1941+1971+2000+2030+2059+2089+2118+2147+2177+2206+2236+2265.
Le lecteur remarquera dans ces premières restitutions que compte tenu de la définition adoptée, pour une date contemporaine comme +2000, le début d'un siècle est déplacé à fin-novembre début-décembre à cause de la précession des équinoxes. En effet, la condition Soleil en "Scorpion ou dans Ophiuchus" impose une position du Soleil dans le ciel telle qu'il était à l'opposé à la constellation du Taureau à l'époque antique (fin-octobre début-novembre Grégorien, pour -150 il entrait dans le Scorpion vers le 23/10 et en sortait vers le 20/11). Ce n'est plus le cas aujourd'hui car sous l'effet de la précession des équinoxes, le Soleil quitte la constellation de la Vierge fin-octobre pour entrer dans la constellation de la Balance début-novembre. Ce décalage retire le sens traduit des mois gaulois en rapport avec la saison (froid, printemps...) puisque les mois sont avancés d'un mois dans le temps. Je propose donc une définition adaptée à l'époque contemporaine pour que le début d'un siècle gaulois contemporain démarre comme dans l'antiquité fin-octobre début-novembre afin de conserver le sens du nom des mois. Il suffit que Lune PQ, Saturne dans le Taureau en mouvement rétrograde, Soleil entre la Vierge et la Balance (plus simplement que le début d'un siècle soit entre le 15 octobre et le 15 novembre Grégorien), Siècle d'environ 30 ans. Les résultats obtenus tombent sur les mêmes années mais sont reculés d'une lunaison par rapport aux précédents pour conserver le sens du nom des mois gaulois. C'est une adaptation nécessairesi l'on veut reproduire un calendrier de même nature pour notre époque contemporaine. D'autres calendriers furent aussi réformés et affinés dans le temps au cours de leur utilisation :
-976-946-917-887-857-829-799-770-740-711-682-651-623-593-564-534-505-475-446-416-387-357-328-298-269-240-210-181-151,-122-92-63-33-4+27+56+86+115+144+174+203+233+262+292+321+350+380+409+439+468+498+527+557+586+616+645+675+704,+734+763+793+822+851+881+910+940+969+999+1028+1058+1087+1116+1146+1175+1205+1234+1264+1293+1323+1352+1381+1411,+1440+1470+1499+1529+1558+1588+1617+1647+1676+1706+1735+1765+1794+1823+1853+1882+1912+1941+1971+2000+2030+2059+2088,+2118+2147+2177+2206+2236+2265.

Restitution des siècles gaulois sur la base de l'hypothèse astronomique contrainte à 10956 jours par siècle (état 3 : ≈ 371 lunaisons, ≈ 30 années solaires, Saturne ?)
Dans la restitution astronomique précédente, les départs de chaque siècle sont initiés et synchronisés par l'observation astronomique. Comme la période de Saturne (29,46 ans) n'est pas un multiple entier de l'année solaire, il est impossible que les siècles qui se succèdent contiennent le même nombre de jours que pile 30 années solaires, chaque départ de siècle se déduit de l'observation astronomique.
Si l'idée est envisageable pour une époque reculée de l'âge du Fer où un maitre du temps observait le mouvement de Saturne, elle parait peu probable pour une époque plus contemporaine (mais possible !). Si les maîtres du temps ont optimisé la précision du comput sur la Lune et le Soleil pour obtenir la solution la plus précise, il n'y a pas de raison pour qu'ils optent pour une durée variable du siècle sauf s'ils considéraient vraiment la position de Saturne comme événementielle, le siècle comme profondement et fondamentalement "Saturnien".
Mais n'oublions pas que le calendrier des Romains subissait de nombreuses réformes et recalages temporel à cette même époque ! Il y a même eu une période de plusieurs mois de décalage avec les saisons. En effet, les premiers calendriers romains étaient irréguliers car ils tentaient d'associer l'année solaire aux lunaisons. Cette complexité luni-solaire fût réduite avec la réforme de Numa (362,5 j/an) puis le calendrier républicain vers -450 (366,25 j/an) mais toujours avec des jours intercalaires plus ou moins ajustés ou oubliés. L'année -48 fut ubuesque puisque l'année civile avançait de 3 mois sur l'année solaire. Jules César mit fin à ces irrégularités en -45 avec le calendrier dit Julien (365,25 j/an en moyenne), synchronisé sur le Soleil. Mais les paysans romains trouvaient depuis toujours la stabilité calendaire dans le ciel pour entreprendre les travaux agricoles (voir les textes de PLINE L'ANCIEN, VIRGILE).
Dans la restitution suivante, nous choisissons un départ de siècle de l'hypothèse astronomique à l'époque avancée du Druidisme (vers -150) (tel que l'envisage les historiens : apparitions en nombre des Druides vers le 6ieme siècle av J.-C., influence Pythagoricienne, déclin du Druidisme avant la conquête) . Nous pourrions choisir une autre date car elle ne changerait rien à notre démonstration pourvue qu'elle soit un PQ. Nous voulons analyser la dérive du comput de l'état 3 à 10956 jours par siècle gaulois.
Nous enchainons une durée de siècle de 10956 jours (état 3) sans attendre ou anticiper la position de Saturne, comme nous le ferions aujourd'hui avec le calendrier Grégorien. Nous ne donnons les résultats obtenus qu'entre -600 et +390 car ce comput de 10956 jours dérive d'environ 4,9 jours lunaires en 1000 ans solaires tropiques, soit le PQ qui devient le DQ en environ 3000 ans :
  • En l'an -600, ce comput a dérivé de -2,1 jours et le PQ est au jour 3 de SAMONIOS, le début du siècle tombe un 17 novembre Grégorien ;
  • En l'an +390, ce comput a dérivé de +3 jours et le 1er du mois tombe en lune gibbeuse (PQ + 2 jours), le début du siècle est au 06 octobre Grégorien (le sens du nom des mois gaulois est donc déja un peu affecté) ;
  • Pour Saturne, il y a aussi une dérive de siècle en siècle consécutifs (de 10956 jours) car Saturne n'est plus dans le Taureau (au départ du siècle) au bout de 4 siècles gaulois de 10956 jours consécutifs. Par exemple, dans la simulation ci-dessous, nous utilisons la première boucle en entrée dans le Taureau de l'an -150 comme référence. Au départ de ce siècle hypothétique, Saturne se trouve bien placée dans le Taureau sous les Pléiades. La boucle de rétrogradation du départ de siècle se déplace alors vers l'Est de siècle en siècle consécutifs pour finalement atteindre les Gémeaux pour l'an -90. L'hypothèse Saturne ne fonctionnerait donc pas sans resynchronisation par l'observation avec 10956 jours par siècle.
Voici les résultats de la simulation :
-601-571-541-511-481-451-421-391-361-331-301-271-241-211-181-151-121-91-61-31-1+30+60+90+120+150+180+210+240+270+300+330,+360+390.
Comme les autres solutions, elle dérive et droit être recalée par l'observation au bout de quelques siècles !

Traduction et signification des mots et abréviations gravées sur la plaque de Coligny
La plaque du calendrier de Coligny constitue une grande surface gravée sur laquelle on ne peut inventorier qu'au plus soixante dix mots ou abréviations. Ces inscriptions sont toutes gravées en alphabet latin dans une langue assurément celtique. Comme pour les erreurs de gravures par faute d'inattention du graveur, on trouve aussi des erreurs de grammaire et d'orthographe. La majorité des notations journalières sont gravées sous une forme abrégée pour faciliter et accélérer le travail du graveur (au dépend du linguiste contemporain).
On trouve la forme des mots au nominatif et au génitif. La forme au génitif traduit l'appartenance d'origine à un autre mois (cas des transferts de notation et des rétrogradations).
La forme des noms des mois strictement gravée sur la plaque est : SAMONDVMANRIVROSANAGAN & ANAGATIOOGRONCVTIOSGIAMONSIMIVI & SIMIVISEQVOSELEMBAN & ELEMBIV,AEDRINI & EDRINICANTLOS.
Le tableau ci-dessous contient tous les mots que l'on peut lire et/ou restituer de la plaque. La traduction et l'interprétation de ces mots provient de deux sources :

DLG : le Dictionnaire de la Langue Gauloise de Xavier DELAMARRE, édition 2008 . ISBN 978-2-87772-369-5 / 2877723690 ;

RIG : le Recueil des Inscriptions Gauloises R.I.G Volume III – Les calendriers (Coligny, Villards d’Héria) par Paul-Marie DUVAL et Georges PINAULT, 1986, XLVe supplément à « GALLIA » CNRS ;

DOT : liste des nombres ordinaux par Georges DOTTIN dans les comptes-rendus des scéances de l'Académie des Inscripsions et Belles-Lettres, 1923, volume 67, page 441-442 ;
ARB : Compter jusqu'à dix en gaulois, Encyclopédie de l'Arbre Celtique ;
MMC : par l'inscription du Mausolée de Marcus Rufius CATULLUS à Gélignieux petrudecametos pour 14e jour.
Traduction des inscriptions lisibles sur le calendrier de Coligny
IDLG : 1 oino- (oinos chez les indo-européens d'Europe)
ARB : oino-
DOT : cintuxos premier.
IIDLG : 2
ARB : duo
DOT : alos deuxième -> ciallos ce second...
IIIDLG : 3, tri-treis-tidres
ARB : tri-
DOT : tritos troisième
IIIIDLG : petru-petuar(es)ARB : petuar-DOT : petuanos quatrième
VDLG : pempeARB : pempeDOT : pinpetos cinquième
VIDLG : 6 suexsARB : suexsDOT : suexos sixième
VIIDLG : 7 sextanARB : sextanDOT : sextametos septième
VIIIDLG : 8 oxtuARB : oxtu-DOT : octuanitos huitième
VIIIIDLG : 9 nauanARB : nauanDOT : nametos neuvième
XDLG : 10 decam- decan-ARB : decanDOT : decametos dixième
XIDLG : 11
MMC : sur le même modèle on pourrait déduire oinodecametos pour onzième.
XIIDLG : 12
MMC : sur le même modèle on pourrait déduire duodecametos pour douzième.
XIIIDLG : 13
MMC : sur le même modèle on pourrait déduire tridecametos pour treizième.
XIIIIDLG : 14
MMC : par l'inscription du Mausolée de Marcus Rufius CATULLUS à Gélignieux, on a petrudecametos pour quatorzième 14e.
XVDLG : 15
MMC : sur le même modèle on pourrait déduire pempedecametos pour quinzième.
aedriniosDLG : Nom du onzième mois. Génitif : aedriniedrini.
RIG : C. Lainé-Kerjean proposait "mois ardent". On pourrait le rattacher au vieil irlandais aed "feu".
ambRIG : probablement une abréviation dont le sens hypothètique est le préverbe ambi- = autour, environ ?
(am)bantaran(o)DLG : apparait dans l'en-tête du deuxième mois intercalaire en ]bantaran. m soit la restitution possible ambataranos mid : mois intercalé.
ammanDLG : temps, période ? Rapproché du vieil irlandais amn (temps, moment), du breton amser (temps).
an-DLG : particule privative/inverse in- a- non- sans-
anagantiosDLG : Nom du quatrième mois. Il pourrait être le mois où l'on ne voyage pas (mener, conduire), ou le mois d'ablutions rituelles (bains, lavages) ?
Abrégé en anagananagtio. Génitif : ?
anmatuDLG : sens contraire (an-) de matu soit : défavorable, incomplet (anfad = infortuné/sinistre/peu propice en gallois, matus = bon/favorale en celtibère, maith = bon/excellent/avantageux/faste en vieil irlandais, mat = bon en vieux breton). Abrégé dans le calendrier en ananmanma.
RIG : dans le contexte du calendrier il peut signifier mois "incomplet" de 29 jours en opposition aux mois complets matu de 30 jours.
atenouxDLG : retour de la période, renouvelement (ate- indique la répétition). ate en-oux ou at-en-ouksion : à nouveau en montant.
RIG : la racine du type *ate-nouk-s siginfierait "à nouveau l'obscurité", retour à la période sombre de la lunaison.
b?isDLG : dans l'en-tête du deuxième mois intercalaire.
RIG : restitution possible en buis mais pas de signification.
brigiomuDLG : le plus bref ?
RIG : le sens de base serait "montrer, exposer" d'une racine "éclairer, briller" du vieil irlandais bricht "formule magique, incantation, sort, objet pourvu d'un pouvoir magique" ?
cantlosDLG : Nom du douzième mois. On le rapproche du chant ou de la récitation, poème ou hymne ou encore la leçon liturgique.
Variante : gantlos. Abrégé en cantcantl. Génitif : cantli.
CCCLXXXV385
ciallosDLG : le deuxième ?
RIG : allos = autre. ci-allos pourrait signifier "cet autre, ce second"...
cutiosDLG : Nom du sixième mois. Il pourrait être rapproché de voix, invocateur. Mois des invocations ?
Variante : gutioscut-. Génitif : cutioqutioquti.
dDLG : abréviation de jour diios.
RIG : abréviation de *dijos "jour".
d ambDLG : abrégé de jour _amb_ ?
deuorDLG : variante abrégée de diuertomu ? préverbe de-uor-.
deuortom iug riuri en XIII riuros 2
dibDLG : fin, destruction, extinction, disparition ? Cette notation apparait en cantlos 29, soit le dernier jour de l'année et le dernier jour du mois cantlos D IVO DIB CANT. Dernier jours d'une année subissant la rétrogradation (avec iuo s) ?
diuertomuDLG : sans sommet, sans jour final (di- = sans). Pour signaler que le mois ne comporte pas de trentième jour : on passe au mois suivant. Variantes sur la plaque :diuortomudiuertiomu.
RIG : peut indiquer que le jour XVa est "sans valeur", "n'existe pas", qu'il faut "tourner" au mois suivant.
ds 
dsns 
dumaniosDLG : Nom du deuxième mois. On le rapproche de fumée, vapeur, âme, force vitale. Le sens du mois est peut-être de nature sacrificielle comme le mois des fumigations ?
Abrégé en : dumdumandumanndumn. Génétif : dumannidumani.
RIG : vIrl dhuma "fumée", Grec fumus "parfum que l'on brûle", Dumialis surnom du Mercure Arverne.
edutioDLG : Variante : eduti.
elembiuosDLG : Nom du dixième mois. Le mot contient le nom du cerf (elen-). Il s'agit probablement du mois du cerf.
Abrégé en elembelembiu. Génitif : elembi.
equosDLG : Nom du neuvième mois. Il pourrait s'agir du mois du cheval (epos).
Génitif : equi.
exingiRIG : le mot pourrait se décomposer en *eks- et *king-. Le sens serait "venir de".
exoDLG : excepté ? extraordinaire ? exception ?
ganor 
garieditDLG : ? gar- appeler, crier, invoquer.
giamoniosDLG : Nom du septième mois. Le mot contient l'hiver giamo- mais il s'agit probablement de la fin de l'hiver puisque le mois suivant simiuisonna contient le nom du printemps.
Abrégé en : giamgiamongiamoni. Génétif : giamoni.
inDLG : dans
RIG : dans le deuxième intercalaire au jour IIa on a clairement in ogro soit "dans le mois d'Ogronnios".
inisDLG : Abrégé en in.
RIG : la forme in(n)is serait à rapprocher des prépositions conjuguées du néo-celtique avec un pronon enclitique comme *in d isiu > innis "en lui".
iugDLG : peut être abrégé de iugon avec un sens de périodes/cycles ?
iuosDLG : apparait en début et fin de mois sur la plaque parfois abrégé en iuoiu. sens de fête, ou religieux ou juridique (uisse = juste en viel irlandais, ius en latin).
RIG : on pourrait supposer *iuostu- proche du vieil irlandais uisse "juste".
lagetDLG : Abrégé en laglage. voir prinni laget.
latforme abrégée de lation.
lationDLG : Journée (diurne+nocturne). laithe en vieil irlandais (partie diurne de la journée).
Abrégé en lat dans l'en-tête du deuxième mois intercalaire.
loudinDLG : rapproché de emmêler. voir prinni loudin.
Abrégé en loud.
lugoDLG : en II anagantios 5. La restitution du LV semble audacieuse car il s'agit de traces qui peuvent évoquer un L et un V mais les caractères ne sont pas totalement gravés.
RIG : rapport avec le dieu Lugus ? pluriel de type lugoues, ou génitif singulier *lugouos ?
ma 
matuDLG : bon, favorable, complet ? (matus = bon/favorale en celtibère, maith = bon/excellent/avantageux/faste en vieil irlandais, mat = bon en vieux breton). Abrégé en matm. Il apparait sous la forme complète dans l'en-tête du premier mois intercalaire.
RIG : sens fondamental de "bon" attesté par toutes les langues celtiques mais dans le contexte du calendrier qui s'applique aux mois de 30 jours, on peut penser à "complet" qui s'oppose aux mois de 29 jours anmatu "incomplets".
m dDLG : probabalement l'abrégé de matu diios, soit jour favorable.
midDLG : mois. Abrégé en m sur la plaque. Le mot indo-européen *mens désigne le mois, la lunaison.
nRIG : On retrouve le n dans plusieurs inscriptions : n commémoratif isolé, nsdsns dsds nsn inis r. Ce n'est pas forcément l'abréviation du même mot.
ns ds pourrait être "nuit jour" pour nos (Gallois) diios (gaulois).
n inis r pourrait être "saint, sacré" pour *noibo- noib en vieil irlandais.
n inis r 
nsRIG : peut être l'abbréviation de "nuit" du Gallois nos ?
nsds 
ociomuDLG : le plus complet ?
ogronniosDLG : Nom du cinquième mois. L'éthymologie est assurée par le celtique insulaire d'un mois froid d'hiver (ougro- = froid). Abrégé en ogroogronogronn. Génitif :ogroni. Datif : ogronu.
RIG : mois de "frimaire".
ox?antiaDLG : ? restitué oxtantia car la spirante x implique un t. Dérivé probable de 8.
petiDLG : épargne !
RIG : combien ? chose, morceau ?
pogdedortoninDLG : ? dans la phrase au pied du premier mois intercalaire.
prinniDLG : On rapproche ce mot de prenneprenn qui signifie bois. Abrégé en priprinprinnoprino.
RIG : toujours accompagné de loudin dans les mois matu, et de laget dans les mois anmatu. proche de l'expression bretonne teutel prenn "tirer au sort".
prinni lagetDLG : laisser les bois au repos, ne plus tirer les baguettes au sort ?
prinni loudinDLG : enmêler les bois, tirer les baguettes au sort ?
quimon 
rRIG : la lettre suit toujours innis ?
ri 
rix 
riurosDLG : Nom du troisième mois. Il est mis en rapport avec le grand froid, le gel, le froid intense ou en encore le mois gras. Génitif : riuri.
RIG : en vieil irlandais réud est le "grand froid", en gallois rhew est le "gel", en breton riv est le froid que l'on ressent.
samonios
DLG : Nom du premier mois. Le mot contient le nom celtique et indo-européen de l'été : samoSamonios désignerait la fin de l'été ou son résumé, le mois d'assemblée, de retrouvailles et de réunion avec les morts et l'au-delà.
Abrégé en : samsamonsamo. Génétif : samoni.
simiuisonna
DLG : Nom du huitième mois. Il contient le nom celtique du printemps uisonna- et le terme simi que l'on peut rapprocher de demi. Soit donc le milieu duprintemps.
Abrégé en simiuis, semiuisosimiuisosonna. Génétif : simiui ?
sindiuDLG : aujourd'hui, ce jour.
RIG : le sens "aujourd'hui" est certain par le rapprochement du vieil irlandais indiu.
sonnocingosDLG : marche du soleil, année ? sonno-/sunno- (soleil) -cingos (racine celtique cing- = avancer). La marche du soleil durant une année dans le ciel est l'écliptique.
tinad
tiocobrextioDLG : jour de justice ? reconstruction avec tio-com-rextio (com-rextio s'approche de loi, règle, autorité).
tit
trinox
DLG : trois (tri-) nuits (noxt-).
Abrégé en trinoxtrinuxtrino.
trinox samoni sindiu
DLG : c'est à partir de ce jour la fête des trois nuits du mois samonios.
uxRIG : au-dessus ? Breton uc'h.
- épithète du premier mois intercalaire : D[ MID X[ MATU = mois favorable 13 (comme le deuxième intercalaire où la valeur est attestée) ;
- pied du premier mois intercalaire : a]MB RIX TIO CObRext GARIEDIT OX[.]ANTIA POGDEDORTONIN QUIMON = ? (tiocobrextio 'justice', gariedit 'invoquer', oxtantia '8, huitaine') ;
- épithète du deuxième mois intercalaire : CIALLOS B?IS SONNOCINGOS AMMAN M M XIII LAT CCCLXXXV ?BANTARAN M = deuxième période pour rattraper la marche du soleil par un treizième mois favorable qui formera une année intercalée de 385 jours (ATTENTION ! dans le sens futur pour le comptage des jours de l'année, l'intercalaire commençait l'année intercalée, voir les arguments du chapitre sur l'état 3 ci-avant).

Chez nos voisins Grecs et Romains ?
  • Chez les Grecs : les Grecs ne disposaient pas d'un unique calendrier mais de plusieurs propres à chaque grande Cité. Le plus connu est celui d'Athènes qui alternait les mois de 29 et 30 jours pour se caler sur les lunaisons d'environ 29,5 jours. Le calendrier Attique primitif est donc fondamentalement lunaire. Le premier mois de l'année débutait à la première Nouvelle Lune après le solstice d'été (lunaire mais quand même avec un repère solaire). Les mois de 29 jours étaient dits creux/caves, les mois de 30 jours étaient dits pleins. Soit une année de 354 jours. Avec quelques nuances, ce calendrier Attique ressemble beaucoup à l'état 1 du calendrier gaulois.
    Les noms des 12 mois (dont l'écriture traduite en français dépend des ouvrages et des époques) étaient : Hécatombéon (30 jours, juin-juillet), Métageitnion (29 jours, juillet-août),Boédromion (30 jours, août-septembre), Pyanepsion (29 jours, septembre-octobre), Maïmactérion (30 jours, octobre-novembre), Posidéon (29 jours, novembre-décembre), Gamélion (30 jours, décembre-janvier), Anthestérion (29 jours, janvier-février), Élaphébolion (30 jours, février-mars), Mounichion (29 jours, mars-avril), Thargélion (30 jours, avril-mai), Skirophorion (29 jours, mai-juin).
    Les mois du calendrier attique dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, par Denis DIDEROT, 1765.
    Les mois des grecs dans Chronologie de PTOLÉMÉE, Table chronologique des règnes, par l'Abbé HALMA, 1819.
    Les mois Athéniens dans Fêtes et Courtisanes de la Grèce, par Pierre-Jean-Baptiste CHAUSSARD, 1821.

    Chaque mois se composait de 3 décades (3 parties de 10 jours, "début" "milieu" et "fin"). Chaque jour avait un nom. Le premier jour se nommait "Nouvelle Lune" le dernier jour du mois "Vieille et Nouvelle Lune".
    « Ne voyez-vous pas, quand la lune paroit du côté de l'occident en cornes amincies, qu'elle marque le commencement du mois ? et quand sa première lueur devient assez forte pour causer de l'ombre, elle est à son quatrième jour. Au huitième, son disque est coupé en deux moitiés n'en montre qu'une seule ; mais au milieu du mois, elle montre sa face entière ; et dans son déclin, ces phases revenant dans un ordre inverse, disent à chaque aurore, quelle partie du mois elle va commencer. Les douzes portions du zodiaque suffisent pour montrer la durée des nuits, et pendant toute l'année, les saisons propres au labourage des terres, aux semailles et aux plantations.... », Pronostics célestes d'ARATUS, Phénomènes d'ARATUS DE SOLES (de -345 à -245) (traduction de l'Abbé HALMA, 1821).

    Ce calendrier lunaire se décalait des saisons agraires (solaires). Les Grecs utilisaient des calendriers de la vie pratique. Ces parapegmes indiquaient les travaux à réaliser selon les observations astronomiques comme les levers héliaques des étoiles et constellations. On retrouve de nombreux exemple dans Les travaux et les jours d'Hésiode qui ne constitue pas un calendrier mais plutôt des travaux réguliers à reconduire d'année en année avec le ciel comme repère temporel.

    Comme ce calendrier primitif n'étaient pas en phase avec les saisons (solaires) et se décalait d'année en année, ils ajoutérent un treizième mois intercalaire, un mois Poseideon mais de 30 jours (au lieu de 29 pour le premier). Cette année spéciale se composait alors de 384 jours. Le calendrier évolua selon plusieurs réformes intercalaires : tous les 2 ans, tous les 3 ans. Selon plusieurs cycles : de 8 ans proposé par Cléostrate de Ténédos tous les 30 mois (3 intercalaires en 8 ans, après le sixième mois de la troisième années, de la cinquième et de la huitième année), de 19 ans comme le cycle de Méton.

    On retrouve aussi la notion de jours heureux/bons ou malheureux/néfastes depuis Hésiode (comme dans le calendrier Gaulois dès l'état 1) : « … XXIII. J'ai examiné ailleurs (dans un traité qui avait pour titre Dissertations physiques sur les jours) s'il y a des jours qui soient naturellement malheureux ; ou si Héraclite a blâmé avec raison Hésiode d'avoir admis des jours heureux et des jours malheureux, et de n'avoir pas su que la nature en est constamment la même (Hésiode a fait un traité sur les ouvrages et sur les jours ; il distingue des jours heureux et des jours malheureux). Mais peut-être qu'il ne sera pas étranger à mon sujet d'en rapporter quelques exemples. Les Béotiens mettent au nombre de leurs jours heureux le 5 du mois Hippodromion, appelé par les Athéniens Hécatombéon (juillet). Ils ont remporté ce jour là deux victoires célèbres qui donnèrent la liberté à la Grèce : celle de Leuctres, et, plus de deux cents ans auparavant, celle de Géraste où ils défirent Lattamyas et les Thessaliens. Au contraire les Perses ont été battus par les Grecs à Marathon le 6 de boëdromion (septembre), les 3 à Platée et à Mycale, et le 26 à Arbèles. Vers la pleine lune de ce mois, les Athéniens, commandés par Chabrias, remportèrent près de Naxos une victoire navale ; et le 20 du même mois, comme je l'ai dit dans mon Traité sur les jours, ils gagnèrent la bataille de Salamine. Le mois Thargelion (mai) a été souvent funeste aux barbares ... D'un autre côté, le mois Métagitnion, que les Béotiens appelent Panémus, n'a pas été favorable aux Grecs : le 7, ils furent entièrement défaits à Cranon ... Il serait facile de rapporter plusiseurs exemples de jours alternativement heureux et malheureux pour les mêmes personnes. ... Mais depuis la défaite d'Allia, les Romains regardent le jour où elle arriva comme malheureux dans tous les mois ; et ce désastre ayant augmenté, comme il est ordinaire, leur crainte et leur superstition, ils ont ajouté dans chaque mois deux autres jours qui sont aussi réputés malheureux (ces deux autres jours réputés malheureux dans chaque mois, étaient le lendemain des calendes et le lendemain des ides). Mais j'ai traité cette matière plus à fond dans mes Questions romaines. », PLUTARQUE (de environ +46 à +125) dans CAMILLE extrait de LES VIES DES HOMMES ILLUSTRES, (traduction de Dominique RICARD, 1830).
    PLUTARQUE démontre dans ces passages, qu'en réalité, il n'y a pas naturellement des jours heureux et des jours malheureux.

    Sur les différents calendriers Grecs : « … Cette bataille fut donnée le quatre du mois Boedromion (octobre) selon la manière de compter des Athéniens et selon celle des Beotiens, le 24 du mois appellé Panemus, auquel jour se tient encore aujourd'hui une Assemblée générale de la Grece dans la ville de Platées, dont les habitants offrent un sacrifice à Jupiter libérateur, pour lui rendre tous les ans de nouvelles graces de cette victoire ; et il ne faut pas s'étonner de cette irregularité et différence de jours dans les mois Grecs, car encore de notre temps que la Science de l'Astronomie est plus cultivée et plus exactement approfondie, les uns commencent leur mois, lorsque les autres finissent les leurs ... », PLUTARQUE (de environ +46 à +125) dans ARISTIDE extrait de LES VIES DES HOMMES ILLUSTRES.

    ;

  • Chez les Romains :.


Conclusion
XXXX,

Autres auteurs, les autres hypothèses
Selon les auteurs, notre connaissance lacunaire du calendrier Gaulois conduit à plusieurs interprétations, hypothèses et extrapolations. Dans ce web-article j'ai traité et complété la solution qui me parait la plus probable et à laquelle j'adhère le plus. Les auteurs de la liste suivante proposent d'autres solutions de comput :
  • Paul VERDIER : xxxx
  • xxxx

Documents complémentaires :

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