mercredi 18 septembre 2013

Imrā, le dieu des Gaulois

Imrā, le dieu des Gaulois

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Imrā, le dieu des Gulois
Je n’utilise pas le mot kāfir ‘mécréant, païen’ donné par les
Musulmans à un peuple montagnard qui vivait sur le versant sud de
l’Hindukuš oriental et du Karakoram, qui parlait une « troisième »
branche de l’Aryen1
, avant que l’Islam passe par là (en hiver 1895-
1896), « et la terreur, le massacre »
2
. Je propose les Gulois pour
désigner « ce peuple libre », « ces vieux païens impénitents » qui
considéraient et leur pays et le monde comme une vallée, gul.
1. Imrā, le dieu souverain
Dans le panthéon des Gulois, *Yuma se trouve comme le dieu
souverain qui est fréquemment appelé rā/ rō
3
: kati Imrō (Imřō ?) est
appelé dans les hymnes, Yum(en), Mřōr –le nom Imrō est encore
utilisé par les musulmans kati pour Dieu, xudā (pers. x
v
adāy ‘seigneur,
roi’) ; prasun Yumr est également appelé Māra ; aṣkun Imr ; waigal.
Yamr i. Imbró est adoré par la population mixte kalaṣá-kati d’Urtsun,
et correspond à Dezau des habitants de Kalaṣum.
Yuma est le dieu créateur. Il correspond à Dezáu des Kalaṣas.4
Le
mot dezáu ‘créateur’ est apparenté à av. daδuš-/ daθuš-
5
‘instaurateur,
créateur’, épithète d’Ahura Mazdā.
2. Imrā, le régulateur du jour et de l’année
Le fameux temple de Yuma dans le village Kušteki6
en Prasun fut
presque entièrement détruit pendant l’islamisation du « Kāfiristān »
‘pays païen’.7 Ce temple était considéré par les Gulois non seulement
1
. On connaît cinq groupes de langues qui appartiennent à cette branche : kati ou
kata-veri ; Aṣkun ; Wasi-veri ou Prasun ; Kalaṣa-alā ou Waigali ; Tregāmī.
2
. G. Dumézil, 1994, 220.
3
. *Yuma- ≈ véd. yáma-, av. yima-; rā/ rō ≈ véd. rāján- ‘roi’, av. rāzan-. Cf. Skt.
Yama-rāja- ‘Yama le roi’, yama-r jya- ‘le royaume de Yama’.
4
. gen. Dezálas, Birir Dezāu, Urtsun Dezal, de kal. diz ‘créer’ (kati dez-). Voir
Morgenstierne, Kalasha, 155.
5
. de daδ- ‘instaurer, placer ; créer (matériellement)’.
6
. kati Kṣtöki, prasun Uṣtüi
t, waigali Yamr i-deš ‘village de Yama’ et d’après
Barrington 1960 Imragān. Voir Edelberg 1972, 36.
7
. Il a bien été reconstruit par l’architect Albert Schaefer « on the basis of a
description by Robertson and of photographic material, measurement of the site and le centre de la régulation temporelle du monde8
, mais aussi l’homme
gulois, en offrant des sacrifices dans ce sanctuaire s’échappait du
désordre et désastre du monde (ou, de la furie du démon Mīr Māra)9
. Il
sacrifiait une vache sacrée, le premier jour, Imraga was, du mois Imraga mas (le troisième mois de l’année à Aškungal).10
La tradition perso-aryenne attribue l’institution du Nouvel An au
solstice d’été, le premier jour du mois Fravaṣinąm, à Yima.11
L’institution de six périodes annuelles de l’Ordre (av. yāiryaēibyō
aṣahe ratubyō), c’est-à-dire les six gāhānbārs de l’année, est
également attribuée à Yima. A l’occasion d’un gāhānbār Yima
sacrifiait un bœuf (ou, une vache). Dans une légende parsie, un démon
(probablement, Aŋra Mainyu) demanda sa part du sacrifice à
l’occasion d’un gāhānbār.
12
3.
Les Gulois divisaient une année en 360 jours, marqués par des fêtes
spéciales –dans la vallée de Bašgal, ces fêtes étaient au nombre de
douze, et commençaient par « Giché », le premier jour du nouvel an.13
La tradition perse attribue la division de l’année en 360 jours et 12
mois de 30 jours aux trois premier « rois », c’est-à-dire Haośyaŋha
paraδāta, Taxma Urupi et Yima Xšaēta.14 C’était seulement après
« l’arrivée de la religion » (madan ī dēn) qu’on ajouta 5 jours à
l’année qui correspondent aux 5 Gāθās de Zaraθuštra.
4.
Le récit de la libération du soleil et de la lune, et la mise en orbite
de ces deux planètes du jour et de la nuit par Imrā est la base du
calendrier cultuel des Gulois. On connaît différentes versions de cette
histoire prasun.15 Il s’agit bien de : prendre le soleil et la lune cachés et
gardés par un (ou, des) géant(s) ; mettre le soleil sur son épaule droite
et la lune sur son épaule gauche ; monter sur le cheval doré
information brought home by the German Hindukush and the Danish Central Asian
Expedition.» Edelberg, Scahefer, Lentz, 1959, 515.
8
. Lentz pense que: “The function of the building must have been to serve as a
sun observatory in which the first beam of the rising sun on the winter solstice was to
hit a statue of the god inside of the temple and, thus, to indicate the beginning of the
New Year.” Ibid., 515. V. aussi Lentz, 127, Edelberg, 1972, 52.
9
. V. P. Parkes, 85-.
10 . V. Lentz, 135, Klimburg, 1999, 143.
11
. V. Māh ī fravardīn rōz ī hurdad, 11, Bērōnī, Les Vestiges …, 9:12.
12
. V. Rivāyāt MU I 428-29, Sad-dar (en vers), 94.
13 . V. Robertson, 80 ; Jettmar, 142.
14 . V. Bērōnī, op. cit., 2 :3.
15 . V. Robertson, 67-8, Buddruss, 1974, Snoy, 86-9, Edelberg, 1972, 47-58.

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