samedi 8 février 2014

Prophéties de la Voyante

VÖLUSPA

" Prophéties de la Voyante"



La Völuspá - "prédiction de la voyante" ou "dit de la voyante" (<*völv-s-spá) - est un poème cosmogonique et eschatologique de la mythologie scandinave, qui fait partie du recueil de l'Edda poétique. Son auteur n'est pas connu. En un long monologue, une magicienne expose en une série de visions riches de détails l'histoire et le destin du monde, des dieux et des hommes depuis l'origine du monde jusqu'au Crépuscule des Puissances (le Ragnarok) qui verra l'avènement d'une terre nouvelle.
                                                                 
                                                                  
 Ce long Poème décrit la création et la fin d'un cycle du monde.
Il est présenté en trois strophes successives pour chacun de ses versets :
La première concerne la version norroise, langue d'origine de leur rédaction, la seconde est la version française, et la troisième explicite le texte lui-même. lPar conséquent, il présente de nombreux mythes et concepts importants des civilisations nordiques et germaniques.
Une Völva est une Voyante, une Prophétesse, qui pratique le Seidr, sorte de chamanisme pratiqué par les Femmes Initiées de l'Europe nordique et de la Scandinavie dans son Antiquité.
Selon maints témoignages, le Seidhr se pratique à l'extérieur sur une sorte de plate-forme en bois, devant une assistance qui doit prononcer/chanter des Galdrar, ou Incantations spécifiques, destinés à créer une ambiance vibratoire propice à la Voyance.



Texte en  Norrois émanant du Codex Regius :
 1. Hlióðs bið ec allar kindir
(Calme je demande à tous)
meiri oc minni,
(plus hauts plus petits)
mögo Heimdalar;
(fils de Heimdall)
vildo at ec, Valföðr,
vel fyrtelia
forn spiöll fira,
þau er fremst um man.
 Traduction française inspirée Régis Boyer:
 1. Silence je demande de tous, les grands et les humbles,
Silence, parents de Heimdall:
Selon ta volonté, Valföðr, je raconterai
Les chants des hommes, les plus anciens dont je me souviens.
 Commentaires et explications de Yves Kodratoff, de moi-même ou de Régis Boyer:
 1. Les deux premiers deux vers sont la formule rituelle avec laquelle on demandait le silence au commencement de la réunion générale islandaise, appelée un "Thing". Un autre poème eddique, la Rigsþula, dit aussi que les diverses sortes d'êtres humains sont les fils de Heimdall (appelé Rig dans ce poème). Valföðr = Des tués le père = Odin.
 2. Ec man iötna
ár um borna,
þá er forðom mic
fœdda höfðo;
nío man ec heima,
nío íviði,
miötvið mœran
fyr mold neðan.
 2. Je me rappelle des géants de ces temps primordiaux,
Eux qui m'ont donné naissance autrefois:
Neuf mondes je peux compter, neuf énormes étendues,
Et le glorieux arbre du monde, encore profondément sous terre
 2. La völva dit qu'elle est issue des géants. Cela revient à prétendre qu'elle les connaît bien et qu'elle a une connaissance intime du passé puisque les géants sont considérés comme les premiers habitants du monde.  Ce monde est si ancien que l'arbre du monde, nommé Yggdrasil n'a pas encore poussé.
 3.Ár var alda,
(L'année était intervalle-de-temps)
þar er Ymir bygði,
(there Ymir settlements)
vara sandr né sær
né svalar unnir,
iörð fannz æva
né upphiminn,
gap var ginnunga
enn gras hvergi.
 3. C'était des temps anciens,
Ymir était établi là,
Ni sable ni mer, ni vagues froides.
Pas de terre, ni ciel au-dessus,
Mais un large gouffre, et nulle herbe.
 3. Une vache magique, Auðumla, a léché la glace qui entourait le géant, Ymir, qui est le premier de tous les géants. "gap var ginnunga" peut aussi être traduit par "le vide était ouvert", le terme Ginnungagap signifiant littéralement "Vide Béant Magique".
 4. Áðr Burs synir
biöðum um ypþo,
þeir er miðgarð
mœran scópo;
sól scein sunnan
á salar steina,
þá var grund gróin
grœnom lauki.
 4. (traduction mot à mot, mots dans le même ordre que le  Norrois)
D'abord les fils de Burr
ont haussé les terres
créé Midgard,
magnifiquement formée;
le soleil a brillé du Sud
sur la salle en pierre,
alors étaient du sol poussés
(avec) de verts poireaux.
 4. Burr est le père d'Óðinn. L'Edda en prose de Snorri rapporte qu'Auðumla, la vache primitive, après avoir léché la glace entourant le géant Ymir, a léché celle contenant aussi le premier homme, Burr. Midgard est la demeure des êtres humains, notre monde, mais également, par extension, l'univers matériel. Le "grœnom lauki" du texte, auquel est resté assez semblable le "green leeks" de l'anglais moderne, désigne la première de toutes les herbes. Ainsi, le poireau présente dans la mythologie nordique une importance mystique, suggérée en tant qu'il représente une des symboliques de Laguz, la 21è Rune.
 5. Sól varp sunnan
sinni mána,
hendi inni hœgri
um himiniöður;
sól þat né vissi
hvar hón sali átti,
stiörnor þat ne visso
hvar þær staði átto,
máni þat né vissi
hvat hann megins átti.
 5. Le soleil vint du sud, sœur de la Lune,
Son bras droit reposant au bord du ciel;
Elle ne savait où se trouvait sa demeure,
La Lune ne connaissait pas son pouvoir,
Les étoiles ne connaissaient pas leur place.
 5. On se souvient que le soleil est féminin en Vieux Norrois, comme en allemand moderne, alors que la lune est un masculin.
 6. Þá gengo regin öll
á röcstóla,
ginnheilög goð,
oc um þat gættuz:
nótt oc niðium
nöfn um gáfo,
morgin héto
oc miðian dag,
undorn og aptan,
árom at telia.
 6. Les dieux ont assemblé un conseil
Dans leur salle de jugement, divinités suprêmes;
À Nuit et à Lune croissante ont donné leurs noms,
Ils ont nommé Matin et Midi,
Aube et Crépuscule, pour l'établissement du temps.
 6. "röcstóla", "les sièges de röc", sont les sièges du jugement. Ce mot sera encore rencontré dans les strophes 9, 23 et 25, toujours avec la signification d'une place où une sage décision est prise. D'où la traduction non classique de "ragna röc" plus loin dans la strophe 44. "regin" est un mot pluriel signifiant "les Dieux", avec le sens original de "les conseillers".
 7. Hittuz æsir
á Iðavelli,
þeir er hörg oc hof
há timbroðo;
afla lögðo,
auð smíðoðo,
tangir scópo,
oc tól gorðo.
 7. Les Ases se réunirent à Iðavöllr,
Ils élevèrent sanctuaire et ferme,
Etablirent une forge à forger les bijoux,
Ils façonnèrent des pinces et forgèrent des outils.
 7. Iðavelli est le locatif d'Iðavöllr. C'est une allusion à une plaine toujours verte où les Dieux ont vécu avant le monde ne soit structuré. "hörg oc hof" est souvent traduit par "autel et temple" ce qui est en effet possible. Vu la forge que les Dieux vont construire au vers suivant, il est préférable de conserver la signification tout aussi possible de "hof" comme "ferme", un sens encore valide en allemand. Völlr = vallée; Ið ?=? "se répétant", c.-à-d., se renouvelant toujours.
 8. Teflðo í túni,
teitir vóro,
var þeim vættergis
vant ór gulli,
unz þriár qvómo
(jusqu'à ce que trois viennent)
þursa meyiar
(géantes jeunes filles)
ámátcar miöc
(force-géante beaucoup)
ór iötunheimom.
(de Jotun-demeure)
 8. Ils jouaient au "tafl" dans le bosquet, ils étaient gais;
Ils ne manquaient pas d'or
Jusqu'à ce que trois arrivent,
Géantes jeunes filles,
Pleines de force,
De la demeure des Géants.
 8.Le tafl est un jeu semblable au jeu de dames. Pour connaître les règles de ce jeu, consulter
On pense habituellement que ces trois jeunes filles géantes, "þursa meyiar", venant du pays des géants, "iötunheimr", sont les trois Nornes. La fin de la strophe paraît dire que les Dieux ont été joyeux et gais jusqu'à (!) l'arrivée des Nornes. Comme nous verrons, elles sont maîtresses du destin des êtres humains et des Dieux.
 9. Þá gengo regin öll
(alors s'asseyent Dieux tous)
á röcstóla,
(sur jugement-tabourets)
ginnheilog goð,
("ginn-"saints Dieux)
oc um þat gættuz,
hverr scyldi dverga
dróttin scepia
ór Brimis blóði
oc ór Bláins leggiom.
 9. Les Hauts Dieux ont assemblé leur conseil.
Dans leur salle de jugement;
Que devaient façonner les nains
A partir du sang de Brimir et des membres de Blain?
 9. Brimir et Bláinn sont deux autres noms donnés au Géant primitif, Ymir, qui a été tué par "les fils de Burr" (c'est-à-dire Odin, Vili et Vé ), et dont le corps a été utilisé pour créer le monde. La strophe 10 nous dira que les nains façonneront des formes humaines à partir de ces ingrédients. Cela résout l'ambiguïté du v. 7de la s. 10: les formes humaines sont faites d'élément terrestres. Noter que le mythe de la création des humains à partir des éléments de le terre est "typiquement" indo-européen. Dans "ginnheilog" ce qu'exactement veut dire "ginn" est inconnu. Ce mot ne s'applique qu'aux Dieux.
 10. Þar Mótsognir
mæztr um orðinn
dverga allra
en Durinn annarr;
þeir manlícon
(ils humaines-formes)
mörg um gorðo,
(beaucoup (um) firent)
dvergar, ór iörðo,
(nains, de la terre,)
sem Durinn sagði.
(comme Durinn dit)
 10. Mótsognir devint le plus grand des nains, et Durinn après lui;
Les nains ont fait comme Durinn l'indiqua, de terre,
Un grand nombre de formes humaines.
 10. Mótsognir, ou Móðsognir ?=? Fatigué ou Voleur d'énergie. Durinn ?=? Somnolant ou Gardien de l'entrée. Au contraire de ce que de nombreux commentateurs soutiennent, la völva dit ici que les êtres humains ont été façonnés par les nains. Comme nous verrons en 17, trois Dieux leur donneront leur vraie humanité. Peut-être s'agit-il là d'une première "création" à partir de la terre, qui appartient au règne minéral, d'êtres nombreux auxquels il manquait une élite dont les "germes" furent créés par les trois Dieux, à partir du bois, règne végétal supérieur au règne minéral? Peut-être l'épisode  des nains fut un rajout effectué par le clergé chrétien pour plus d'harmonie avec leur propre dogme?

11. Nýi oc Niði,
Norðri oc Suðri,
Austri oc Vestri,
Alþiófr, Dvalinn,
Bívorr, Bávorr,
Bömburr, Nóri,
Án oc Ánarr,
Ái, Miöðvitnir.
 11. Nýi et Niði,
Norðri et Suðri,
Austr et Vestri,
Alþiófr, Dvalinn,
Bívörr, Bávörr,
Bömburr, Nóri,
Án et Ánarr,
Ái, Miöðvitnir.
 11. Nýi = Nouvelle Lune, Niði = Nuit sans lune, Nordri = Nord, Sudri = Sud, Austri = Ouest, Vestri = Est, Dvalinn = Engourdi, Nár = Cadavre, Dáinn = Mourant, Bömburr ?=? Rêche, Nóri ?=? Porteur d'inquiétude, Ánarr ?=? Montagne, Ái = Ancêtre, Miöðvitnir = Loup de l'hydromel.
 12. Veigr oc Gandálfr,
Vindálfr, Þráinn,
Þeccr oc Þorinn,
Þrór, Vitr oc Litr,
Nár oc Nýráðr -
nú hefi ec dverga
- Reginn oc Ráðsviðr -
rétt um talða.
 12. Veigr et Gandálfr,
Vindálfr, Þráinn,
Þekkr et Þorinn (ou Þroinn),
Þrór, Vitr et Litr,
Nár et Nýráðr -
Voici les nains
- Reginn et Ráðsviðr -
Correctement comptés.
 12. Veigr = Cheval, Gandálfr ?=? Elfe de sorcellerie, Vindálfr ?=? Elfe du Vent, Þráinn ?=? Désir brûlant, Þekkr = Bien-aimé, Þorinn ?=? Courageux, Vitr = Sage, Litr = Teinte, Nár = Nouveau, Nýráðr = Nouveau conseiller, Ráðsviðr = De sage conseil.
 13. Fíli, Kíli,
Fundinn, Náli,
Hepti, Víli,
Hanarr, Svíurr,
Frár, Hornbori,
Frægr oc Lóni,
Aurvangr, Iari,
Eikinscjaldi.
 13. Fíli, Kíli,
Fundinn, Náli,
Hepti, Víli,
Hanarr, Svíorr,
Frár, Hornbori,
Frægr et Lóni,
Aurvangr, Iari,
Eikinskjaldi.
 13. Fíli ?=? Liste, Kíli ?=? Bras-de-Mer, Fundinn = Trouvé, Hepti ?=? Poignée, Víli ?=? Vouloir, Hanarr = Artiste avec ses mains, Frár = Rapide, Hornbori = Cor percé, Frægr = Célèbre, Lóni ?=? Brillant, Aurvangr = Vallée du gravier, Eikinskjaldi = Bouclier de chêne. Ici Reginn est évidemment un nom, qui veut dire "les Dieux", comme le mot regin.
 14. Mál er dverga
í Dvalins liði
lióna kindom
til Lofars telia,
þeir er sótto
frá salar steini
Aurvanga siöt
til Iörovalla.
 14. Humains, apprenez la lignée de Dvalin
Qui remonte au temps de Lofar,
Ils allèrent à Iörovellir et Aurvangar,
Laissant leurs habitations sous la pierre.
 14. Iörovalla = Vallée de la bataille
 15. Þar var Draupnir
oc Dólgþrasir,
Hár, Haugspori,
Hlévangr, Glói,
Scirvir, Virvir,
Scáfiðr, Ái,
 15. Il y avait Draupnir
et Dólgþrasir,
Hár, Haugspori,
Hlévangr, Glói,
Skirvir, Virvir,
Skáfiðr, Ái,
 15. Draupnir = Coulant goutte à goutte, Dólgþrasir = Ivre de bataille, Hár = Haut, Haugspori ?=? Entrant dans la tombe
 16. Álfr oc Yngvi
Eikinscialdi,
Fialarr oc Frosti,
Finnr oc Ginnarr;
þat mun uppi,
meðan öld lifir,
langniðia tal
Lofars hafat.
 16. Álfr et Yngvi
Eikinskjaldi,
Fialarr et Frosti,
Finnr et Ginnarr;
Aussi longtemps que les hommes se souviendront,
La lignée remontera à Lofarr.
 16. Álfr = nom des elfes, Yngvi = Roi (le dieu Freyr est souvent nommé Ingvi Freyr), Eikinskjaldi = Bouclier de chêne, Fialarr ?=? Se cachant, Finnr = Chasseur ou Saami? (en Français, on appelle encore souvent les Saami des Lapons), Ginnarr = Séducteur.
 17. Unz þrír qvómo
ór því liði
öflgir oc ástgir,
æsir,at húsi,
fundo á landi
lítt megandi
Asc oc Emblo
ørlöglausa.
 17. Jusqu'à ce que trois quittèrent le groupe,
Puissants, aimants, Ases de la demeure des Dieux,
Ils ont trouvé Frêne et Orme sur terre,
Sans forces, sans destinée.
 17. Askr = frêne, et Embla = orme. Snorri, dans l'Edda en prose, prétend que les êtres humains ont été faits à partir de troncs d'arbres. Cependant, la Völuspa dit clairement dans la strophe 10 que les formes humaines ont été faites par des nains (sans doute avec de la terre), et elle dit maintenant que ces formes n'avaient ni ørlög, ni force, et non qu'ils étaient des troncs d'arbre. Il semble que Snorri ait simplifié le mythe dans ce cas. Leurs noms peuvent aussi évoquer qu'ils vivaient, mais n'avaient guère plus de vie qu'un arbre, sans qu'ils aient été faits avec du bois. Comme je le dis plus haut, peut-être s'agit-il là d'une première "création" à partir de la terre, qui appartient au règne minéral, d'êtres nombreux auxquels il manquait une élite dont les "germes" furent créés par les trois Dieux, à partir du bois, règne végétal supérieur au règne minéral? Peut-être l'épisode  des nains fut un rajout effectué par le clergé chrétien pour plus d'harmonie avec leur propre dogme? "ørlöglausa" c.-à-d., sans ørlög où ørlög exprime le destin, le sort. La strophe 20 ci-dessous dira que les Nornes organisent l'ørlög des humains.
 18. Önd þau né átto,
óð þau né höfðo,
lá né læti
né lito góða;
önd gaf Óðinn,
óð gaf Hœnir,
lá gaf Lóðurr
oc lito góða.
 18. Ils n'avaient ni souffle, ni sens, ni sang,
Ni son, ni couleur de vie:
Óðinn leur donna le souffle, Haenir les sens,
Lothur donna sang et couleur de vie.
 18. Le mot "önd" est traduit "souffle" par Auden & Taylor, "esprit" par Boyer, "âme" par Genzmer. La signification originelle de "önd" est souffle, et il a pris le sens d'âme dans les textes chrétiens, plutôt tardivement. Le Önd est, en fait, le Souffle Vital, qui peut se comparer au Prana sanscrit, avec toutes ses connotations magico-ésotériques.
 19. Barraskr veit ec standa,
heitir Yggdrasill,
hár baðmr, ausinn
hvítaauri;
þaðan koma döggvar,
þærs í dala falla,
stendr æ yfir, grœnn,
Urðar brunni.
 19.Un frêne je sais qu’il se trouve il s’appelle Yggdrasill, haut arbre, aspergé de blanche boue de là viennent les rosées qui tombent sur la vallée, il s’élève toujours vert au-dessus de la source d’Urdhr
 19. Dans de nombreuses civilisations, le monde est vu comme construit autour d'un arbre, l'arbre du monde. Cet arbre est appelé, dans la tradition nordique, Yggdrasill = le cheval de Yggr, et Yggr est un des nombreux noms de Odin. Il peut aussi vouloir dire Cheval d'effroi = potence. Boyer traduit "hvítaauri" par "remous blancs" avec une note en bas de page disant que ce pourrait bien être "boue blanche". Genzmer parle de "humidité blanche". Dans la citation de cette strophe donnée par Snorri, Dillmann traduit par "boue blanche". En effet, "hvítaauri" vient de hvíta = blanc, et "aurr" = boue. La source d'Urdhr est la demeure des Nornes. Il est souvent dit ce frêne est un if pour trois raisons. Premièrement, ce frêne est décrit comme un arbre à feuilles persistantes. Deuxièmement, l'Edda en prose dit que quatre cerf mangent ses aiguilles.. Troisièmement, Adam de Brème décrit un if géant qui a été adoré dans le Vieil Uppsal. Remarquez cependant que le Norrois pour "if" est "ýr" et il aurait pu être utilisé ici. Edred Thorson dit de son côté que les Anciens utilisait le kenning "barraskr" pour désigner l'if, terme qui signifie "frêne à aiguilles"...d'où l'équivoque.
 20. Þaðan koma meyiar,
margs vitandi,
þriár, ór þeim sal (sæ)
er und þolli stendr;
Urð héto eina,
aðra Verðandi,
- scáro á scíði -
Sculd ena þriðio;
þær lög lögðo,
þær líf kuro
alda börnom,
ørlög seggia.
 20. De là viennent les jeunes filles
Beaucoup ‘connaissantes’
Trois d’elles la demeure [ou ‘hors de la mer qui’]
s’élève [ou se tient] sous l’arbre ;
Urdh s’appelle l’une,
l’autre Verdhandi,
- - elles entaillaient sur le bois -
Skuld est la troisième.
elles établissaient les lois
elles choisissaient les vies
aux fils des temps
elles énoncent le destin.
20. Les "Urð" signifie "devenu", "Skuld" veut dire "ce qui doit être", "Verðandi" veut dire"devenant". C'est pourquoi on suppose qu'elles représentent respectivement le passé, le futur, et le présent, ce qui permet de les associer à des concepts modernes, plus compréhensibles pour nous, mais qui modifient le sens des noms données au Nornes. Elles décident du "ørlög" des humains comme dit le dernier vers. Les bûches ou les bâtons qu'elles ont gravés sont interprétés habituellement comme des morceaux de bois sur lesquels elles ont gravé des runes. Un autre poème dit explicitement que les runes ont été créées par les "Puissances divines". En considérant ces deux informations ensemble, on peut émettre l'hypothèse que les Nornes décidaient du destin des hommes et des Dieux au moyen de runes (du moins est-ce ainsi que je l'imagine!). Personnellement, moi, Galdar, je crois dans le fait qu'elles sont en quelque sorte éternelles, comme je le dis ici
 21. Þat man hón fólcvíg
fyrst í heimi,
er Gullveigo
geirom studdo
oc í höll Hárs
hána brendo;
þrysvar brendo,
þrysvar borna,
opt, ósialdan;
þó hón enn lifir.
 21. Elle se souvient bien
De la première guerre dans le monde,
Quand Gullveig était fichée à la pointe des lances
Et dans la demeure Hár, elle fut brûlée.
Trois fois brûlée, trois fois née à nouveau,
Bien elle-même, elle vit toujours.
 21. "Elle" est ici la völva qui parle certainement d'elle-même de cette façon. Gullveig veut dire "Pouvoir de l'or". Elle est la cause de la guerre entre les Ases et les Vanes. Elle est de la race des Vanes, et elle rend visite aux Ases. Ces derniers la brûlent trois fois, mais elle est trois fois née à nouveau. La guerre commence à cause de ces mauvais traitements infligés à Gullveig.
 22. Heiði hana héto,
hvars er til húsa kom,
völo velspá,
(völva bien-prophétisante)
vitti hon ganda;
(habile elle baguette-magique)
seið hon, hvars hon kunni,
(seidr elle, qui toujours elle connaît)
seið hon hug leikinn,
(seidr elle signification était habile)
æ var hón angan
(toujours était elle délice)
illrar brúðar.
(des mauvaises fiancées)
 22. Ils l'appellent Heidr quand elle visite leurs maisons,
Une völva aux bonnes prophéties, sage en charmes.
Façonneuse d'incantations, connaisseuse en magie.
Par les mauvaises femmes toujours bien accueillie.
 22. Je suppose que la völva parle encore d'elle-même: Heidr veut dire "Brillante" ce qui peut évoquer Freya mais Genzmer signale que Heidr est un nom classique des völva. (note de traduction: les traducteurs gardent habituellement la forme "Heidi" mais un Islandais m'a fait remarquer que Heidi est l'accusatif de Heidr). Pratiquer le "spá" est le travail du devineresses, cela revient à ce qu'on appelle "voyager" dans le chamanisme moderne. Le mot veut dire "prophétiser". Il est évidemment surprenant qu'elle dise d'elle-même qu'elle est toujours bien accueillie par les mauvaises femmes, je m'attendrais plutôt à ce qu'elle déclare qu'elle est toujours bien accueillie par les femmes instruites (les "sages-femmes"). En pensant à l'origine du mot anglais "witch" qui vient de "wise" = sage, on peut imaginer que le texte original a subi une christianisation, et que la version première du poème disait que Heidr est toujours bien accueillie par les sages femmes.
http://talismans.e-monsite.com/pages/voluspa-propheties-de-la-voyante-1.html


VÖLUSPA

" Prophéties de la Voyante"

http://talismans.e-monsite.com/pages/paroles-sacrees-voluspa-2.html


SUITE

23. Þá gengo regin öll
á röcstóla,
ginnheilög goð,
oc um þat gættuz,
hvárt scyldo æsir
afráð gialda
eða scyldo goðin öll
gildi eiga.
 23. Les Dieux se rendirent en leur salle de jugement,
S'assirent en conseil pour décider si
Les Ases paieraient tribut
Ou tous les Dieux devraient recevoir une offrande.
 23. Les Ases discutent eux pour décider s'ils accepteront pour payer un tribut pour leur mauvaise conduite vers Gullveig. Payer un tribut (appelé wergeld) pour effacer une querelle est une procédure habituelle dans le monde nordique ancien.
 24. Fleygði Óðinn
oc í fólc um scaut,
þat var enn fólcvíg
fyrst í heimi;
brotinn var borðveggr
borgar ása,
knátto vanir vígspá
völlo sporna.
 24. Odin a lancé sa lance à l'armée,
Dans la première bataille du monde;
Brisée fut l'enceinte
De la forteresse des dieux,
Champ libre laissé aux Vanes vainqueurs,
Rompu le rempart
De la forteresse des Dieux.
 24. Cet acte annonce le début de la bataille. Il est attesté par une saga qui décrit un guerrier qui lance sa lance au-dessus du premier rang de ses ennemis ce qui annonce le début de la bataille. Les Vanes a gagné la guerre, comme le disent les derniers quatre vers, et ceci est confirmé par l'Edda en prose de Snorri.
 25. Þá gengo regin öll
á röcstóla,
ginnheilog goð,
oc um þat gættuz,
hverir hefði lopt alt
lævi blandit
eða ætt iötuns
Óðs mey gefna.
 25. Les dieux se rendirent en leur salle de jugement,
S'assirent en conseil pour découvrir qui
Empuanti l'air de pourriture
Et offert la femme d'Óðr aux géants.
 25. La femme d'Odr est Freya. Aucun détail sur cette guerre n'est connu par ailleurs. Il donc difficile de comprendre à quels mythes les s. 25 et 26 se rapportent. Il existe un mythe selon lequel les Ases ont promis Freya à un Géant s'il construisait en moins de trois jours un mur protégeant la demeure des Dieux, Asgard. Il est possible que cet épisode ait eu lieu pendant la guerre contre les Vanes (pure hypothèse de ma part)..
 26. Þórr einn þar vá,
þrunginn móði
hann sialdan sitr
er hann slíct um
fregn;
á genguz eiðar,
orð oc sœri,
mál öl meginlig,
er á meðal fóro.
 26. Seul Þórr se battit, gonflé de colère,
- Il reste rarement tranquille quand il entend de telles choses -
Oubliées les promesses, brisés serments et vœux,
Solennels accords entre eux jurés.
 26. Þórr est la façon d'écrire Thor en Norois. Il est connu pour lutter contre les Géants avec son marteau, et non pas pour être le seul à combattre les Vanes. Ces vers sont donc la seule allusion que nous ayons sur ce sujet. Thor était plus connu des gens simples que ne l'était son père Odin et, encore de nos jours, les bandes dessinées montrent une jeune brute blonde nommée Thor. Son rôle est beaucoup plus complexe que cela dans les mythes nordiques. Par exemple, son marteau est aussi un outil sacré qui consacre ce qu'il touche, y compris les jeunes mariés. De même, dans une mythologie parallèle, l'équivalent Lituanien de Thor, Perkunas, peut jeter des pierres qui tuent, mais ses pierres sont aussi utilisées pour guérir.
 27. Veit hón Heimdalar
hlióð um fólgit
undir heiðvönom
helgom baðmi;
á sér hón ausaz
aurgom forsi
af veði Valföðrs -
vitoð ér enn, eða hvat?
 27. Elle connaît aussi Heimdal et son cor,
Caché sous l'arbre sacré
Habitué au ciel clair;
Il est éclaboussé par la cascade boueuse
De la promesse de Valföðr.
Désirez-vous en savoir plus?
 28. Ein sat hon úti,
þá er inn aldni kom,
Yggiungr ása,oc í augo leit:
'Hvers fregnit mic,
Hví freistið mín?
alt veit ec, Óðinn,
Hvar þú auga falt:
í inom mæra
Mímis brunni.'
Dreccr miöð Mímir.
Morgin hverian
af veði Valföðrs -
Vitoð ér enn, eða hvat?
  28. Dehors elle était assise seule quand tu es venu,
Terreur des dieux, et que tu as fixé ses yeux.
Que me demandes-tu? Pourquoi persifler?
Óðinn, je sais où ton œil est caché,
Caché dans le puits de Mimir.
Chaque matin, Mimir boit l'hydromel
Dans la promesse de Valföðr.
Désirez-vous en savoir plus?
  28. "Elle" désigne la völva (Auden & Taylor traduisent directement par "je"). Une façon de pratiquer le seidr est appelée "utiseta" cest-à-dire "s'asseoir dehors". La völva dit certainement qu'elle pratiquait cette forme de seidr quand Odin est allé la voir. C'est une pratique solitaire, par opposition à la pratique publique effectuée sur une plate-forme en bois.
  29. Valdi henni Herföðr
hringa oc men,
fécc spjöll spaclig
og spáganda,
sá hon vítt oc um vítt
of verold hveria.
  29. Anneaux de bras et colliers,
Óðinn lui donna
Pour acquérir son savoir, Connaître sa magie,
De plus en plus étendue est sa vie
Dans tous les mondes.
  29. La völva se présente comme un symbole de toutes les grandes magiciennes du passé.
  30. Sá hon valkyrior,
vítt um komnar,
gorvar at ríða
til Goðþióðar;
Sculd helt scildi,
Enn Scögul önnor,
Gunnr, Hildr, Göndul
oc Geirscögul;
nú ero talðar
nönnor Herians,
gorvar at ríða
grund, valkyrior.
  30. Elle a vu les valkyries, arrivant du lointain,
Désireuses de chevaucher vers les Goths [ou les Dieux];
Skuld portait le bouclier, Skogul (en portait) un autre, Gunn, Hild, Gondul et Geirskögul:
Dûment, elle a nommé les servantes du Seigneur des Armées,
Vaillantes cavalières, les Valkyries.
  30. Valkyrie = "Les tués qui-choisit". Je n'utilise pas l'orthographe des dictionnaires ("walkyrie") complètement absurde et en plus obsolète maintenant que le "w" a tendance à se prononcer "oua" comme en Anglais."godthjod" est traduit normalement par "le peuple des Goths". Dans ce contexte, cependant, ce pourrait être plus habile de comprendre qu'on parle des Dieux (vus comme un peuple). Skuld a déjà été appelée une Norne, et ici elle est un Valkyrie. Saxo Grammaticus décrit aussi des jeunes filles divines qui sont des Nornes-Valkyries. Gunnr = Bataille, Hildr = Combat, Göndul = "Celle qui manie le gandr", et le gandr est une sorte de baguette magique, Geirskögul = "kögul" de la lance. Skuld "porte le bouclier"comme le faisaient des jeunes filles germaines sur le champ de bataille, c'est-à-dire qu'elles tenaient le bouclier du guerrier auquel elles étaient associées. C'est une erreur de croire que Skogul porte un autre bouclier (comme par exemple Auden & Taylor le font): Skogul est une autre Valkyrie.
  31. Ec sá Baldri,
blóðgum tívor,
Óðins barni,
ørlög fólgin;
stóð um vaxinn
völlom hærri
miór oc mioc fagr
mistilteinn.
  31. J'ai vu Baldr, le Dieu ensanglanté, le fils d'Óðin,
Son destin encore au repos;
Grande, élevée au-dessus de la plaine, une plante grandissait,
Merveilleusement mince, le gui.
  31. Baldr est tué par une flèche faite de bois de gui.
  32. Varð af þeim meiði,
er mær sýndiz,
harmflaug hættlig,
Höðr nam scióta.
Baldurs bróðir var
of borinn snemma,
sá nam, Óðins sonr,
einnættr vega.
 32. De ce buisson, aussi mince fut-il, vint, lancé par Hödr,
Le trait fatal qui a abattu le dieu;
Le frère de Baldr est bientôt né,
Bien qu'âgé d'une seule nuit,
Il a tué, le fils d'Óðinn.
  32. Baldr, Hödr, et Vali sont tous des fils d'Óðinn. Hödr est aveugle et tue Baldr poussé par la sournoiserie de Loki. Vali qui est âgé d'une nuit vengera Baldr en tuant Hödr. Dans cette civilisation, l'assassin factuel est aussi coupable que l'instigateur du crime, Loki. Ici, Vali est appelé "frère de Baldr" et "fils d'Óðinn". Comme vous le constatez, j'accepte la version de Snorri qui dit que Hödr a été poussé par la ruse de Loki à tuer Baldr, donc que Loki est également coupable. Certains refusent cette version, mais cela rend la strophe 34 ci-dessous presque incompréhensible.
 33. Þó hann æva hendr
né höfuð kembdi,
áðr á bál um bar
Baldrs andscota;
Enn Frigg um grét
í Fensölum
vá Valhallar -
Vitoð ér enn, eða hvat?
  33. Il ne s'est pas lavé les cheveux, ni peigné,
Tant que celui qui a tiré sur Baldr n'a pas été porté au feu;
Mais Frigg pleurait dans Fensalir
Le malheur de Valhöll.
Désirez-vous en savoir plus?
  33. Je ne comprends pas qui est "Il". Valhöll = "Des tués la demeure", est le fameux Valhalla, où se retrouvent les guerriers morts au combat. Le malheur de Valhöll est la mort de Baldr. Frigg est la mère de Baldr, et elle pleure la mort de son fils. Fensalir = "des marais la salle", est le nom de la demeure de Frigg. À cause de ce nom, certains supposent qu'elle a été associée avec un rite de noyade.
  34. Þá kná Vála
vígbönd snúa,
heldr vóro harðgerhöpt, ór þörmom.
  34. Vali savait comment tresser des chaînes,
Fortes et rêches étaient
Les liens faits de boyau tendu.
  34.Loki sera puni de son crime en étant enchaîné avec les liens faits des intestins de son fils.
  35. Hapt sá hon liggia
undir hvera lundi,
lægiarns líki
Loca áþeccian;
þar sitr Sigyn,
þeygi um sínom
ver velglýiuð -
Vitoð ér enn, eða hvat?
  35. J'en vois un attaché dans le bosquet près des sources bouillonnantes;
Une forme à l'air rusé, il ressemble à Loki;
Là Sigyn est assise au près de son mari,
Bien qu'elle ne se réjouisse pas de ce qui lui arrive.
Désirez-vous en savoir plus?
  35. hveralundr = le bosquet des sources bouillantes. Ce peut être aussi un nom. Un serpent crache son venin au-dessus du visage de Loki. Sigyn, sa femme, le protège en recueillant le venin dans un pot avant qu'il n'atteigne Loki. Le moins que l'on puisse dire est qu'en effet l'ørlög de Sygin n'est guère enviable!
  36. Á fellr austan
um eiturdala,
söxom oc sverðom:
Slíðr heitir sú.
  36. De l'Est à travers Vallée du Venin,
Coule Slid, un flot d'épées et de saxes.
  36. Slid = Danger. Une saxe est une épée courte très utilisée au temps des Vikings.
  37. Stóð fyr norðan,µ
á Niðavöllom
salr úr gulli
Sindra ættar;
Enn annar stóð
Á Ókólni
biórsalr iötuns,
enn sá Brimir heitir.
  37. Au Nord, dans Nidavellir, se trouve la demeure des parents de Sindri,
Recouverte d'or;
Dans Ókólnir il y a aussi autre demeure,
La salle à bière du géant appelé Brimir.
  37. Nidavellir = Sombre vallée. Sindri = Ne devenant jamais froid. Il est un nain. Ókólnir est la place où les Dieux se rencontrent pour organiser une fête.
  38. Sal sá hon standa
Sólo fiarri
Náströndo á,
norðr horfa dyrr;
féllo eitrdropar
inn um lióra,
sá er undinn salur
orma hryggjom.
 38. Une troisième je vois, que la lumière du soleil n'atteint pas,
Dans Náströnd: les portes font face au nord,
À travers ses prises d'air coulent des gouttes de venin,
Des squelettes de serpents charpentent cette demeure.
  38. Náströnd = Rivage de l'Homme mort
  39. Sá hon þar vaða
þunga strauma
menn meinsvara
oc morðvarga,
oc þannz annars glepr
eyrarúno;
(et ceux autres faisant-choir la bien-aimée)
þar saug Niðhöggr
nái framgengna,
sleit vargr vera -
Vitoð ér enn, eða hvat?
  39. Là pataugent des hommes tourmentés par le flot épais,
Faux témoins, monstres criminels,
Ils ont abusé celles en qui on avait placé sa confiance,
Nidhogg suce le sang du corps des morts,
Le loup les dépèce
Désirez-vous en savoir plus?
  39. "morðvarga = "loups criminels" ou monstres crimminels, où morð désigne qui a commis un crime particulièrement infamant (par exemple, tuer un ennemi sans défense, and vargr = loup, ou monstre. Nidhogg = Amer mâcheur, est le dragon, ou le serpent qui vit dans Hel, la demeure des morts. Le mot "eyrarúna", signifiant "bien-aimée" ou "hôtesse" est composé de eyra = oreille, et rúna = rune ou secret. La bien-aimée est donc celle dont l'oreille reçoit les secrets. Séduire une telle femme est non seulement un adultère mais surtout une trahison grave puisqu'on apprend à l'occasion les secrets de l'homme trahi. Cet aspect n'est pas rendu dans les traductions classiques, qui donnent "séducteurs des bien-aimées".
  40. Austr sat hin aldna
í Iárnviði
oc fœddi þar
Fenris kindir;
(et nourrit ici Fenris parents)
verðr af þeim öllom
einna noccorr
tungls tiúgari
í trollz hami.
  40. A l'Est, une vieille femme est assise, dans la forêt de fer:
Là est élevée la famille de Fenrir,µ
Loups monstrueux, l'un de ceux ci,
Finira par dévorer le soleil.
 40. Cette vieille femme doit être la géante qui a engendré avec Loki le loup Fenrir.
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VÖLUSPA

" Prophéties de la Voyante"


SUITE 2
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41. Fylliz fiörvi
Feigra manna,
rýðr ragna siöt
rauðum dreyra;
svort verða sólscin
of sumor eptir,
veðr öll válynd -
Vitoð ér enn, eða hvat?
 41. Il se goinfre de la chair des hommes promis à la mort,
Il ensanglante le siège des Dieux;
Le soleil brillera d'une couleur noire
Pendant les prochains étés,
Toutes les tempêtes seront affreuses.
Désirez-vous en savoir plus?

41. Eggthér = L'homme de garde l'épée. Fjalarr = Observateur

  42. Sat þar á haugi
Oc sló hörpo
gýgiar hirðir,
glaðr Eggþér;
gól um hánom
í gaglviði
fagrrauðr hani,
sá er Fialarr heitir.
 42. La sentinelle des géants, le joyeux Eggthér,
Est assis sur son monticule et joue de la harpe;
Le coq rouge, appelé Fjalarr,
Hardiment depuis le bois de la Potence.

 43. Gól um ásom
Gullinkambi,
Sa vecr hölða
At Herjaföðrs;
enn annarr gelr
fyr iörð neðan,
sótrauðr hani,
at sölom Heliar.
 43. Gullinkambi chante là où les Ases vivent,
Il réveille les guerriers du Père des Armées:
Un coq rouge comme la suie, appelle aussi
Depuis la demeure de Hel, profondément sous terre.
 43. Gullinkambi = Crête d'or. Hel est la demeure de ceux qui sont morts ailleurs qu'au combat. Hel est aussi le nom de la Déesse qui règne dans Hel.

 44. Geyr Garmr miöc
fyr Gnipahelli,
festr mun slitna,
enn freki renna;
fiölð veit hon frœða,
fram sé ec lengra
um ragna röc,
römm, sigtýva.
 44. Garmr hurle furieusement devant Gnipahellir,
Les liens éclateront, la bête courra:
Je sais de nombreux charmes, loin dans le futur j'aperçois
Le jugement des dieux qui donnent la victoire.
 44. Garmr = Chien, le nom d'un chien géant. Gnipahellir = Roc ouvert, l'ouverture qui conduit à Hel. Le célèbre "ragna röc" écrit maintenant Ragnarok, et célébré par Wagner sous le nom de Crépuscule des Dieux, signifie exactement ragna = des Dieux, röc = jugement, avec une nuance de sagesse, comme nous l'avons vu dans les strophes 6, 9, 24, 25. Donc la traduction de ragna röc par "la destinée amère" qui est classique est aussi très trompeuse parce qu'elles sous-entend une révolte contre ce destin, alors que "le jugement" sous-entend une sorte d'acceptation de leur destin par les Dieux, ce qui est beaucoup plus conforme au comportement germanique antique face à son ørlög: dignité et acceptation. Ces chaînes qui explosent sont les chaînes magiques qui lient Fenrir. Le ragna röc débute quand Fenrir se libère de ses chaînes.

 45. Brœðr muno beriaz
oc at bönum verðaz,
muno systrungar
sifiom spilla;
hart er í heimi,
hórdómr mikill,
sceggöld, scálmöld,
scildir ro klofnir,
vindöld, vargöld,
áðr verold steypiz;
mun engi maðr
öðrom þyrma.
 45. Le frère frappera frère et les deux chuteront,
Les parents abuseront leur descendance;
Le mal sera sur terre, une époque d'adultère,
Epoque de la hache, époque de l'épée,
De boucliers fendus,
Une époque de vent, temps de loups,
Jusqu'à ce que le monde s'effondre sur lui-même;
Nul homme n'aura pitié d'un autre homme.

 46. Leica Míms synir,
(Jouer de Mimir les fils)
enn miötuðr kyndiz
(encore la destiné s'enflamme)
at ino gamla
(à mais vieux) Giallarhorni;
(du Gjallahorn)
hátt blæss Heimdallr,
horn er á lopti,
mælir Óðinn
við Míms höfuð;
 46. Les parents de Mimir peuvent bien gambader,
Le destin fait rage comme un feu sous l'antique Gjallarhorn;
Heimdal souffle bien haut dans son cor,
Óðinn discute avec la tête de Mimir.
 46. Mimir = Penseur. Je suppose que, ici, "Les parents de Mimir" désignent les Géants qui sont censés se réjouir à la venue du Ragnarok.Vieux ou antique qualifie Gjallarhorn et c'est à son signal que le destin commencera à flamber.Gjallarhorn ?=? Large Cor. Mes connaissances en Vieux Norois sont insuffisantes pour en être certain, mais je suggère que Gjallarhorn est une façon de dire Gallarhorn. Alors il voudrait dire "le cor du galdr". Le galdr est un chant ou un hurlement magique associé à la magie nordique. Même si mon hypothèse est linguistiquement absurde, puisque Gjallarhorn est la corne qui appelle le ragna röc, il souffle certainement un son magique.

 47. Scelfr Yggdrasils
ascr standandi,
ymr iþ aldna tré,
enn iötunn losnar;
hræðaz allir
á helvegom,
áðr Surtar þann
sefi of gleypir.
 47. Yggdasil tremble, le grand frêne, gémit le vieux tronc;
Le géant s'est libéré, tout tremble sur le chemin de Hel,
Avant qu'il soit avalé par le parent de Surt.
 47. Le géant est le loup Fenrir. Surt ?=? Noir. Le parent de Surt est le feu."il" est ici Yggdrasil qui sera avalé (= dévoré) par le parent de Surt (= les flammes). Ceci constitue une image scaldique classique.

 48. Hvat er með ásom,
hvat er með álfom?
gnýr allr iötunheimr,
æsir ro á þingi;
stynia dvergar
fyr steindurom,
veggbergs vísir -
Vitoð ér enn, eða hvat?
 48. Qu'en est-il des Ases?
Qu'en est-il des elfes?
Jötunheimr gémit, les Ases sont en conseil
Les nains grognent devant leurs portes de pierre,
Maîtres des falaises.
Désirez-vous en savoir plus?
 48. Les elfes sont une autre sorte de créatures divines dont nous ne connaissons en fait pas grand chose. Iötunheimr est la demeure (= heimr) du iötun (=Géant).

 49. Geyr Garmr miöc
fyr Gnipahelli,
festr mun slitna,
enn freki renna;
fiölð veit hon frœða,
fram sé ec lengra
um ragna röc,
römm, sigtýva.
 49. Garmr hurle furieusement devant Gnipahellir,
Les liens éclateront, la bête courra:
Je sais de nombreux charmes, loin dans le futur j'aperçois

 50. Hrymr ecr austan,
hefiz lind fyrir,
snýz iörmungandr
í iötunmóði;
ormr knýr unnir,
enn ari hlaccar,
slítr nái neffölr,
Naglfar losnar.
 50. De l'Est Hrym arrive, levant bien haut son bouclier;
Jórmungandr se tord de rage
Pris par la frénésie des géants.
Le grand ver fouette les vagues
Niðfölr, l'aigle au bec pâle, picore les morts,
Le bateau Naglfari est libre.
  50. Hrym ?=? fragile, un géant. Jórmungandr est le serpent qui entoure Midgard. L'Edda fait souvent référence au fait qu'un guerrier est saisi de frénésie. Þórr dans bataille est souvent saisi de la "frénésie des Ases". Dans la mythologie celtique, Cuchulain est soumis au même phénomène. Il est classique de dire que le loup, le corbeau, ou l'aigle se goinfrent des cadavres des guerriers morts. Niðfölr ?=? Jaune-gris, Naglfari = Bateau de l'ongle, est un bateau géant fait des ongles des morts.
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VÖLUSPA

" Prophéties de la Voyante"


SUITE ET FIN
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51. Kjóll ferr austan,
koma muno Muspellz
um lög lýðir,
enn Loki stýrir;
fara fífls megir
með freca allir,
þeim er bróðir
Býleiptz í for.
51. Le bateau navigue depuis l'est, à sa barre Loki
Avec les enfants de Muspell,
Progéniture de monstres, alliés du loup,
Tout ceux qui suivent le frère de Býleistr.
 51. Muspell est ce qui symbolise le feu dans les géants, et les enfants de Muspell désigne les géants du feu. Býleistr = le frère de Loki.
 52. Surtr ferr sunnan
með sviga lævi,
scínn af sverði
sól valtíva;
griótbjörg gnata,
enn gífr rata,
troða halir helveg,
enn himinn klofnar.
 52. Surtr arrive du Sud avec le malheur des branches
L'épée de Hel produit le soleil,
Les rochers s'écroulent, les monstres bougent,
Les hommes marchent sur la route de Hel,
Les cieux se fendent en deux.
 52. Surtr = nom du Géant principal du feu. Il y a en Islande un ensemble de cavernes volcaniques appelé Surtshellir, les cavernes de Surt, ce qui suggère que les Géants du feu pourraient bien être liés aux volcans. Le malheur des branches = le feu.
 53. Þá kømr Hlínar
harmr annarr fram,
er Óðinn ferr
við úlf vega,
enn bani Belia
biartr, at Surti;
þá mun Friggiar
falla angan.
 53. Un malheur de plus fond sur Hlin
Quand Óðinn s'avance pour combattre le loup;
Le brillant tueur de Beli combat Surtr;
Maintenant tombe le bien-aimé de Frigg.
 53. Hlin est un autre nom de la femme de Odin, Frigg. Le premier malheur de Frigg est la mort de son fils Baldr, et le nouveau malheur évoqué ici est la mort de son mari, Odin. Beli = Meuglant, un géant qui a été tué par Freyr avec un bois de cerf. Donc le brillant tueur de Beli est Freyr. Le bien-aimé de Frigg est Odin.
 54. Geyr Garmr miöc
fyr Gnipahelli,
festr mun slitna,
enn freki renna;
fiölð veit hon frœða,
fram sé ec lengra
um ragna röc,
römm, sigtýva.
 54. Garmr hurle furieusement devant Gnipahellir,
Les liens éclateront, la bête courra:
Je sais de nombreux charmes, loin dans le futur j'aperçois
Le jugement des dieux qui donnent la victoire.
 55. Þá kømr inn micli
mögr Sigföður,
Víðarr, vega
At valdýri;
Lætr hann megi Hveðrungs
Mund um standa
Hiör til hiarta,
Þá er hefnt föður.
 55. Maintenance arrive le vaillant fils de Sigfödr,
Vidarr, pour tuer le charognard,
Il plonge son épée dans le cœur du fils de Hvedrung,
D'un coup, vengeant son père.
 55. Sigföðr = "De la victoire le père", c'est-à-dire Odin. Celui-ci est désigné par un grand nombre de noms différents qui correspondent au grand nombre de façons dont il manifeste son pouvoir. Nous verrons encore beaucoup d'autres noms de Odin. Le charognard est ici un loup, c'est-à-dire Fenrir qui a tué Odin en 53. Vidarr tue Fenrir dans cette strophe. Hveðrung = Écumant, est un autre nom de Loki. Le loup Fenrir qui tue Odin dans la strophe 53 est le fils de Loki.
 55'. Gínn lopt yfir
(machoires-ouvertes dans l'air en haut)
lindi iarðar,
(ceinture du monde)
gapa ýgs kiaptar
(béent effrayantes les machoires)
orms í hæðom;
(du ver dans les hauteurs)
mun Óðins sonr
(il va d'Odin le fils)
eitri mœta
(le poison rencontrer)
vargs at dauða
(du monstre à la mort)
Víðars niðja.
(de Vidar la famille)
 55 '. Gueule ouverte dans l'air,
La ceinture du monde,
Le ver des hauteurs
Ecarte ses effrayantes mâchoires.
Le fils d'Óðinn rencontrera le poison,
Il tuera le monstre.
 55'. Cette strophe a été déchiffrée tardivement c'est pourquoi elle est appelée 55 '. Puisque je ne suis pas un spécialiste du Norrois, j'en ai fourni une traduction approximative, et Eysteinn Bjornsson (merci Eysteinn !) a corrigé quelques-unes de mes fautes. La version ci-contre est donc avalisée par un spécialiste. La ceinture du monde désigne le serpent qui entoure le monde, Jórmungandr. Puisque Þórr tuera Jórmungandr au ragna röc, le fils de Odin est ici Þórr. L'expression "la mort de la famille de Vidar" désigne le ragna röc: Les Dieux sont la famille de Vidar.
 56. Þá kømr inn mœri
mögr Hlöðyniar,
gengr Óðins sonr
við orm úlf vega,
(pour ver loup combattre)
drepr hann af móði
(frappe il dessus avec rage)
Miðgarðz véor,
(de Midgard le "véor")
Muno halir allir
heimstöð ryðia,
gengr fet nío
Fiörgyniar burr
neppr frá naðri
níðs óqvíðnom.
 56. Maintenant arrive le fils de Hlódyn,
Arrive le fils d'Óðinn,
Le plus violent des guerriers
Pour combattre le serpent;
Il meurtrit dans sa rage le "veor" de Midgard,
Les hommes fuient leurs fermes;
Le fils de Fjörgyn recule de neuf pas
S'enfuit devant le ver sans peur de l'humiliation.
 56. Hlóðyn = Tempêtueuse, la terre, la mère du Dieu Þórr.Odinest le père de Þórr. Fjörgyn = Terre. Les mots serpent et ver tous deux désignent un dragon qui doit être Jórmungandr, finalement tué par Þórr. Nous ne savons pas ce qu'est un "véor". Si cela qualifie Jórmungandr, alors quelque chose comme "ceinture" pourrait être possible. Dans cette seule strophe Þórr est appelé par trois noms différents.
 57. Sól tér sortna,
sígr fold í mar,
hverfa af himni
heiðar stjörnor;
geisar eimi
við aldrnara,
leicr hár hiti
við himin siálfan.
 57. La terre s'enfonce dans la mer,
Le soleil tourne au noir,
Les brillantes étoiles sont secouées dans le ciel,
Les fumées ragent, les flammes grondent,
Le ciel est ravagé par le feu.
 58. Geyr Garmr miöc
fyr Gnipahelli,
festr mun slitna,
enn freki renna;
fiölð veit hon frœða,
fram sé ec lengra
um ragna röc,
römm, sigtýva.
 58. Garmr hurle furieusement devant Gnipahellir,
Les liens éclateront, la bête courra:
Je sais de nombreux charmes, loin dans le futur j'aperçois
Le jugement des dieux qui donnent la victoire.
 59. Sér hon upp koma
öðro sinni
iörð ór ægi
iðiagrœna;
falla fossar,
flýgr örn yfir,
sá er á fialli
fisca veiðir.
 59. Elle voit la terre sortant une deuxième fois
Hors de l'écume, belle et verte;
Courent les cascades, et au-dessus d'elles, haut dans les montagnes, vole l'aigle chassant le poisson.
 59. "elle" désigne la völva.
 60. Finnaz æsir
á Iðavelli
og um moldþinur
mátcan, dœma
oc minnaz þar
á megindóma
oc á Fimbultýs
fornar rúnar.
 60. À Ídavöllr les Ases se rencontrent:
Ils parlent du puissant ver de Midgard,
Ils se souviennent d'événements anciens,
Et des anciennes runes de Fimbultýr.
60. Comme je l'ai déjà a dit en 7, Íðavöllr est une vallée où les Ases rencontrent. Le ver de Midgard est le serpent Jórmungandr qui entoure Midgard. Fimbultýr = Dieu Suprême. Un autre poème dit que les runes ont été créées par les "Puissances" et gravées par Óðinn. Puisqu'il est celui qui a acquis le pouvoir magique des runes, le Dieu Suprême doit être ici Óðinn.
61. Þar muno eptir
undrsamligar
Gullnar töflor
í grasi finnaz,
þærs í árdaga
áttar höfðo.
 61. De merveilleux trésors d'or seront encore trouvés dans l'herbe verte,
Des trésors autrefois possédés.
 62. Muno ósánir
Acrar vaxa,
böls mun allz batna,
Baldr mun koma;
búa þeir Höðr oc Baldr
Hroptz sigtóptir,
Vel valtívar -
Vitoð ér enn, eða hvat?
 62. Des champs sans semence porteront récolte,
Le mal sera réparé, Baldr reviendra;
Baldr et Hödr logeront dans la salle de la victoire de Hropt,
Seigneur de la demeure des guerriers morts.
Désirez-vous en savoir plus?
 62. Comme nous l'avons dit, Hroptr est un autre nom de Odin dont la demeure, Valhöll, rassemble les guerriers morts au combat.
 63. Þá kná Hœnir
(Après connaît Hœnir)
hlautvið kiósa
(bois-destin choisir)
oc byrir byggja
brœðra tveggja
vindheim víðan -
Vitoð ér enn, eða hvat?
 63. Hœnir sait comment choisir la baguette de destin,
Et les fils de deux frères ont installé leur demeure dans la grande salle des vents.
Désirez-vous en savoir plus?
 63. Hœnir est un des douze Ases. Il jouent un rôle symétrique à celui de Njörð dans la fin de la guerre entre les Ases et les Vanes: il a été donné en otage au Vanes par les Ases. Les magiciens nordiques utilisent souvent une baguette, et beaucoup d'opérations magiques sont exécutées en gravant des Runes sur un bâton de bois. Les deux frères peuvent être Baldr et Hödr. Une chose est sûre: ces vers disent que l'humanité future aura son habitation dans la demeure des vents, le ciel.
 64. Sal sér hon standa,
sólo fegra,
gulli þacþanµ
á Gimlé;
þar scolo dyggvar
dróttir byggja
oc um aldrdaga
ynðis nióta.
 64. Elle voit une demeure, plus brillante que lumière du soleil, au toit de chaume d'or dans Gimlé:
Ici, à jamais, demeurera dans la joie la troupe des fidèles.
 64. Gimlé =Protégé du feu. Un autre texte dit que Gimlé se trouve dans le ciel. La seconde moitié de cette strophe et la strophe 65 sentent fortement le christianisme et sont souvent vues comme des adjonctions tardives.
 65. Þá kømr inn ríki
at regindómi,
öflugr, ofan,
sá er öllo ræðr.
 65. Maintenant chevauche vers le bas, pour le dernier règlement, le magnifique, le puissant, le Souverain.
 65. Ce tout-puissant souverain est le Christ si la strophe est d'origine chrétienne, mais il peut être aussi Fimbultýr, rencontré dans la strophe 60.
 66. Þar kømr inn dimmi
dreki fliúgandi,
naðr fránn, neðan
frá Niðafiöllom;
berr sér í fiöðrom -
flýgr völl yfir -
Niðhöggr, nái -
Nú mun hon søcqvaz.
 66. Arrive en volant un dragon sombre, serpent brillant, venant d'en bas depuis Nidafjöll,
Il porte sur ses plumes - planant sur la plaine - des cadavres, Nidhöggr.
Maintenant elle va se faire rare.
 66. Nidafjöll = Montagne sombre où les cadavres sont entreposés. Nidhöggr = Celui qui frappe férocement, est le dragon qui demeure dans Hel. "Elle" est encore la völva qui a fini et va s'en aller.
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