samedi 15 février 2014

Les eaux cosmiques et le feu

Les eaux cosmiques et le feu

Yves Kodratoff

- « Mais alors il doit y avoir un charme dans les eaux vives ?
- Sur que c’est ! Pourquoi donc pas ? » s’exclama Ned avec sincérité.
(Peasant Lore from Gaelic Ireland, D. Deeney, 1900)

Il est grand temps de faire revivre l’antique tradition indo-européenne de l’eau cosmique, ou primordiale, vue comme la matrice du feu. Nous avons pris l’habitude de ne considérer que l’eau de la réalité journalière, celle qui éteint les feux, et nous oublions de penser à la force mystérieuse qui habite les eaux vives, celles qui alimentent nos Vouivres, et que notre tradition rattache au feu. Les restes de tradition germanique conservés dans les pays nordiques décrivent très précisément comment le feu, en faisant fondre le givre qui emplissait le vide de l’univers a créé à la fois lumière, chaleur et vie. Mais on trouve déjà, certes sous la forme plaintive des prières, ces mêmes mythes dans la mythologie védique. On trouve encore, certes sous la forme allusive des contes et des poésies, ces mythes dans la mythologie celtique. Vous allez voir que le ‘feu dans l’eau’ est générateur de vie, de nourriture (symbolisée par le lait et sa productrice, la vache) et même, clairement dans la mythologie germanique, il est créateur des Dieux.
Dans les Védas, le dieu Agni est présenté comme celui de la chaleur et du feu. Il est remarquable que sa louange générale se trouve au tout début du Rig Véda (traduction Griffith, 1896) livre 1, hymne 1. L’hymne 93 est cependant un peu plus précis (strophes 2-3):
Aussitôt qu’il eut jailli à la vie, Agni fut présenté à Mātariśvan (le soleil) en haut du firmament.
Quand on l’éleva, par sa puissance et sa majesté, sa furieuse splendeur fit luire les cieux et la terre.
Ses flammes ne vieillissent pas en grandissant, traits de lumière beaux à voir sur son beau visage, elles brillent d’un splendide éclat.
Et ce dieu de la chaleur et du feu est explicitement présenté comme un ‘enfant des eaux’ par la première strophe du même hymne 93:
À toi, Agni, je présente un nouvel hymne plus puissant …toi qui, enfant des eaux, porteur de richesses …
De même, l’hymne 23 du livre 1, strophe 20 dit :
Au sein des Eaux – ainsi m’a dit Soma (Note 1) – habitent tous les baumes de guérison,
Et Agni, lui qui les bénit tous. Les eaux contiennent tous les remèdes.
Cette idée se retrouve, plus ou moins clairement exprimée dans d’autres textes védiques.
Une autre propriété d’Agni est d’être le dépositaire de la richesse représentée par le lait, comme le dit 1.23.16 :
O Agni, riche en lait, viens et recouvre moi ta splendeur.
Enfin, il est le protecteur du foyer et des vaches comme le dit le livre 1.31.12 (trad. H. Oldenberg, 1897) :
Toi, Oh Agni, tu protèges avec tes gardiens, Oh dieu, notre généreux donateur et nous-mêmes Oh vénérable! Tu es le protecteur de la famille et des vaches, sans cesse surveillées par ta loi.

Vous voyez donc que dans les Védas, le dieu Agni, le feu, est né des eaux primales et il est « riche en lait » ainsi que doit l’être le protecteur des vaches.

Ces idées se retrouvent presque à l’identique dans la tradition germanique. Nous en connaissons de nombreux détails principalement parce que deux historiens presque contemporains entre eux, nous ont laissé des descriptions assez précises des mythes germaniques du nord. L’un, Saxo Grammaticus ( ?-1216), a donné une version où il dénigre systématiquement ces mythes. L’autre, Snorri Sturluson (1178-1241) en a, inversement, laissé une version plutôt admirative. Entre ces deux vues aux préjugés opposés, les poésies et les légendes qui nous restent perdent, au moins partiellement, leur ambiguïté inhérente.
La cosmogonie germanique décrit le début de l’univers comme un chaos primitif , désorganisé mais comprenant quatre composants primaires. Il sont : Muspell, l’immensément chaud, Niflhel, l’immensément froid, Ginnunga-gap, l’immense vide. Enfin, ce chaos contient aussi de l’eau appelée ‘rivières’ dans un des textes anciens pour exprimer le fait qu’elle n’est pas liée à un lieu particulier de Ginnungagap. Quand l’eau se rapproche de Muspell, une partie de l’eau est transformée en vapeur et quand cette vapeur se rapproche de Niflhel, elle est transformée en givre qui se dépose couche par couche dans Ginnungagap qui s’emplit lentement de couches de givre superposées. Nous sommes ainsi dans un univers soit glacé soit brûlant, et sans vie. La vie va prendre existence du fait qu’une flammèche de Niflhel, par une sorte de prodige, s’échappe et retombe à la surface du givre. Alors, tout ‘naturellement’, la lumière s’échappe de cette eau rapide et reste à la surface du givre. La mythologie nordique donne le nom de Audhumla à cette vache cosmique primitive. Comme vous le voyez, elle est l’équivalent germanique du dieu védique Agni. L’eau vive, après avoir libéré la lumière, continue à s’enfoncer dans les couches de givre où elle va créer le premier géant, qui va se nourrir de son lait. Audhumla, pour sa part, se nourrit en léchant le givre glacé qu’elle fait fondre comme le fait la lumière. Quand elle a fait fondre suffisamment de givre, elle libère de sa gange givrée la première créature divine, le grand-père des dieux germaniques.
Ainsi, l’eau vive libère d’abord la lumière, puis crée les le premier géant et le premier dieu. La lumière nourrit le géant puis libère le premier dieu.

La mythologie celtique ne nous a jamais été expliquée avec tous les détails que Sturluson et Grammaticus ont pu nous fournir sur la germanique. C’est pourquoi nous devons interpréter des mythes, des poésies et des légendes afin de faire ressortir une vérité à laquelle ils font allusion.
L’importance du lait chez les celtes n’est certainement pas aussi obsessionnelle que chez les indous mais il en reste des traces. Par exemple, plusieurs épopées majeures racontent un raid effectué sur des vaches ( en irlandais) comme en témoigne le fameux Táin  Cúalnge. Un autre exemple, moins célèbre, est celui des paroles d’un « Chant du peuple de beauté (les fées)» gallois, Cân y Tylwyth Teg, dont l’air n’a jamais pu être retenu par un humain mais dont les paroles ont été précieusement notées. L’un de ses vers déclare « O blith marwolion byd », c’est à dire, mot à mot « Oh ! ‘riche en lait’, des morts le monde ». Dans la mesure où nous savons par ailleurs que le monde des morts est un pays d’abondance, cette façon naïve et féerique de s’exprimer en dit plus qu’un long traité sur l’importance du lait dans la civilisation celte primitive.
Plusieurs poèmes médiévaux exposent le pouvoir explosif de la source Segais qui est certainement l’image celte d’un ‘feu’ caché au sein des eaux. Il est frappant de constater l’importance de ce mythe. On le retrouve, sous diverses formes, dans pas moins de quatre ‘chroniques’ (Dindshenchas – dind = colline [ou place-forte] ; senchas = ancienne histoire [ou conte, légende] ) et dans plusieurs contes et poésies.
En Irlande Nechtán fils de Nama (Note 2), un des Túatha Dé Danann, possède un puits sacré : seuls trois échansons Flesc, Lam et Luam peuvent y puiser. Si un imprudent y touche, ses yeux éclatent sous la force de l’eau. La puissance explosive des ces eaux va même se manifester sur la déesse Boand. Le premier poème sur Boand (orthographiée Bóand en Irlandais dans le livre 3 du Dindshenchas versifié) dit :
Alors qu’elle tournait trois fois,
Insouciante, autour du puits,
Trois vagues en jaillirent,
Et apportèrent sa mort à Boand.
Chaque vague s’attaqua à un de ses membres,
Elles défigurèrent la femme faite de douces fleurs;
Une vague s’en prit à sa jambe, une vague à son œil,
La troisième vague lui fit exploser un bras.
Cette déesse possède une histoire qui la lie aux mythes celtes les plus primitifs. En effet, le tout début de la «Courtise d’Etain » nous apprend que le Dagda a voulu ‘approcher charnellement’ la femme d’Elcmar qui semble bien être Ogma et c’est ainsi que le Dagda conçut avec elle Oengus. Cette sorte de relation adultère n’est peut être pas si étonnante si l’on considère qu’une seule déesse se trouve parmi les dieux primitifs celtes (Note 3). Il est donc nécessaire qu’ils la ‘partagent’ d’une façon ou d’une autre. C’est un exemple de ce type de partage de nature divine que nous fournit la Courtise d’Etain, et non un banal adultère. Nous voyons ici la façon dont les celtes ont vu le moment où le feu s’est libéré de l’eau. Cette libération prend la forme des bénéfiques Agni et Audhumla dans les mythes védiques et germaniques, alors qu’elle semble se faire dans la violence dans les mythes celtiques.
Un lien explicite entre ces trois traditions nous est encore fourni par les deux versions du poème sur Boand dans le volume 3 du Dindshenchas versifié. La déesse et la rivière Boand reçoivent de nombreux qualificatifs (voyez l’appendice). Parmi ceux-ci, elle est qualifiée de « vache et blanche (ou lustrée) » tout comme l’une des vaches du conte gallois rapporté ci-dessous. Cette vache produit un lait extraordinaire, comme le lait des vaches du védique Agni et celui de la germanique Audhumla. Ainsi, le jeu de mot du poème irlandais, tel que je l’explique dans l’appendice, qui à lui seul paraît tiré par les cheveux, prend sa valeur du fait de ses liens avec des mythes indo-européens décrits plus clairement.

Voici maintenant quatre exemples de mythes celtiques qui font plus ou moins explicitement allusion à la sortie du ‘feu de l’eau’.
Le plus allusif est le mythe irlandais des Aventures de Eochaid Mugmedon. Il nous enseigne que le souveraineté ce trouve dans la « gardienne des eaux». Fergus va chercher de l’eau dans un puits gardé par une vieille femme. Elle réclame un baiser pour prix de son eau. Fergus accepte et ajoute même qu’il accepte de lui faire l’amour. Elle devient une belle jeune femme et quand Fergus s’en étonne, elle lui répond :
« Je suis la souveraineté d’Erin, Oh roi de Tara, je suis la souveraineté … »
Les mythes relatifs aux apparitions d’ondines peuvent aussi être rattachés à celui de la sortie du feu de l’eau. En effet, ces ondines sont plutôt lumineuses que sombres. Pensez par exemple à la Korrigan qui va exécuter le seigneur Nann, comme le rapportent le Barzaz Breiz de la Villemarqué. Elle y est décrite comme « peignant ses longs cheveux blonds d’un peigne d’or » ce qui la rend certainement même brillante. Le conte le plus explicite sur ce sujet est celui de la belle gwraig (femme) galloise rapporté par Sikes:
Il désirait tant regarder cette beauté merveilleuse que le fermier se rendit au bord du lac dans la nuit du premier de l’an. Là, il attendit en silence l’arrivée de la première heure du jour de l’an. Ce moment arriva et, avec lui, apparut vraiment la jeune fille dans sa barque d’or, ramant doucement sur le lac. Fasciné, il resta des heures à la contempler jusqu’à ce que les étoiles pâlissent dans le ciel, que la lune se cache derrière les rochers, et qu’approche le crépuscule froid et gris. Alors la charmante gwraig commença à disparaître de sa vue.
Un autre conte, rapporté par Lady Wilde, nous ramène à Agni et au feu en faisant sortir de la mer trois vaches, dont une rouge (symbole du feu).
Aux anciens temps, surgit de la mer une belle Berooch, une sirène, et tous ceux de la côte ouest de l’Erin (Eire, l’Irlande) se réunirent autour d’elle pour admirer sa beauté. Elle leur annonça alors qu’un grand esprit l’avait envoyée pour annoncer en Irlande la venue de trois vaches sacrées - Bo-Finn, Bo-Ruadh, and Bo-Dhu – vache-blanche, vache-rouge et vache-noire … Elle resta quelque temps chez eux. Puis, un jour elle désira retourner en son pays. La veille du premier de mai, une foule se réunit pour l’accompagner vers la plage où elle les quitta en leur annonçant qu’ils devaient rester pour attendre l’arrivée des trois vaches. Elle plongea alors dans la mer et nul ne l’a revue depuis.
À l’aube, le peuple entier d’Irlande était réuni à cet endroit, massé sur les hautes falaises et les rochers. Ils n’ont pas attendu en vain. Exactement à midi, les vagues s’agitèrent puissamment et trois vaches – une blanche, une rouge et une noire – sortirent de la mer, belles à voir avec leur peau lisse et luisante, leurs grands yeux doux, et leur cornes courbes et blanches comme de l’ivoire.
   
Enfin, cet autre mythe de la souveraineté, tiré de la Version irlandaise de la Historia Britonum de Nennius, prend une forme encore plus clairement ignée en faisant sortir de l’eau les deux dragons, le rouge et le blanc, qui vont se disputer la souveraineté du Pays de Galles.
Souvenez-vous que Merlin enfant a été choisi par les druides pour être l’enfant « sans père ni mère » dont le sang doit être répandu sur le fort imprenable que Gortirgen veut construire. Merlin ne se laisse pas faire et veut prouver l’incompétence des druides à Gortirgen.
-        « Demande à tes druides ce qui est caché sous le sol devant nous. » Les druides dirent :
-        « Nous ne savons pas. »
-        « Je sais » dit-il « qu’il y a un lac d’eau ici. Que son fond soit examiné et creusé. » On creusa et on y trouva le lac.
-        « Vous, prophètes du roi, » dit l’enfant « dites ce qui est au milieu du lac ? »
-        « Nous ne savons pas, » dirent-ils.
-        « Je sais » dit-il « qu’il y a deux grands coffres de bois face à face et qu’on les amène ici. »
On amène ces coffres, on les ouvre et ils contiennent deux ‘vers’ (c'est-à-dire des dragons) un rouge et un blanc, dont vous savez qu’ils vont se battre pour décider de la souveraineté du pays de Galles. Ces dragons, tous deux symboles du feu, sont enfermés dans des coffres dans l’eau et leur libération conduit à un choix final dans l’attribution de la souveraineté.
En fin de compte, nous avons trouvé un assez grand nombre de traces celtiques du fait que la libération du feu qui était enfermé dans l’eau conduise à des événements importants. La dimension cosmique des versions védiques et germaniques est cependant ici oubliée. Elle se transforme soit en une dimension féminine et magique, soit en une dimension d’attribution de la royauté.

Dans la mythologie védique, un Dieu, Agni, sort des eaux et distribue l’abondance aux humains par l’intermédiaire du lait. Chez les Germains, la lumière est libérée sous forme d’une une vache, Audhumla, qui va nourrir les premiers êtres vivants et libérer à son tour les Dieux. Chez les Celtes, elle est libérée sous forme de femmes magiques, de vaches magiques ou encore en tant que représentante de l’idée de royauté. Des Indous aux Celtes, la distance entre les Dieux et les humains s’agrandit, mais toujours reste cette idée que, lorsque le feu se libère de l’eau, prend place un événement porteur d’un changement majeur dans la destinée des humains.


Pour conclure, ce mystère de l’eau-feu et du feu-eau n’est pas uniquement mythologique. On retrouve cette même idée exprimée explicitement dans l’alchimie – qui pourtant n’est pas souvent explicite. Comme le dit si bien Jung : « Bien que ces deux éléments [l’eau et le feu] soient antagonistes et même constituent une paire typique d’opposés, ils sont cependant uns et mêmes selon le témoignage des auteurs. » Il illustre son affirmation par de nombreuses citations tirées des œuvres d’alchimistes célèbres. Fulcanelli en donne une version simple en déclarant : « La réaction mutuelle de ces deux éléments premiers, eau et feu, fournit le mercure commun, de qualité mixte, lequel est cette eau ignée ou ce feu aqueux qui nous sert de dissolvant pour la préparation du mercure philosophique. » Ce dernier sublime les qualités du mercure ordinaire : « Ce produit … n’est autre que le mercure des philosophes de nature et de qualité double, en partie volatil et spirituel, en partie fixe et matériel, lequel suffit pour commencer, achever et multiplier l’ouvrage. »
 (avec un grand merci à
Talork pour ses indications sur les celtes et à
Yvan pour celles sur les védas)

(Note 1) Le soma est la boisson sacrée qui donne immortalité et connaissance aux Dieux. La strophe précédente fait allusion à la création du soma (livre 1, hymne 23, strophe 19)
Amrit est dans les eaux, et dans les eaux est le baume de guérison. Soyez prompts, oh ! Dieux, à le louer.
Amrit est le nom de l’eau bouillonnante et lactée à partir de laquelle la boisson d’immortalité, le soma, sera faite. On comprend pourquoi, dans la strophe 20, le soma a pu informer les Dieux du fait que les remèdes et Agni habitent les eaux.
(Note 2 - TalorkLe nom de Nechtan a été de longue date rapproché du latin Neptūnus, lié lui aussi aux eaux et au feu, il est Nechton chez les Pictes, Nwython en Galles, Neizhan en Bretagne armoricaine (dieu (« saint ») des fontaines).
(Note 3) Voici ce qu’en dit C.-J. Guyonvarc’h, p. 45 de son Magie, médecine et divination chez les Celtes, Payot 1997. « Eithne ou Boand … est la seule divinité féminine du panthéon celtique : épouse, mère, fille et sœur de tous les dieux. »



Références
Védas :
Le Rig Veda, traductions citées dans le texte.

Textes sur la tradition celtique :
C.-J. Guyonvarc’h, cité dans la note 3.
Wirt Sikes, (Welsh) British Goblins, Chapitre VII, Fairy Music, 1880.
Hersart de la Villemarqué, Barzaz Breiz, 1841.
Lady Wilde, Ancient Legends, Mystic Charms, and Superstitions of Ireland, 1887.
The Metrical Dindshenchas, édition en Irlandais et traduction anglaise, http : http://celt.ucc.ie/publishd.html
 (Pour le sens des mots) Dictionary of the Irish Language based mainly on Old and Middle Irish Materials, E. G. Quin (Eds.), 1953, édition de 2007.

Textes sur la tradition nordique :
Snorri Sturluson, L’Edda, (Gylfaginning et première moitié du Skáldskaparmál), trad. François-Xavier Dillmann, Gallimard (1991). La seconde moitié du Skáldskaparmál (qui commence avec le poème ‘Hymne à Thórr’) et le Háttatal ne sont pas traduits en Français.
Saxo Grammaticus, La Geste des Danois (livres I-IX), trad. Jean-Pierre Troadec, Gallimard (1995).

Textes sur l’alchimie :
Carl Gustav Jung, Psychology and Alchemy, Routledge 1953, Chap. 3, section 336.
Fulcanelli, Les Demeures philosophales, 1930, (réédition Pauvert, 1964). T. I, p. 248 et 414.

Appendice : les qualificatifs de Bóand dans les deux poèmes du volume 3 des Dindshenchas versifiés

(Bóand 1)
Bóand bán = Bóand blanche (ou brillante)
Bóand bó ocus find = Bóand vache et blanche, do chomrac in dá ríg-lind, = de la rencontre de deux eaux royales. Les minuscules sont dans le texte original.
(Bóand 2)
Bóinde báin-gile = Bóand blanche-brillante
Bóand bán-bronnat = Bóand (au) blanc-ventre
Bóand  ocus find, = Bóand vache et blanche, do chomrac in dá ríg-lind = de la rencontre de deux eaux royales. Les italiques et les minuscules sont dans le texte original.
Bóand mín = Bóand gentille

Pour le sens de ‘find’ : le texte irlandais contient une astuce intraduisible que je vais expliquer. D’une part, Bóand 2 décrit deux rivières appelées Find et une rivière appelée Bó Gúairi (les majuscules sont dans le texte). Ces deux rivières se rejoignent pour former la Bóand qui est donc  et find (les minuscules sont dans les textes de Bóand 1 et 2). Avec des majuscules, comme on le rend dans les traductions, ceci désigne la confluence des deux rivières comme le rappelle le vers suivant (elle est née de la rencontre de deux eaux royales). Mais, justement, le poète a dû vouloir expliquer son astuce en laissant en minuscules les mots  et find. Le mot find n’existe pas en tant que tel en Vieil Irlandais, il est toujours dérivé de finn (la majorité des exemples donnés par le dictionnaire irlandais cité présentent find et non finn) qui signifie ‘blanc, lustré’.


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