samedi 23 février 2013

LES ARBRES SACRÉ


LES ARBRES SACRÉS*
comme attributs des Dieux*1
– 3ème Partie : # 3 / 3 –

http://racines.traditions.free.fr/arbrdic/arbrdic.pdf

Le Hêtre :
Chez les Nordiques , il était consacré à Hertha/ Erda (Héra), déesse de la Terre qui vivait avec sa Cour et ses nombreuses servantes dans un bois de hêtre de l’Île de Rügen
dans la Baltique, et qui était l’une des trois épouses (cf.§ trinêtre in art. Déesses Mères*)
de Wotan*.
Dans la Gaule occupée on trouve un hêtre à feuilles rouges sur le Mont Anis au Puy en
Velay qui, étant consacré à Andrasta (cf. Adrasté in art. Destin*) la Déesse de la
Guerre, servait à l’exécution des condamnés : leur sang coulait sur ses racines et alimentait ainsi la Déesse Mère*.
« Dans les langues celtiques, le hêtre a toujours un rapport avec le mot “lettre”2
lié à l’éloquence ; grâce à cet arbre on communique avec les ancêtres dont les figures
étaient déposées à son pied ; ses fruits nourrissent les animaux domestiques et il est un
gage de longévité et de prospérité. » J.P. Persigout.
En Grèce, le hêtre était, avec la chouette, consacré à Athéna.
À Rome, le hêtre était consacré à Jupiter.
Au Moyen Âge : le vieux mot “fau” recouvre à la fois le fayard/ hêtre mais aussi la
fée, la “bonne dame” et ceci nous remémore un passage d’un interrogatoire de Jeanne
d’Arc : « Elle a ouy dire que les malades vont à l’arbre pour leur esbattre et dit que
c’est un grand arbre nommé “fou” (!), dont vient de (le) Beau May, […] Dit qu’elle a
ouy dire à plusieurs anciens que les fées y reparaient (apparaissaient) et à ouy dire à une
nommée Jeanne, femme du mari de la fille de sa marraine, qu’elle les avaient vues là.
[…] item, qu’elle a ouy dire à son père qu’elle aurait prins révélation à l’arbre et à des
fées. » Amulettes et talismans3
, Bonnemère-Bouteiller, RMN, 1991.
1
*N. B. : Les mots avec astérisques* sont des titres d’articles consultables dans le “Livre CD” de
l’association et correspondent à un deuxième volume de notre étude sur Les Origines de l’Arbre de Mai
comme étant issu d’une Atlantide boréenne pré cataclysmique du XIIIème s. AEC. Les articles de ce 2°
tome “Les Sources” sont chargés progressivement sur le site et mis à jou en fonction de courriels@.
Visitez nous donc régulièrement puisque :
“Il y a toujours du nouveau” sur < racines.traditions.free.fr > !
2 Lettre, comme en germanique : Buche “hêtre”, Buchstabe “lettre”, Buch “livre” ; en anglais booktree (hêtre) “arbre à livre”, book “livre”. Ceci fait que nous devrions parler de “bâtons” plutôt que de
lettres… comme nous disions encore, enfants, “dessiner des bâtons” sur les cahiers de Sieyès!
3 Talisman : du grec telesma “rite* religieux” qui a aussi donné l’arabe tilsam…
1Sur la photo de ce chaudron baptistère que nous avons renversé
on remarquera un vol de chimères sur un champ de… houblon ?
Le Houblon :
 Nous avons supposé que la “pomme de pin” qui coiffe le Thyrse des Bacchantes/ Ménades lors des Dionysies auraient pu être un cône de houblon4
. Si cette supposition s’avérait exacte – sans pour autant contredire la pomme de pin – on comprendrait
mieux leur rôle dans la hiérogamie* qui a subsisté dans le rite* folklorique des couronnes de mariage d’Europe Centrale et qui sont toujours faites de houblon tressé. On se
rappellera que la racine alu “sacré*”, se retrouve dans le nom nordique de la bière, cet
élixir, ce nectar ou soma du Nord !
 L’action hypnotique du houblon est attestée en médecine et c’est pourquoi l’on
compose encore des oreillers de houblon dans le Nord et l’Est de l’Europe et en Angleterre. C’est sans doute ce qui en fait un euphorisant utilisé en décoction alcoolique
contre la tristesse et cela pourrait expliquer, outre l’effet de l’alcool, la “dépendance”
(addiction) particulière des buveurs de bière. Mais, dans l’antiquité, la bière était une
boisson sacrée* : euphorisante, elle servait de “démarreur” aux devins et oracles, puis
on en servait de pleins “chaudrons magiques” aux participants du Culte°…
Le Houx :
Près de Merlin enrubanné
Le pauvre houx tailladé
revient à la vie, au pied
Ruban, ficelle, collier de fleurs, petit mot
prière, hommage, tout fleuri sur l'arbre au dessus de la pierre
du tombeau de Merlin (et coincé sous la pierre aussi)…
(Vu le 4 janv. 05 sur l’excellent site www.bretagne-celtic.com/)
4 Ceci nous ramène au Dio–Nysos originel qui chevauchait un… cheval.
2 Il « porte le nom de Kelenn en breton, ce qui signifie “leçon” ! Lui étaient donc
apparentés certains signes dans la tradition populaire qui demandaient a être interprétés
par les sages. Dans les anciens collèges bardiques, le Kelenner était le porteur du Houx
symbole de l’immortalité. » M. Duval, Une forêt plantée d’arbres magiques, Historama
N° 33, janvier 1995.
Hylex pour les latins, qui semblent l’avoir considéré avec une certaine méfiance,
il est “l’arbre sacré” des nordiques, d’ailleurs il se nomme Holly en anglais, de holy
“sacré*” (Éloïse Mozzani). Nous savons le rôle du Houx dans ces jours sacrés hollydays de la Neu Helle et, n’est-il pas particulièrement curieux que le nom hindou des fê-
tes du printemps en l’honneur de Shiva, des fêtes du carnaval soit… Holi ?
L’If :
Histoire naturelle : « On a retrouvé en France des empreintes fossiles d’if datant de 120
millions d’années, preuves de l’indigénat de l’if dans nos pays. Ces taxacées, florissantes
et variées à l’ère tertiaire, sont un genre qui s’est appauvri. De la vingtaine d’espèces
qui vivait dans l’hémisphère nord, seul le Taxus baccata, notre if commun, est resté
spontané en Europe où il forme de petites colonies, mais jamais de forêts. » druv. Dana,
rev. Message 3e tr. 1997.
 L’if peut se bouturer. Il est dioïque, c’est à dire mâle ou femelle, et il est le seul
conifère non résineux. Ses aiguilles, plates et brillantes, se renouvellent en deux ou trois
ans.
 « Contrairement aux autres conifères, l’if ne porte pas de pives, mais de petites
baies rouges (arilles dont se régalent les oiseaux)n
. Leur enveloppe est comestible. Mais
la graine proprement dite est vénéneuse pour les animaux à sang chaud. Même les rameaux et les feuilles peuvent devenir dangereux pour les chevaux, les ânes et les vaches. Par contre, les chevreuils et les sangliers ne courent aucun risque à s’en nourrir. »
Michaël Vescoli.
 L'If produit en période de chaleur une émanation toxique qui provoque des hallucinations qu'utilisaient les oracles antiques. Pour la même raison sa résine donne en
brûlant un encens à n'utiliser qu'en inhalations mesurées car elles sont rapidement mortelles et l’on dit qu’il existait en Normandie au XIXème siècle un if qu’on disait
“enchanté” parce qu’il “ensorcelait” ceux qui prenaient le risque de s’asseoir sous ses
branches.
Màj du 25 avril 04 : « If : L'if était supposé "absorber les miasmes" délétères exhalés
par les cadavres en décomposition. Considéré, à juste titre d'ailleurs, comme toxique
pour le bétail (les lapins et les daims peuvent néanmoins en consommer sans danger),
leur présence, dans les cimetières traditionnellement groupés autour des églises, obligeait les propriétaires à écarter leurs animaux du lieu sacré. L'arbre avait aussi la réputation d'éloigner les bêtes sauvages susceptibles de déterrer les cadavres. » Reçu par @
Chez les Germano-scandinaves5
 l’if est – avec le frêne – l’Yggdrasil/ Irminsul*, l’Arbre
du Monde/ Axe/ Clou° de l’Univers qui relie* la Terre au Ciel, liant le ancêtres morts
5
If : il fut appelé frêne par suite d’une confusion sémantique avec son homologue nordique Yggdrasil
(un pal en if) : en effet, if se dit aussi baraskr en vieux norois, ce qui signifie “frêne à aiguilles” ; mais
aussi parce que le frêne° – envahissant mais mellifère – fut le premier à peupler le Grand Marais
(Maglemose) : chaque ethnie avait ainsi son arbre sacré* (que certains appellent avec un certain réductionnisme un “totem”. La confusion était tout aussi possible en vieil anglais puisque l’if s’appelait eoh
et le frêne eowe…
3(les Dieux*) à leurs “descendants iNg”, les vivants.
 L’If est figuré par la rune . D’antiques plantations d’Ifs sacrés* sont évoquées
par Ullr le dieu des archers et de l’hiver, le “dieu aux skis rapides” qui vivait en Ydalir
“le Val des Ifs”, un bosquet sacré (cf. le Mont Ida chez nos cousins Grecs). Le “bois de
fer” de l’if servait en effet à faire les arcs (long bow britannique… <– eoh-w), des boucliers, des lances, des skis et… des églises “en rond” kirk, dont certaines étaient dé-
montables (cf. art. Astrologie*).
 Autrefois on enterrait les morts dans un bosquet sacré* d’Ifs : ainsi naquirent les
cimetières, que les Germains appellent Friedhof c’est à dire “enclos de la paix” et qui
étaient autrefois signalés à l’attention par un pal en if cloué d’un “massacre” de Cerf,
(Rune* Algiz ) mais, avec la “nouvelle foi”, ils furent remplacés par des croix latine
dite ‘bois d’infamie”…
 Les baies de l’if étaient utilisées par les devins et avaient aussi quelque vertu
pour aider les femmes à accoucher :
“Dans le feu l’on jette
Les baies de cet arbre
Pour guérir les maux de ventre de ces femmes.
Alors s’expulse
ce qui dedans se tient.
Tel est son pouvoir sur les humains”
Fjölsvinnsmal 16.
Chez les Grecs : Son nom taxus baccata est issu de la racine grecque taxus, taxa
“rapidement, vite” comme la flèche qui atteint cet “animal agile” qu’est le lièvre taxinas. Le taxiarque était le chef, rapide de décision comme il se doit !…
Chez les Celtes éburons : l’If était considéré par les druides comme un lien entre les vivants et les morts : « Sa présence ancienne au pied des menhirs antérieurs à l’époque
de La Tène, nous incite à croire que cet arbre d’une étonnante longévité était appelé
dès cette époque lointaine à veiller sur les morts. Planté au début de Décembre, à l’entrée du solstice d’hiver, l’if réputé pour son éternelle verdeur, apparaissait aux yeux des
Celtes, comme le symbole de l’intelligence, de la science et, par là même, de la résurrection. » On plaçait d’ailleurs l’ancêtre mort sur un lit de branches d’if :
« Mon blanc linceul tout garni d’if, oh ! prépare le… »
Shakespeare.
 D’autre part, on a retrouvé d’énormes Pals en if dans les fosses ou puits rituels
de l’Âge du Bronze – dans le département de la Vienne tout comme en Bohème – parmi les offrandes d’animaux et de monnaies*. On pense que c’était pour se concilier les
puissances chthoniennes (on consultera à ce sujet le § Clou° de l’article Irminsul*) ou
(et) pour se concilier les Mânes* des “bons ancêtres” (germ. ur-ahn) engloutis par la
Grande Submersion boréenne du XIIIème siècle AEC.
4 Mais dans “l’alphabet” celtique des arbres (le beth-luis-nion6
 ou bouleausorbier-frêne) l’if figure le dernier jour de l’année, veille du solstice d’hiver, Jul
et il est suivi sur le calendrier par l’épicéa… dont on fait les Arbres de Noël !…
Son rapport à la mort est donc de signification cosmique et l’on peut comprendre le glissement conceptuel “mort et renaissance de l’année (du soleil)” égale
“mort et renaissance des hommes”…
On comprend mieux ainsi que l’if ait été “l’arbre des commencements” Muna
des Irlandais, ce qu’on peut rapprocher de la “massue” en bois d’if du Dagda7
 “le père
de tous, armé de l’If”, ancêtre toujours vert (cf. art. Hommes sauvages*, ainsi que Dionysos, Hercule, ou Wotan* et son bâton ou lance), massue dont la mythologie celtique
dit qu’elle donnait la vie (vit) par une extrémité, et la mort par l’autre !
 Le maillet de Sucellos “l’excellent” ou “le bon frappeur” (≈ Dagda) est :
« un étrange maillet (traditionnellement en if) pourvu d’un manche de 1,5 m de long,
voire plus, qui évoque une arme de jet qu’on fait tournoyer comme celles utilisées en
Germanie (cf. Thor*) et en Écosse. La discipline olympique de lancement du marteau
exige un manche aussi long.
« On retrouve la racine vo dans le breton evin, pl. even, le vieil irlandais ibar et
ibardeg (rouge comme le bois d’if, cf. les Fils de Mile – le Dieu de la Guerre – et miletos 8
 en grec)n
, le vieux gallois efwr, l’écossais iubhar et le norois ihwar. L’anglo-saxon
eoh est parent de l’allemand Eibe, Eibel et du nom de la Rune* Ehwaz qui symbolise l’if et l’arc. Le substantif yewman ou yeoman désignait un propriétaire terrien modeste que le roi requerrait comme archer, d’où le nom de la garde royale à la Tour de
Londres où l’on peut toujours admirer les yeomen beefeater tout de rouge habillés9
.
 « L’if était planté près des sanctuaires et des lieux d’initiation* (Hag, ilho,
iona)
n
. Il devait en être ainsi chez les Carnutes car il reste une trace de cette coutume à
Lèves, près de Chartres 10. » Bandrui Dana, in Message, reue du GDG qui complète :
 « En 1884, on visitait encore un souterrain considéré comme un lieu d’initiation
druidique, près d’une source consacrée… à la Vierge par les Chrétiens. Il y a trente ans
on pouvait encore visiter ce site et s’asseoir sous des ifs, successeurs du bosquet sacré*
6 Beth-Luis-Nion : J.P. Persigout met en relief la parenté consonentale avec Bélénos (cf. notre art.
Apollon*)… 7 Dagda : «En tant que “Druide de Dieux et Dieu des Druides”, il est appelé Ruath Rofessa ce qui signifie “le rouge de la suprême science”. » Dana. Dieu que notre ineffable ami Euphronios Delphyné
appelle “le Professeur à la Roue”, ce qui ne devrait pas surprendre puisque le soleil rouge à donné
l’idée de la roue, quand au (P)rofessa, qui sait ? Sa parenté avec Mog Ruith, le “dieu à la Roue cosmique” en bois d’if rouge, rappelle Çakravarti “le dieu hindou qui fait tourner la roue des cycles” et ce
sont tous deux des… initiateurs*.
8 Miletos : Màj 2 fev. 06 proposée par notre visiteur nordiste, Coupi@ : «« Flavius Josèphe historien juif du 1er siècle de notre ère écrit (1) ceci :"Adam signifie roux en hébreu : parce que
c'est avec de la terre rouge délayée qu'il fut formé”. Affirmation qui à au moins le mérite d'être claire.
 L'utilisation de l'ocre rouge tant pour la peinture que pour la sépulture remonte aux origines de
l'humanité et d'une manière universelle,sans doute une façon de symboliser la vie à travers la couleur
du sang. On peut imaginer Adam représenté par un de ces squelettes de Néandertaliens couverts
d'ocre rouge trouvés dans les grottes de Qafzeh prés de Nazareth.
9 Habillés : remarquons que la police montée canadienne à conservé la traditionnelle vareuse rouge
des Gardes de sa Majesté !
10 Lèves : où l’on observait le… lever (!) du soleil par rapport au vieux dolmen que remplaça la flèche
de la cathédrale, pour déterminer le solstice et, par là, re-caler le calendrier luni-solaire…
5ombrageant la terrasse du café/ dancing appelé “Les Caves Gauloises”. » La France
pittoresque, tome “Eure et Loire”, 1884.
 Le jeux* d’échec celtique nommé Fidchell était traditionnellement sculpté dans
du bois d’if ! (On se reportera à l’article Jeux pour plus de détails).
Dans les églises : « Symbole* de puissance, le maillet permet une prise de possession à
distance : de nombreux récits légendaires de fondations d’églises font intervenir un
saint au marteau qui jette ce dernier avec une force miraculeuse pour déterminer l’emplacement de construction du sanctuaire. Le marteau tombe en général près d’une
source sacrée, ce qui reprend donc un vieux rituel indo-européen* de fondation. » Bandrui Dana.
 Le châssis ayant la forme d’un arbre de noël toujours couvert de cierges allumés s’appelle encore de nos jours un If : c’est « une pièce de charpente triangulaire sur
pied, sur laquelle on pose des lampions les jours d'illumination. » Larousse.
 Ce à quoi nous ajouterons : il s’enflammait fort probablement à un certain moment du rite* médiéval, en rappel du vieux rite païen de l’If en feu et nous pensons
qu'il était, à l’origine, fait en bois spécialement pour cela, en souvenir des feux solsticiaux d'hiver où l'on brûlait le vieil If mort, rite* de commémoration de l'éruption qui
incendia Atlantis la boréenne avant que le raz de marée de la Mer du Nord ne la submerge et ne l'efface de la Mémoire des “Dieux*”.
 En tant qu’If porte cierge il subsiste donc toujours dans les églises* mais il est
maintenant en fer forgé et cette “girandole” 11 perd ainsi la possibilité de s'enflammer
rituellement alors que son image transparaît encore clairement dans la structure de nos
Arbres de Noël/ Neu Helle pour la veillée de Jul° !
En Ukraine, la base de cet If est une roue* à rayons spiralés (cf. art. Svastika*).
Selon son habitude, l’Église rebaptisa – ”sacralisa” selon Ses propres valeurs* –
les vieux ifs qu’elle n’avait pu arracher parce qu’ils étaient toujours vénérés : ceux-ci
étaient souvent plantés à proximité des anciennes voies celtiques, comme à Saint-Maudan, ou de vieux puits sacrés* comme à la chapelle Saint-Lormel.
 « Le doyen des ifs vit en Écosse dans le village de Fortingal-on-Tayside : il aurait 3.000 ans. Viennent ensuite des ifs d’Angleterre : celui de Derbyshire qui a 2.100
ans et celui de Grassford qui a 1.450 ans. Ils sont entourés du plus grand respect !
À Circenchester 12
, dans le parc du château une haie d’ifs taillés fait un extraordinaire
mur végétal de 11 m de haut, de 160 m de long et de 4,5 m d’épaisseur : il est âgé de
400 ans.
 « En France, nos vieux ifs sont concentrés entre la Seine maritime et l’Indre :
celui d’Estrady en Calvados a 1.600 ans.
 « Il y a peu, poussait à la Sainte-Beaume en Provence sous le couvert épais
d’arbres élevés, une série d’ifs jalonnant le chemin du pèlerin vers (l’antique) grotte13
.
Mais l’Office national des forêts (que la culture païenne de ses ancêtre n’étouffe pas)
a décidé de “tronçonner ces ifs parce qu’ils sont creux” :
11 Girandole : de l’italien giranda “gerbe de feu” d’où notre ancien français girande, du bas lat. gyrare “tourner”.
12 Circen : –> kirk, Kirche, circle, “église en rond”, qui fut probablement établie sur le lieu d’un antique cromlech mégalithique !
13 Grotte : vénérée bien avant l’arrivée de la “nouvelle foi” ! Grotte sacrée* de laquelle sourd une
source de vie nwywre…
6 « Nous ne verrons plus la jeune fille vêtue de vert dans le tronc de l’if verdoyant
qui, telle une blonde dryade, nous offrait son sourire par le trou du pic-vert. » Bantrui.
Dana, in revue Message.
Estelle “l’Astrée”
 Dans le cimetière de La-Haye-de-Routot (Eure) trônent deux ifs extraordinairement massifs : l’aîné (13 m. de circonférence), âgé de 1600 ans, abrite la chapelle sainte
Anne.
 Le chêne-chapelle d’Allouville-Bellefosse (76) est âgé de 1200 ans et sa circonférence est de 16 m. Il abrite deux chapelles superposées reliées par un escalier exté-
rieur. ceux de lavasse dans l’Orne atteignent le millénaire. L’if de Jeanne d’Arc à 800
ans et celui de Jumiège en Seine maritime est un jeunot de 600 ans.
Folklore : « Brandir une branche d’If à l’occasion des Fêtes du Mai était regardé
comme un geste maléfique à l’endroit des personnes auxquelles il était destiné (…)
Par contre, les anciens Bretons affectionnaient toujours d’orner leur chapeau d’un brin
d’If le jour des Rameaux. L’If veillait aussi bien sur les vivants que sur les morts.
 « Afin d’abréger les souffrances des vieillards qui se mourraient de maux incurables, certains proches s’avisaient parfois de les assommer discrètement au moyen
d’un gros marteau de pierre (ou d’if)n
. Bien sûr, auparavant, ils prenaient soin de faire
bénir le dit “mat” par le curé du lieu. Ce maël beniguet était déposé le plus souvent
dans les ossuaires en un lieu secret. À Caurel, il était renfermé dans le cœur d’un vieil If
qui se voyait autrefois à la porte de l’église… » M. Duval, Une forêt plantée d’arbres
magiques, Historama N° 33, janvier 1995..
Médecine : Dans l’if, on a identifié l’éphédrine utile en cardiologie, mais aussi la taxine
qui est un alcaloïde dangereux (Dana).
Lieux-dits : Depuis la racine vo nous avons Pontivy, Ivignac14 et, indirectement, tout
14 Ivignac : “ac” est un génitif occitan venant du gaulois : c’est donc le “németon d’Ivy, de l’If”.
7ceux venant du nom des Celtes Éburons “Ceux de l’If”. Le nom de l’if est resté dans
les patronymes du roi Ivorix, du “saint” Ivy, d’Yvon le Chevalier au Lion, dans le pré-
nom Yves et probablement dans le vieux français ive qui signifie “jument”, par vo dé-
formé en ippus15 en bas latin (batrui Dana, in Message)…
.Mise à jour du 25 avril 05 : Voulez-vous lire maintenant cet article reçu par @
L’If, ce Normand méconnu
Cliquez sur ce bouton –> [ifsnorma.pdf] et retour automatique ici !
Le Laurier :
Consacré à Apollon*, était l’arbre sacré des Grecs, symbole de gloire et d’immortalité puisqu’il ne craint pas Zeus et son foudre. C’est là, la raison pour laquelle son
temple était au milieu d’un bosquet de Laurier…
 Le laurier poussait à Delphes dans la fente d’où sortit Python et les fumées de
ses feuilles jetées dans le trépied sacré* faisaient vaticiner la Pythonisse16 cependant
qu’Ovide nous dit : « L’Arbre Sacré d’Apollon était le laurier Daphnis, sorti de terre à
l’endroit où la nymphe Daphné17 , fille de Gaïa et du fleuve Ladon° (“celui qui
étreint”. R. Graves) fut engloutie, poursuivie par Apollon… » Les Métamorphoses.
Une autre version de la Mythologie* nous dit encore que : « Latone, lorsqu'elle
attendait sa délivrance à Délos (“brillant”, cf. Glittnir)n
, avait embrassé deux lauriers en
Astérie (Ase-terrie, Aseland, Asaheim, mais aussi “étoilie”/ Étolie)n
 lorsqu'elle fut sur le
point d'accoucher des deux jumeaux Apollon et Ariane » : cet “embrassement” indique au moins deux choses :
 - au moment des grandes douleurs, il vaut mieux faire quelque chose que de
s'abandonner à la douleur, et se presser à ces deux troncs lors du "travail" 18 offre
une certaine utilité obstétrique qui évoque le fauteuil d'accouchement des anciens
germains* et, à notre époque, la table appelée "chameau"…
 - dans ce "bosquet sacré", l'odeur tenace du laurier est légèrement anesthésiante !
 - ces deux points pourrait expliquer en partie le sacré* de ces archaïques bosquets, au
moins au niveau de la 3ème Fonction*, celle des Sages-Femmes.
 Les propriétés antiseptiques Du laurier en faisait l’arbre de la purification, d’où
le “bâton d’Esculape” (entouré des deux serpents) que portaient les médecins et qui,
de notre point de vue, n’est pas un caducée* “bâton de héros” sauf si leur fonction
était double : ambassadeurs et médecins, ce qui est… loin d’être exclus !
15 Ippus : avec la mutation p <–> v, ce pourrait être l’inverse, à moins que les Ivo aient été “ceux
des chevaux” tels les Marcomans ?
16 Pythonisse : c’est la daphnémancie (feuilles brûlées). La mastication des feuilles provoque l’onirologie : “les feuilles placées sous le chevet rendent les songes véritables”. Les Grecs interdisaient
qu’on mâche ses feuilles : on sait de nos jours qu’il contient des alcaloïdes dangereux.
17 Daphné était la fille du dieu-fleuve principal (chef) Penée…
18 Travail" : c’est, aussi un bâti en bois qui sert à “soigner” et à ferrer les juments.
8Réputé antifoudre – ce qui est une observation – donna-t-il lieu a un superstition exemplaire : au lieu d’en planter autour de son palais, l’empereur Tibère se coiffait
d’une couronne de laurier pendant les orages et cela pourrait laisser rêveur concernant
l’intelligence des puissants ? Sauf s’il s’agissait d’un rite exemplaire…
 Cependant la citation suivante : « Les Daphnéphages, le front ceints de laurier,
en mangeant les feuilles avant de rendre des oracles » nous amènera à nous poser la
question : les empereurs n’étaient-ils pas choisis autrefois parmi les flamines ou mieux,
parmi les Fulminatori ? Romulus* – que nous reverrons dans l’art. Rites* – était en effet un grand prêtre* dans sa communauté* et l’on dit qu’il disparut foudroyé pendant
un orage !
 On brûlait des feuilles de laurier pour les holocaustes19 car leur crépitement passait pour un bon présage (comme le bruissement du chêne° de Dodone).
Notre mot baccalauréat vient du latin bacca laurea : le lauréat y est couronné de
rameaux de lauriers portant des baies/ bacca (cf. Bacchus). Cette couronne était autrefois remises aux Aèdes, aux Thérapeutes et aux Devins, lors des concours (des Jeux*
floraux, cf. art. Guerre de Fondation*))
Le Lierre :
 Toujours vert, d’une longévité de plusieurs siècles, le lierre symbolise* l’attachement et la ténacité. Dans l’antiquité, il était consacré à Bacchus/ Dionysos, à Osiris et à
Attis, car il représentait “le cycle éternel de la mort et des renaissances” (Chevalier).
Le lierre servait à la préparation de la boisson des Minyades (Minnys –› Arméniens) :
il était utilisé pour se laver la bouche après absorption des champignons hallucinogènes
Amanita Muscaria qui servait dans les rites divinatoires (cf. art. metkvasir*, un article
en préparation…)
 La fête la plus importante d’Athéna°- Minerve avait lieu pendant ce mois du
lierre, le onzième arbre du calendrier grec et, les Orgies des Ménades avaient alors lieu
pendant les Bacchanales/ Dionysies.
 « Les Flamands appellent le lierre “fil du diable” mais l’origine de cette appellation reste mystérieuse » cependant qu’Eloïse Mozzani, citant ici Ariès-Ma, peut nous
mettre sur la piste : « (pour soigner) les cors aux pieds, en Hollande, on y applique des
feuilles qui ont trempé trois jours dans du vinaigre (…) “Confectionner neuf paquets de
chacun trois feuilles de lierre terrestre. Faire couler sur ces paquets neuf gouttes de cire
d’un cierge bénit. Les asperger d’eau bénite. Frotter la partie malade avec les neuf paquets en disant : Azerole, Azerole, toi qui est belle et qui souffres. Tu est la première de
toutes les herbes et tu en tiens les clefs. Notre Seigneur au ciel t’as laissé tous les remè-
des pour guérir toutes les plaies et douleurs”. Ensuite brûler les neufs paquets en disant
: “Cette Azerole va brûler comme le mal va te quitter”… »
 Mais, nous aimerions ici mettre en relief la parenté géographique de l’origine
des deux citations : Flandre et Hollande (autant dire la Frise, l’ancienne Freysia/ Francia
que nous retrouvons si souvent dans nos recherches sur le nordique chemin de l’Arbre
de Mai) ainsi que ces qualificatifs particuliers du lierre dans ce texte partiellement
19 Holocauste : dans ce sacrifice l’animal est entièrement (ολο) consumé par le feu.
 « Ce n’est qu’au VIIème siècle AEC que les Israélites commencent à pratiquer l’Olah qu’ils interprè-
tent comme une oblation offerte à Yahvé. » A. Daniélou, Shiva & Dionysos
9“christianisé” : première et clef de toutes les herbes, l’Aze-role c’est à dire “la roue de
l’Ase” (ou de l’Assina), Aze-role qui va brûler, pour le bien être ce qui la rend assez
“dieu-fils” solaire, assez “roue de l’année” dans sa partie re-naissance. Ceci est évidemment un charme/ chant sans rapport avec l’efficacité de cette pharmacopée imaginaire – vous verrez dans notre article Magie* ce que nous pensons de ces pratiques –
nonobstant l’éventuelle efficacité d’une pommade au…lierre !
 Par conséquent, et pour finir sur un plan pratique, n’oublions pas qu’il faut traditionnellement lier* notre couronne du Mai (cf. Bouleau°, supra) avec des liens de
lierre, ce lierre qui est consacré à Donnar/ Thor*, le fils de Gerd… la Terre Mère !
Le Lin :
 Le lin bleu était une plante sacrée* pour les Germano-scandinaves. Ils la consacraient à leur déesse Hulda20 qui leur apprit son utilité. Sacrée aussi chez les Égyptiens,
elle assurait le passage des morts dans “l’autre monde” grâce à l’usage des bandelettes
dont l’usage mythique se retrouve aussi chez les Grecs. Se “parfumer” avec des graines de lin apportait le don de divination.
Chez les Allemands, le lin se semait au 1er Mai. Les Danois ont conservé la coutume folklorique de répandre du lin sur le seuil de leurs maisons.
Le Lis :
 « Selon une légende hellénique, Zeus* permit à son fils Héraklès de téter le sein
d’Héra (du Marais)n
, afin qu’il accédât aussi à l’immortalité : un peu de lait tomba sur le
sol et devint une fleur de lis. La déesse Aphrodite, jalouse, “fit pousser au milieu de la
fleur candide un pistil énorme qui rappelle la verge de l’âne” (Gubernatis). En souvenir
de cette légende, les Latins appelèrent le lis “rose de Junon (déesse romaine assimilée à
l’Héra grecque.) » Éloïse Mozzani, op. cit.
 Ne pas confondre avec la Fleur de Ly(s) qui est traitée dans notre art. Blason* !
Le Muguet :
 « La tradition veut que le premier bouquet de muguet porte-bonheur ait été offert au XVIème Siècle : le chevalier Louis de Girard, de retour d’une mission en Italie,
en cueillit un bouquet dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux, en Bas-Dauphiné, et
l’offrit au jeune roi Charles IX, âgé de dix ans. Le roi Charles réitéra le geste le 1° Mai
de l’année suivante, en offrant du muguet aux Dames de la Cour. » Mourreaux-Bernard, Revue de Paris “Info 75”, N°16.
 Mais ce n’est là que le rafraîchissement courtois d’un ancien rite*, car il ne fait
aucun doute que cette tradition est extrêmement ancienne. Nos ancêtres avaient un système de repérage des dates basé sur la floraison des plantes et des arbres. C’est là l’ori-
20 Hulda était une “géante” dont on ne sait pas grand chose, si ce n’est qu’une saga perdue du skalde
Sturla Thodarson parlait d’elle. Son équivalent allemand est Holda/ Frau Holle. On retrouve aussi cette
racine dans le nom du peuple des nains islandais, le Hulduvolk (cf. art. Elfes* et Manes*). Leur point
commun est d’être des “esprit” du clan*, ce que confirme le sens de hulda qui signifie “caché” (cf.
“l’islandaise” Calypso dans notre Ulysse*)…
10gine des calendriers “végétaux” anciens, tant celtique que grec – ils sont d’ailleurs ethniquement parents – mais c’est aussi fonction des régions et des microclimats.
Le perce-neige fleurit à la Chandeleur dans le nord et en moyenne montagne mais c’est
l’amandier en Provence ; quand au muguet et à l’aubépine, ils fleurissent (à peu près)
au 1er Mai. Mais la source de ce rite* est bien plus ancienne, preuve en est : le muguet
du Mai est nommé Frigge blume en Allemagne et Frigg est la femme de Wotan*.
Màj 1er févr. 06 : Muguet : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le muguet (Convallaria majalis) est une plante herbacée des régions tempérées
dont les fleurs printanières, petites et blanches, forment des grappes de clochettes très
odorantes. Chaque brin de muguet (ou hampe) est entouré de deux feuilles. Les fleurs
sont toutes disposées du même côté de la hampe. En automne, le muguet donne des
fruits sous forme de petites baies rouges. Longtemps classé dans la famille des Liliacées,
il fait aujourd'hui partie des Convallariacées. Il serait originaire du Japon.
Le nom latin de la plante indique qu'elle pousse en mai dans les vallées (on
l'appelle parfois aussi lys des vallées). Quant à son nom français, connu dans les textes
depuis 1200 sous la forme musguet, c'est un dérivé de musc, sans doute une altération
de muscade, en raison du parfum de la fleur.
On fait remonter cette tradition du muguet du 1er mai à la Renaissance, Charles
IX en ayant offert autour de lui en 1561 comme porte-bonheur.
Le muguet est une plante toxique (présence d'hétérosides cardiotoniques, entre autres
la convallatoxine). Comme beaucoup d'autres plantes toxiques, elle a des vertus médicinales, et a été utilisée dans le traitement de maladies cardiaques.
Symbolique : Les noces de muguet symbolisent les 13 ans de mariage dans le
folklore français. »» vu sur « http://fr.wikipedia.org/wiki/Muguet_%28fleur%29 »
Le Noisetier :
 Le noisetier sacré, ou coudrier, était consacré par les Germains au dieu Thor*.
Il fournit les baguettes fourchues en forme d’Irminsul z – ou du serpent chthonien qui
ouvre sa gueule Y – baguettes qui permettent de trouver les vouivres ou sources et les
mélusines* ou filons métallifères.
Chez les Celtes : “Ses baguettes servaient de support aux lettres magiques”.
Son bois sert pour les “feux druidiques” et ses noisettes apportent la science (bonne
nourriture cérébrale ou de convalescence), c’est pourquoi il symbolise l'initiation*.
Chez les Grecs : Le “bâton de Mercure” était fait de coudrier : il l’avait reçu
d’Apollon* pour calmer les passions des hommes et améliorer leurs vertus. “Hercule,
quand il revint du jardin des Hespérides (–> Midgard, cf. art. Atlantide* boréenne) fit le
voyage sur une coque de noisette” : sans doute un cailleach fait de baguettes de saule
sur lesquelles était tendue une peau de faon21
.
Les Romains brûlaient des torches de noisetier lors des mariages comme sym-
21 Nébride en peau de faon qu’il ne faut pas confondre avec la pardalide en peau “pardée” (terme hé-
raldique), une peau de bête sauvage, de chat pard, de léo pard, de lionceau (pard -> pardesh “enclos
des bêtes sauvages” paradeisos –> “paradis*”)…
11bole de fertilité (cf. Thor*), ce qui est resté dans nos folklores sous une forme proche :
Folklore : on dépose des noisettes, image de l’enfant dans la coquille maternelle,
auprès du lit nuptial ou bien une parente ayant plusieurs enfants présente des noisettes à
la jeune mariée.
 Les quenouilles étaient traditionnellement faites en noisetier ce qui nous rappelle
que, lors du solstice d’hiver « dans chaque bosquet de coudrier, une branche se transforme en rameau d’or qui a autant de pouvoir que les baguettes de fées et il faut les
couper entre le premier et le dernier coup de minuit… »
Le Noyer :
 Le fruit du noyer, constitué de deux cerneaux, a toujours intrigué nos ancêtres
qui y voyaient “une couple” de deux cerveaux face à face. Est-ce pour cela que les
noix sont considérées comme des fruits de l’Autre Monde ou est-ce parce que :
Chez les Celtes : le noyer est assimilé à la mythique Ethné22, peuplade Irlandaise
pré-danannéene (cf. Danaée).
En Grèce : il est l’arbre de Proserpine. Les nymphes du noyer sont des Cariatides car, pour les Grecs classiques, les noix venaient de Caria sur la côte d’(Ill)ionie !
“Un culte était rendu à Artémis Caryatis qui fut aimée de Dionysos le récurrent, douée
de clairvoyance et qui fut changée en noyer, aux fruits féconds”.
Pâris signifiant “bourse” en grec, on comprend mieux que les meilleures “noix
de Grenoble” à gros fruit et coque fine soient appelées des… Parisiennes 23
 .
Chez les Hébreux/ Ébro : d’après une de leurs légendes, “la noix était un fruit interdit24 au paradis” : cette inversion peut surprendre, mais cela arrive souvent et c’est
peut-être dû à l’incohérence (incompatibilité) avec une de leurs deux autres sources
ethno-culturelles, l’égyptienne ou la babelienne…
Dans la Rome chrétienne : il y avait un vieux noyer sacré* que le Pape Pascal II
fit abattre (encore un maniaque!) et sur l’emplacement duquel il fit construire l’église*
Santa Maria del Popolo. Il y en avait aussi un à Bénévent en Campanie25 que saint Barbatus fit couper au VIIème Siècle, ce qui n’empêcha pas le lieu de servir encore pour le
“sabat” – c. à d. les “esbat” – des druidesses baptisées sorcières* pour l’occasion.
Toujours dans le cadre de cette démonisation, les Tyroliens disaient que les côtes des
sorcières étaient en bois de noyer.
Màj du 1er févr. 06 : Article prposé par notre fidèle visiteur Gilbert Guyot paru
le 25 août 2005 dans le Journal de Gien : Le Gros Noyer de Bonny s/ Loire :
«« Sans nous indiquer de date précise, une note écrite par l’abbé Poirier, curé de
22 Ethné ou Etaine, à rapprocher d’ethnie et… d’étain : celui des Îles Cassitérides (G. B.)
23 Noix “parisienne” de Carie, le pays de Pariya-Muwas, le Louvite pré-Hittite, dont les grecs firent
Priamos/ Priam ; on y retrouve aussi d'autres connaissances : Pâris et Alaksandus (Alexandros). Andros signifie en grec “homme” : on pensera bien sûr aux Grecs archaïques, les Aïawas descendants
des Hittites qui l’appelaient antusha ; Hattusha étant leur capitale qui s’appelle de nos jours Bogazköy
en… turc.
24 Interdit : la noix rancit très vite dans les pays chauds et devient toxique…
25 Campanie : est proche de campagne ; mais le latin campana signifie “plateau de balance et
clochette”. En Flandres belgiques, une province s’appelle la Campine.
12Bonny, retient notre attention : " Il a été découvert, sous le dallage de l’église, une
souche de noyer de 1,50 mètres de diamètre. "
 Nous avons relevé dans le registre de la Fabrique de l’église de Bonny des travaux de réfection du dallage dans le sanctuaire. Ils ont eu lieu le 14 avril 1857. Donc du
temps de l’abbé Boisquillon, prédécesseur de l’abbé Poirier, entre 1853 et 1900, qui a
passé une grande partie de son temps à entretenir et à embellir son église. Une plaque,
encore visible, le mentionne dans l’église.
Le sanctuaire de l’église de Saint-Aignan date du XII au XIII° siècle, et pour
construire cette église il a donc été nécessaire d’abattre un noyer vieux de plus de 15
siècles. A cette époque, nous avons relevé des précédents : Le pape Pascal II (1099 à
1118) fit couper un “noyer sacré*” pour faire construire l’église Santa Maria del Popolo de Rome. Plus avant, au VII° siècle à Bénévent en Campanie, Saint Barbatus fit
couper un noyer vénéré, ce qui n’empêcha pas que le Sabbat [N°1] continua de se
pratiquer à cet endroit.
Ceci laisse supposer que le gros noyer de Bonny, était planté sur un lieu de culte
et vénéré au haut Moyen-âge. Ce noyer verra la construction de l’église primitive de
Saint-Aignan, sur la structure de laquelle, nous n’avons à ce jour, aucun renseignement.
Une autre supposition est à prendre en considération, Bonny existait-il à cette lointaine
époque ; jusqu’ici les historiens, qui se sont penchés sur la question, surtout en consultant les écrits anciens, ne le mentionnent pas.
La vénération du chêne, chez les Gaulois, est connue, celle du noyer, est plus
rare et plus ancienne. Nous retrouvons le culte du noyer (pas pour l’arbre mais pour ce
qu’il représente) dans la mythologie* grecque. C’est à la fois, selon certains textes ;
l’arbre* du Paradis et, selon d’autres textes, l’arbre de l’Enfer.
Tous les arbres fruitiers étaient sacrés* (une coutume ancestrale datant de l’époque des cueilleurs-chasseurs transmise de génération en génération), pas seulement en
Gaule ; chez les Celtes* d'Irlande, dans une ancienne peuplade predanannéene
(cf.Danaée) le noyer est assimilé à la mythique Ethné. Les Karyatides étaient les nymphes grecques des noyers. Il y a encore Karya, princesse de Laconie, aimée de Dionysos/ Bacchus, [n°2] qui, à sa mort, sera transformée par les Dieux*, en noyer aux
fruits féconds. Cette légende a peut-être fait classer le noyer dans les superstitions
("croyances") : or, il est Notre arbre du monde – celui des vivants – mais aussi celui de
l’autre monde – de nos ancêtres morts.
Le noyer était, depuis la nuit des temps, l’arbre miracle en médecine des plantes,
et il le reste encore de nos jours. À moins de faire des fouilles archéologiques sous
l’église Saint-Aignan, cette révélation n’apporte aucune preuve tangible sur l’existence
de Bonny à l’époque de la Tène, mais laisse un doute du fait que, s’il y eut là un lieu de
culte et la présence du noyer sacré*, par la présence de ces deux éléments on peut supposer qu'il y eut aussi un ensemble communautaire et religieux en ce lieu à une époque
qui remonterait à 2.500 ans. Cela remet en question l’origine de la naissance de notre
commune qui est peut-être plus ancienne que nous le supposons ? "" Gilbert Guyot, de
Bonny s/ Loire
Notes de <racines.traditions.free.fr>
n°1 : Sabbat : non péjoratif que l'Église* donna aux "esbats" des Druidesses et de la
communauté "païenne* (paysanne) du lieu qui pratiquaient encore la Vieille Coutume
avec ses rituelles fêtes* "naturelles"
n° 2 : Dionysos/ Bacchus, qui figure évidemment le printemps récurrent, est peut-être
un ancien dieu* de la re-naissance de la terre gaste après le Déluge* (cf. notre article*).
13L’Olivier :
 Il symbolise la paix, la fécondité, la force, la purification, la victoire et la récompense. En Grèce : l’olivier est l’arbre d’Athéna° (Assina) et il est associé à Apollon*
dieu de la lumière ; d’ailleurs, les lampes à huile qui brûlaient en permanence dans les
temples* étaient garnies d’huile d’olive.
 C’est parce qu’elle avait mangé l’olivier sacré que la chèvre Æga fut sacrifiée
aux Dieux* (cf. Déluges*)… La massue d’Héraklès était en olivier et prit racine quand
elle fut plantée dans le sol (cf. Dagda). Les bosquets d’olivier semblent ne jamais être
frappés par la foudre.
Folklore : dans une danse* provençale (Tape-cul), les promis d’Aix-en-Provence
tapaient le tronc d’un olivier du quartier de la Touesse trois fois avec leur arrière-train
pour s’assurer mariage et nombreuse descendance. De même, au Luc-en-Provence,
la jeunesse se retrouvait pour danser autour de l’olivier pluri-centenaire à l’occasion du
1er MAI et ne pas s’y adonner aurait exposé la jeune fille à coiffer Ste Catherine.
L’Orme :
 C'était l’arbre qui, selon la mythologie nordique, donna naissance à la première
femme Embla (son compagnon étant né du frêne Askr). L’orme était encore resté un
arbre prophétique au Moyen-Âge et les juges d’Allemagne rendaient leur sentence
sous son ombre pendant que les plaignants “attendaient sous l’orme”, l’un à l’Ouest et
l’autre à l’Est.
La Pervenche :
 Une plante traçante de sous-bois qui produit des fleurs étoilées, “bleues de lin”
comme le ciel d’un beau jour d’hiver (*Diew) : son nom nordique est singrüne “secret
chanté” ! (cf. art. Runes*)…
Le Peuplier :
Pour les Grecs, il est consacré à Atlas. Il figure les Héliades, figées pour avoir
autorisé Phaéton à conduire le char du soleil sans la permission de leur père
(probablement le bolide intersidéral Seth pour les Égyptiens qui le virent en premier ou
Surt pour les Atlantes* Biréens de la Grande Frise qui subirfent ses effroyables destructions). Le peuplier figure aussi une Hespéride qui avait perdu les pommes du jardin sacré ainsi qu’une mortelle, Leuké26 “lumière”, qu’Hadès/ Pluton27 aimait et qu’il voulait
garder près de lui à la porte des Enfers.
 Cet arbre “symbolise* plus le souvenir que l’espérance, le temps passé plus que
26 Leuké “lumière”, la parèdre de Lug. Luce “Blanche” qui est devenue Blandine chez les chrétiens
lyonnais. Leuké de Leuky, “l’Île Blanche”… 27 Hadès l’invisible, Aïdoneus (en “Ebro” Adonaï “Seigneur”). Pluton “le riche”.
14l’avenir des renaissances” (Chevalier). Voilà au moins trois allusions à la Grande Submersion atlante* de la Mer du Nord…
 Le peuplier est un symbole de lamentations de par ses feuilles qui tremblent au
moindre vent et était consacré aux héros morts au combat (Persigout).
 Le peuplier noir, qui frissonne (cf. Frise) au moindre vent, était consacré à la
déesse de la mort Perséphone ou à Héraklès :
 Héraklès, à son retour des Enfers, portait une couronne de peuplier dont les
feuilles tournées vers lui étaient claires et blanches comme le jour et celles tournées
vers l’enfer devenues sombres comme la nuit. C’est pourquoi le peuplier-tremble28 est
le symbole des lamentations kokytes mais aussi parce que les Hespérides filles d’Atlas,
étaient une rangée de peupliers maintenant sous les eaux.
 Le bois du peuplier blanc était le seul dont on pouvait se servir lors des sacrifices offerts à Zeus* (Cf. bûchettes in art. Runes*).
Dans le calendrier celtique, il est situé à l’équinoxe d’automne : plein ouest, le
pays des Hespérides…
Après la Révolution, le peuplier fut choisi comme Arbre de la Liberté par suite
de la confusion de son nom latin (populus) avec celui de “peuple”. Mais on sait que
malheureusement ce choix accentua la destruction des Arbres de Mai, déjà bien mis à
mal pendant la Royauté par leur ennemie, l’Église*…
Grèce : Panayia-plataniotissa
Le Poirier :
 Le poirier apia29 a nourri les Ur-Ahnen, les ”vieux ancêtres” de l’Atlantide*
28 Tremble : savez-vous comment les Normands appellent un tremble : Espri (->Epretôt)
29 Apia : Le phrygien Pélops fut le premier roi de l’Apia (Péloponèse) où furent parqués (ou déportés)
les Doriens ou Héraclites après leur Combat des Chefs contre les autochtones Grecs…
15boréenne, les Ouraniens, du jus Pira de ses “pommes d’Or” lorsqu’ils débarquèrent
pour la première fois dans les trois grandes îles du Grand Marais Maglemose.
 Le poirier est consacré à Éra/ Héra (“du Marais”) donc aussi à Vénus/ Aphrodite car il était un symbole érotique.
Le poirier attire la foudre destructrice mais, chez les anciens, une vision d'arbre
fruitier était signe de pouvoir sur la terre (royauté) !
Profusion de poires d’hiver,
Annonce rude hiver !
16Le Pommier :
 Le pommier d’Avallon “le royaume des morts” (Abelio en gaulois) de l’île
“Balte” Abalum, donnait des “pommes d’or” que gardait Idunn la déesse de la Jeunesse dans le jardin des Ases.
« Le nom de ce fruit, qui dès le proto-germanique était commun aux langues de
l’Europe du Nord, autorise à conclure que la culture des pommiers existait longtemps
avant l’époque romaine. » Simek.
En Grèce : le pommier jouait un grand rôle dans le culte de la vierge et chaste
Artémis/ Diane. Les pommes d’or (sagesse) poussaient dans le jardin des Hespérides
“au couchant”, (cf. art. Hyperborée*). Les ayant volées à Atlas, Hercule pu alors revenir de l’Érèbe (“la crépusculaire”) car “un rameau de pommier portant des fruits était
un passeport pour l’au-delà”…
 On aura reconnu là les pommes d’or d’Idunn qui “rajeunissaient” les dieux
nordiques. Le même récit se retrouve dans le mythe irlandais des Fils de Tuiréan.
À Rome : la Mythologie nous dit que « Énée cassa une branche de pommier avant
d'entreprendre son voyage au pays des morts… » après la Grande Submersion Boréenne sans doute, tout comme Dionysos et quelques autres. Ceci est à rapprocher du
geste symbolique que devait faire "l'esclave" (transfuge) qui, se réfugiant au Bois du
Roi à Némi, allait "tuer" (rituellement) l'ancien roi prêtre de Diane-Égérie, c'est à dire :
le remplacer, le libérer de sa tenure de 99 lunes…
 Mais, pour nous qui pûmes fréquenter les mythologies celtes et germaniques et
sommes coutumiers de leurs rites*, nous y verrons soit une branche de Chêne° Rouvre
(Robur) portant le Gui° Sacré*, soit une branche de Pommier d'Avallon portant ce
même gui. Nous verrions donc plutôt ce Roi du Bois, qui personnifie le roi en exercice
comme étant toujours vivant, mais être "rajeuni" par ce rite* du nouveau "prêtre*", tel
le chêne rouvre entouré du gui° toujours "vert" (Le Vert Galant), gui dont les grains figurent symboliquement sa royale semence.
Le renouvellement de la tenure royale de huit ans ou la passation des pouvoirs
pouvait donc consister à rénover, ou à s'emparer de son "âme royale" en cueillant le
Rameau d'Or à son profit. De même que le Druide cueille le Rameau d'Or lors de
l'intronisation d'un nouveau chef au solstice d’hiver et lui remet solennellement ce symbole sacré30
 …
Le nom latin du pommier est malum31
 – parent du grec mélon (mela en
30 Symbole sacré : on retrouve ici la symbolique du roi Balder "mis à mort" en fin de règne par
Hodher "le fougueux", ou Hother (cf. other “l’autre” en anglo-saxon, car l'ancien roi qui perd ses facultés n'est plus en "odeur de sainteté", il est mal sain… Euyphronios Delphyné)
31 Malum : mala signifiait “testicule” pour les Romains (après tout : ce sont des fruits, avec leurs
graines).
17corse) – et Pomona est la déesse des fruits en général (cf. aussi art. Apollon*) : c’est
elle qui a donné son nom à notre pomme, d’où la différence avec l’ancienne racine
apol.
Chez les Celtes : Emain Ablach est “l’Île aux Pommes” des Irlandais. Les fruits du
pommier apportent la science, la magie*, la révélation et l’immortalité. On l’appelle
“l’Arbre de l’autre monde”. « Le rameau chargé de ses pommes est le signe de la
victoire sur le pays du chaos. » (Dana, Revue Message, 1° Trim. 1996).
 En souvenir d’Avallon l’engloutie, les druides* parsemaient leurs autels de
pommes et Merlin32 enseignait toujours à l’ombre d’un pommier !
Vers l’Orient : il faut remarquer que la Bible ne pas fait mention de pommes dans sa
narration de la Chute au jardin d’Eden : « De “l’arbre de la connaissance” du bien et
du mal, tu ne mangeras pas ! » Genèse, II 17. C’est l’Église qui, ne pouvant éradiquer
notre pommier sacré*, l’a dévalorisé en truquant hardiment son Livre de la Révélation
pourtant… “divin”… dit-elle !
Symbole* : Coupée en deux par son équateur, la pomme montre ses cinq graines
comme en un pentacle sacré*.
Dicton : “La pomme ne tombe pas loin du tronc” (équivalent à “La lisière vaut le
drap”)…
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
.Mise à jour du 25 avril 05 : Voulez-vous lire maintenant un article de
de Julia O'Laughlin : Les pommes d'immortalité ?
Cliquez sur ce bouton –> [pomimort.pdf] et retour automatique ici !
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
32 Merlin se nommait Myrddin en Gallois, ce qui signifie “forteresse de la mer” et comment ne pas
penser à Atlantis. Selon la mythologie “C’est lui – le Maître des meutes grises de l’autre monde – qui
construisit Stonehenge”. Un autre nom gallois de Merlin est Morijn qui signifie littéralement
“le maritime” grand sage de la Morée sans doute… (cf. art. Salasses*/ Thalasses)
18Le Romarin :
Les Romains tressaient des couronnes de romarin sacré* car son odeur conservait les corps et, parce que son feuillage persistant symbolisait l’immortalité, puis ils les
déposaient sur les tombes, sur la tête des statues des dieux Lares.
 Ils s’en ceignaient aussi le front à l’occasion des mariages et des fêtes* et ils en
brûlaient en lieu d’encens.
Le Rosier :
Le latin Rosa (ou un ancêtre commun), est parent de Ros pluie, donc de rosée.
En Grèce, le 1er Mai, la couronne de roses pare Maïa la Grand’Mère, l’accoucheuse,
et celle d’églantines pare Hécate, son autre forme33. La rose est aussi consacrée à Athé-
na “aux yeux pers34 ” et à Aphrodite née de Zeus et de l’écume de la mer {sperme
d’Ouranos (le ciel) coupé (téménos) par Cronos (coupure) devenu Chronos (le temps),
ou bien ambre jaune}.
 Elle est aussi consacrée à Dioné et l’on fleurissait de roses la maison des mariés.
A Rome, pour les Rosalia en Mai, on offrait des roses aux “bons esprits du clan*”, les
Mânes* et l’on jetait des roses sur les tombeaux, de là vient la coutume de planter un
églantier sur une tombe. Quelques jours avant, le 23 avril, les courtisanes s’en paraient
pour la fête* de Vénus.
La Rue :
 Elle était utilisée par les Romains pour renforcer la vue. Graveurs, peintres et
sculpteurs la consommait pour cela en salade. “La belette s’en nourrit exclusivement
pendant neuf jours ou se se frotte contre la plante pour attaquer sans risque un serpent
et le redoutable basilic, créature démoniaque passant pour invulnérable” (Éloïse Mozzani).
 Chez les Santons de Vendée, elle était utilisée en infusion à jeun contre la stérilité. Par contre, elle est très dangereuse pour les femmes enceintes. Elle est en effet connue de toute antiquité comme un puissant abortif !
33 La Déesse Mère* est triple : Vierge, Nymphe (mère) et Mort (cf. Destin*). En Savoie, le nom de
Maïa l’accoucheuse est Isadora (<– Isis)
34 Pairs : bleu vert, vient du bas latin persus, probablement de l’étrusque Phersu (Phrs, FRS)…
19Le Saule :
 Dans un arbre solaire celtique, dont les oussines (<–osier) du “têtard” faisant
comme des rayons de Soleil de couleur or, Diane/ Môn fut trouvée – apparut, issante –
dans une touffe d’osier, ce qu’on retrouve dans le mythe* grec d’Ousia “la créature” :
est–ce pour cela que l’église le nomma l’Arbre aux Sorcières* ?
 « Prométhée portait une couronne de saule, un miroir étrusque corrobore ce
détail, ce qui suggère qu’il avait été voué à la Déesse Lune Anatha ou Neith ou
Athéna. Peut-être était-il attaché avec des branches de saule (oussines) à l’autel sacrificatoire à ses fêtes d’automne. » Robert Graves.
 L’usage de l’écorce de Saule, précurseur de l’aspirine, était connu depuis des
temps immémoriaux avant les ravages de l’Inquisition…
Le saule qui était lié au don de prophétie, était utilisé dans les rites* de fertilité
des Fêtes de Mai (Graves).
Le Sorbier :
 C’est l'arbre de Siff à la chevelure d'or, femme de Thor, c’est-à-dire un Blitzbaum qui a un rapport magique* avec l'orage, c'est à dire avec la "perception immé-
diate" (cf. Symboles*). Nommé “le salut de Thor” par une kenning nordique
(métaphore poétique à récurrence culturelle nordique), il permit à celui-ci d’échapper à
la noyade dans le fleuve d’urine de la géante° Gjalp. Le sorbier symbolise la guérison.
20Le Sureau :
 Le Sureau était aussi un arbre consacré à Thor*/ Donnar le dieu du Tonnerre.
Dans les provinces germaniques, et tout particulièrement au Tyrol35, on a conservé
l’habitude de le saluer en ôtant son chapeau. C’est avec son bois que se confectionnaient les “flûtes enchantées” des traditions populaires…
Le Tilleul :
 Du latin tillia (–>Thulé*?), est l’Arbre du Monde Lindenbaum des Allemands.
Remarquons qu’il est toujours accompagné d’une fontaine (Bach), comme dans le très
célèbre Lied romantique :
« Am Brünnen vor dem Tore, À la fontaine de la Porte,
Da steht ein Lindenbaum, Se tient un Tilleul,
Ich traüm im seinem Schatte, Je rève dans son ombre,
So manchen süssen Traum… À de tellement doux songes »
Chez les Germains de la forêt : c’est au pied de ce tilleul quelque peu Irminsul* que
Siegfried tua le terrible dragon* Fafnir, et c’est aussi au pied d’un tilleul qu’Hagen le
géant°, le tua… C’est donc bien l’Arbre du Monde !
« En Autriche, Allemagne, Pays-Bas et Suisse beaucoup de village ont leur Dorflinde. Ces arbres croissent en des sites géomantiques importants comme les carrefours
de routes importantes, les places de marchés et devant les hotels de ville, les lieux de
rassemblement et de célébration publics (cf. nos art. Astrologie* nordique et Hermès*).
Le Dorflinde classique a été taillé et mis en forme pour donner un tronc central supportant trois rangées de branches ressemblant à des plateaux. Cette modification artificielle
fait du tilleul une représentation de l’Arbre Cosmique liant le monde inférieur, via ce
monde, au monde supérieur (Hellheim, Midgard, Asgard)n
. » Nigel Pennick, Magie du
Nord, Pardès 1996.
 À Berlin, le boulevard promenade appelé “Unter des Linden” était la voie sacrée qu’empruntait l’Empereur fraîchement élu…
Chez les Celtes : le tilleul figure le signe astronomique “Fleuve de Vie”, décade du 25
Avril au 4 Mai : un Arbre de Mai qui a d’ailleurs la forme de la Rune* de Vie !
 « Les Celtes affirmaient qu’à son ombre la vérité se faisait jour, que son parfum
incite les juges* à la clémence et les plaideurs à la conciliation. » Michaël Vescoli, Calendrier Celtique, Actes Sud 1996..
Au Moyen Âge : il était lignum sanctum “bois sacré*”, lignum “bois matériau”.
 Le tilleul fourchu de Lucheux, classé en 1930, est dit “l’Arbre aux Épousailles”
(cf. art. Hiérogamie*). À Saint-Martin-en-Vercors, le tilleul de Sully fut planté il y a
quatre cents ans, en 1597.
35 Tyrol : remarquons que le celtique Ty Héol signifie “la maison (ou le pays) du Soleil”…
21Le Trophée :
 C’était à l'origine un arbre sacré, celui de la Teuta/ tribu, auquel on suspendait
en offrande aux Dieux*, les armes prises à l'ennemi. (le mot grec trophée signifie
“nourriture, subsistance des armées”).
 On pensera peut-être, ici, aux arbres antiques de Crète auxquels étaient suspendues les poupées articulées de l’ingénieux Dédale et aussi aux rites* folkloriques subsitant dans ces régions où des sous-vêtements féminins sont accrochés aux arbres mais,
ce court extrait d’un article de Paul Dudéa (Ion Tuculescu : les émotions primitives,
p. 91 in revue Éléments 89, juil. 97 : “Europe, la mémoire païenne”) nous en donnera
une autre interprétation ou une piste originelle :
 « Un jour qu’il se promenait dans les environs de Mangalia, un port de la Mer
Moire, il avisa une paysanne en pleurs qui arrachait ses vêtements et en accrochait les
lambeaux aux arbres entourant sa maison. Interrogeant les gens du pays sur cette
étrange scène, Tuculesco appris que cette paysanne, loin d’être folle, perpétuait un ancien rite* : lorsque la souffrance d’un être est trop forte, il la partage avec son double
végétal36
 .
 « Impressionné par le puissant symbolisme* de cette communication avec
“l’autre monde”, Tuculescu a dès lors voulu renouer dans ces toiles avec une
“émotion primitive” encore intacte derrière la grande fatigue de la civilisation moderne.
Les étapes de son œuvre païenne ont été, selon ses propres termes, la phase folklorique” et la “phase totémique”. Tuculescu a ainsi abondemment représenté les danses*
anciennes (hora, sârba, batuta), les lamentations funéraires (bocet) et les intérieurs des
maisons rurales (odaie). Il ne choisissait ses couleurs que dans la gamme vive des
scoartze, tissus de laine imprimés avec des motifs folkloriques. Ses tableaux, aux titres
éloquents – Totem solaire, Fête païenne dans la forêt, Parmi les ancêtres – développè-
rent les thématiques de la réconciliation de la vie et de la mort, de la confiance magique
dans la nature et de l’éternelle présence des ancêtres. »
Les Vernes :
 Ou vergnes (mot d’origine gauloise) sont des baguettes sacrées d’aulne et l’on
pensera soit au “tirage de runes*” soit au “faisceau (fagot) du licteur” ce que le mot
sanscrit verna, qui se rapporte aux castes-corporations (cf. art. Fonction*) semble bien
confirmer ! Avant l’adoption du système métrique, les unités de longueur étaient la
36 Partage : Rite* probablement conservé dans l’Arbre aux Vœux georgien !
22coudée 37 (sacrée) et l’aune qui en vaut le double…
37 Coudée : Les cotes utilisées par les compagnons bâtisseurs de cathédrales du Moyen-Âge étaient
basées sur l'utilisation de la "pige" constituée de 5 segments articulés (genre mètre pliant) qui correspondaient chacun à une unité de mesure de l'époque : paume : 34 lignes = 7,64 cm ; palme (écart
index-auriculaire) : 55 lignes = 12,63 cm ; empan (écart pouce-auriculaire) : 89 lignes = 20 cm ; pie :
144 lignes = 32,36 cm ; coudée : 233 lignes = 52,36 cm. Ces longueurs sont exprimées en 'lignes"
qui mesurent chacune 2,247 mm. On remarquera ici que pour passer d'une mesure à la suivante, il est
nécessaire la multiplier par la “divine proportion” qui approche du récent "Nombre d'Or" (≈ 1,618).
Ces mesures "harmoniques" étaient, comme leur nom l'indique, en rapport avec une partie du corps
humain : « si on demande à des personnes de dessiner un rectangle quelconque, le format des rectangles sera (dans 75% des cas selon le physiologiste et philosophe allemand Gustav Fechner, en 1876)
proche du nombre d'or. Peut-être le rectangle quelconque est-il le rectangle d'or ? Si, en vous mesurant, les rapports "hauteur totale / distance sol-nombril"et "distance sol-nombril / distance nombrilsommet du crâne" sont égaux à environ 1,6, vous êtes bien proportionnés ...
(D'après Zeising, l'homme à la section d'or !) » Ceci est appelé “canon” esthétique…
 Pour un étude plus vaste du Nombre d'Or, cf. le site internet : http-//trucsmathsfree.fr/image
Màj 09-5-03 : « Louis Charpentier, in Les Mystères de la Cathédrale de Chartres, Laffont : En m.,
les mesures les plus notables de la cathédrale intérieure sont proches des nombres : 37, 74, 148.
" Une première hypothèse de travail peut être fondée sur ces dimensions - ou des dimensions très proches, que des distances longues permettront de préciser.
" Par exemple,…, la longueur totale du vaisseau central,…, est de 110,76m. Divisé par trois, cela
donne 36,92m. D'autre part, les piliers du vaisseau central,…, ayant un diamètre de 1,60m, le "vide",
la largeur vide du chœur est de 14,78m, ce qui fait, à très peu près, quatre fois 3,69m… Il semble
donc qu'une mesure très proche de 0,369m ait été employée ou, plus probablement, en ce qui concerne le plan au sol, une longueur double de celle-ci, plus facile à utiliser : 0,738m, que nous pourrions appeler, faute d'autre terme : la "Coudée de Chartres" !
" Et l'on peut, alors, relever, en "coudées", les dimensions suivantes : Largeur du chœur : 20 coudées,
Longueur du chœur : 50 coudées, Longueur de la nef : 100 coudées, Longueur des transepts : 90 coudées, Hauteur de la voûte : 50 coudées. On ne peut parler de coïncidences devant un emploi aussi systématique. Et nous retrouverons cette coudée, ou ses multiples, ou ses fractions simples, dans bien
d'autres mensurations.
" Mais, qu'est donc cette coudée de 0,738m ? Eh bien, c'est, tout simplement, la cent millieme partie du degre du parallele de Chartres ! »
 Ainsi donc, d'après cet auteur, la Cathédrale de Chartres est manifestement liée à son emplacement
géographique par une harmonie de dimensions. Et il ajoute :
 « …le plan, lui-même, se trouve en harmonie avec le lieu de Chartres ; avec le parallèle de Chartres.
Avec la vitesse même de rotation de ce lieu avec l'écorce terrestre puisque la distance parcourue en une
heure est de 1.107km, et que la longueur du vaisseau central est de 110,70m.
 © Francis Doignon-Tournier 2002-2203 / perso.wanadoo.fr/symbuli/
23 « L’aulne : représente la Souveraineté, mais aussi le passage d’un monde à un
autre, c’est un intermédiaire. » J.P. Persigout, Dictionnaire de Mythologie Celtique, Rocher, Monaco, 1985.
La Vigne :
 10° arbre de l’année celtique*, la vigne fut consacrée à Bacchus/ Dionysos
quand les Doriens oublièrent qu’il était venu à cheval en apportant la bière jusqu’en
Grèce. Bacchus omphakitès est le “dieu du raisin vert”, ce qui s’explique par le sens
d’Omphakias “jeune homme mort avant l’âge (<– Omphès “voie divine, oracle”) : ces
racines sont de nature à expliquer ce glissement…
A Évreux, ville fondée par les Éburovices38, lors de la saint Vital on allait dans
le Bois Sacré, rebaptisé Bois-l’Évêque, pour la “prise des Mais”, couper les “feuillus”
qui allaient servir à décorer la cathédrale, du 28 Avril au 1er Mai pendant les nuits de
Walpurgis. Puis l’on dansait dans la cathédrale où avaient lieu des concerts et des représentations “burlesques”.
 Cette Fête* du 1er Mai était accompagnée d’un “chahut” de cloches ou
chambart 39 et ce, quelquefois pendant 10 jours, comme signe de réjouissance certes,
mais surtout comme paragrêle en cette période des “saints de glace”. Cette “fête des
fous” 40 est perpétuée dans les figures de la base des tourelles de la cathédrale.
 Lorsque saint Patrick, au milieu du Vème siècle, vint à Glastonbury
(cf. Glasburg in art. Ambre*) dans le but de christianiser définitivement le site sacré*
38 Éburovices : des celtes éburons dont les Ebro/ Hébreux étaient parents, pour un tiers ?…
39 Du germanique Schembart : Schem “masque”, et Bart “barbe”, ce qui est le nom de ce chahut à
Nuremberg : le Schembartlauf y est toujours la Fête* du Boeuf Gras et la Quête des Bouchers, tout
comme chez nous ! Ces défilés de masques que nous appelions autrefois “mômeries” sont toujours
très bruyants d’où notre expression “faire du chambard” !
40 Fol signifie “Sage en paganisme” par antiphrase : c’est une protection contre l’Inquisition.
24celtique, il commença par faire abattre tous les arbres qui recouvraient la célèbre colline
du Tor (!) : comment ne pas penser ici au dieu récurrent de la bienfaisante pluie printanière Thor*.
Il nous faut donc maintenant
dire un mot sur la raison de la mort
de nos arbres sacrés :
Supposons que vous vouliez faire disparaître une coutume, la Pomme d’Avallon
par exemple, il n’y aura qu’un seul moyen et sans “magie*” : mangez-la et ainsi vous
pourrez la rejeter… le lendemain !
 Ainsi l’Église* crut bien faire en phagocytant les coutumes anciennes puis en les
rejetant par l’interdit ou, mieux, par l’oubli. Mais il y a un “pépin” dans cette histoire :
de cette petite graine, l’Arbre de Mai, l’Arbre de Vie… “vit”, il peut donc toujours
renaître lorque le pépin est rejeté car :
Toujours la Vie naît de la Mort…
On entend déjà un grondement tellurique,
Il annonce la Grande Re-naissance…
Curiosité folklorique : En Bretagne, pour la Samhain/ Toussaint/ Halloween (cf. art.
Fêtes*), après avoir porté en procession au cimetière les “arbre aux pommes” et les
“pains des âmes”, on pratique la vente aux enchères de ces squelettes d’arbres sur les
branches desquels sont piquées les plus belles pommes de la récolte. Le dernier enché-
risseur emporte l’arbre qu’il décorera l’an prochain, alors que l’ancien propriétaire
garde la pomme sommitale et donne les autres aux enfants alentour. Voici une intéressant manière de se souvenir qu’un jour :
« Apollon (d’Avallon) reviendra ! »
Cri de la dernière Pythie à Delphes
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
25LA FORÊT :
“O Tout-Puissant,
Dans la forêt je connais la joie,
Dans la forêt je suis heureux,
Chaque Arbre parle à travers Toi” !
Beethoven.
« Le vieux monde forestier va perdurer au Moyen-Âge, et les romans de chevalerie s’en font l’écho. En quête du Graal et d’autres objets merveilleux, les preux de la
Table Ronde se perdent dans les méandres d’immense labyrinthes* forestiers. Mais de
tels labyrinthes sont riches d’enseignements. Ils constituent un chapitre important du
grand livre des symboles* car chaque arbre, chaque essence propose une superbe révé-
lation d’ordre symbolique.
« La nature est un temple où de vivant piliers
Laissent parfois sortir de vivantes paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers. »
Beaudelaire, Correspondances.
« Les arbres sont indéniablement les piliers de la cathédrale de feuillage. À propos de l’un de ces sanctuaires forestiers, Tacite écrit, dans De Germania, que “Les plus
anciens et les plus nobles des Suèves seraient les Semnons (…) À époque fixées, les
peuples de ce nom et de ce sang se rassemblent par députations dans une forêt ; les augures des pères, l’effroi des vieux âges l’ont rendue sacrée (…) c’est là le berceau de la
nation, là que réside le dieu maître du monde, que tout lui est subordonné et lui obéit”.
 Plus loin, « Tacite évoque encore ces forêts sacrées dont certaines contenaient
des lacs, miroirs du ciel, où se trouvait le temple* (…)
« La forêt est le lieu caché où l’on reçoit les mystères… »
Cahiers de la Haute École Populaire de Normandie, n°9.
41
 « Découvrant cette absence de temples* traditionnels, mais constatant un culte
sylvestre ou naturel, le premier soucis des chrétiens sera de détruire les arbres et les forêts lorsqu’ils envahiront les pays nordiques païens. Ils pensaient que ceux-ci renfer-
41 Haute École Populaire de Normandie : c/o “Les Oiseaux Migrateurs”, B. Hue, rue des pé-
pinières, 14 400 Bayeux.
26maient l’essence du paganisme*. Et ils vont s’acharner sur ces géants végétaux : “La
religion* née en Orient à l’abri des palmes se fait jour en Occident au détriment des arbres, refuges des génies païens, que moines, saints, missionnaires abattent impitoyablement (Jacques le Goff, La civilisation de l’occident médiéval, Paris 1967”. » Arnaud
d’Âpremont, Yggdrasil, Janvier 1995.
 « C’est le végétal forestier qui dominera durant le cycle cérémoniel de Mai,
avec la représentation rituelle en Alsace d’hommes des bois,… entièrement habillés de
mousse ou de feuillage, appelés le Feuillu42 ou le Moussu et avec, plus communément,
la coutume du “Mai aux filles”. Il s’agit dans le premier cas, de conjurer les gelées
nocturnes, très fréquentes en cette période de l’année, et le Feuillu est, par endroits, appelé le Pourfendeur des gelées nocturnes. Dans le second cas, il s’agit de désigner, en
posant contre leur fenêtre un jeune arbre vif au feuillage nouvellement formé “le Mai”,
les jeunes filles comme bonnes à marier, investies d’une fécondité neuve.
 « Animaux qui parlent durant la nuit de Noël, Vieille des Bois, Ours, Hommes des
Bois vêtus de feuilles ou de peaux de bêtes, arbres appariés aux jeunes filles, toutes ces
manifestations de l’univers forestier mettent en correspondance l’ordre du monde humain et l’ordre du monde de la forêt, découpent l’année en deux grandes périodes suivant le cycle végétatif de la forêt elle-même, lequel commande son exploitation. “Nous
n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés...” La ronde enfantine est Chanson de
Mai, marquant l’arrêt de la saison du bûcheronnage (la sève monte, on ne doit plus
couper), comme novembre en marque le recommencement : dans les forêts communales bourguignonnes les portions d’affouage sont toujours distribuées au lendemain du l°
novembre.
 « En faisant venir la forêt au village et en participant un moment à son ordre
par le geste rituel, c’est un peu de son abondance*, de sa fécondité naturelle, de sa vie
libre et sans entraves, et aussi de ses forces surnaturelles que l’on tente de s’approprier.
Dans ce mouvement alternatif de capture de cet autre monde, se refait le temps des
hommes qui brisé, discontinu, soigne ses ruptures et ses tares dans l’indivision et l’intemporalité forestières.
 « Y a-t-il en définitive une mythologie de la forêt ? La forêt est plutôt, pour
l’ensemble du vieux monde européen, la terre natale du mythe* : elle est dans l’espace
ce qu’est l’âge dans le temps, elle est le lieu même de l’âge d’or. Abri privilégié des
dieux* à qui les hommes doivent les lois de leur monde, elle est aussi abri et refuge
pour eux : la forêt a toujours été ce lieu d’où pouvait s’organiser et surgir un contrordre, ou autre ordre, un ordre neuf et plus juste, cette terre d’asile qui s’offre à nourrir
toutes les révoltes contre tous les ordres établis : soulèvement des Gueux des Bois de
42 Précisons que le Feuillu, c’est le renouveau printanier, le Prince de Mai ; et le Moussu, c’est soit
l’Année finissante (su Solstice d’Hiver) soit le Noiraud, le vilain hiver… En grec, le Feuillu c’est
Phyllis qui fut transformée en amandier (Merci…). Le calendrier végétal – régional – fonctionne à
merveille car la Chandeleur, par exemple, se signale très régulièrement en Provence par la floraison
des amandiers. En Provence toujours, ce feuillu est le Petasson, le “rapiécé”, et l’on voit qu’une
“pétasse” n’est pas ce que l’on croit, mais une “sauvageonne” qui participe aux rites de fécondité dans
ces fêtes du Mai. On l’appellera palhassouno au carnaval de Cournonterral.
 La Confrérie des Frères Feuillus fut appelée plus tard, après le dénigrement chrétien des "fous de
carnaval" et de la "nef des fous", les Far-felus : gardiens de la tradition, ils revendiquaient le terme de
fols, poètes certes, mais… fous ? Certainement pas sauf au sens de la “kala” des Troubadours ! Cf.
aussi § Hommes sauvages in art. Blasons*, § Meubles.
27Flandre contre la tyrannie espagnole, Jacqueries françaises, révolte de Robin43 des Bois
contre les Normands… dont la geste nous est toujours transmise enrichie des vieux mythes tout comme Arthur, Siegfried. » Brepols, L’Europe, Mythes et Traditions.
« Sauvés de la catastrophe en trouvant refuge au sein de la Nature, où souffle
toujours l’esprit des dieux* disparus au combat, Lif et Lifthrasir – Vie et Ardent à vivre – se sont nourris et abreuvés de la rosée matinale. Tout comme leurs lointains ancê-
tres, Ask et Embla “Chêne et Orme” qui tiraient, comme eux, leur essence des arbres,
ils sont des enfants de la forêt. » Jean Mabire, Les dieux maudits, Copernic, 1978.
Par @ : Curieux visage dans cet arbre
qui joue les Trolls près de Penhoet
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Maj du 25 avril 05 : « La forêt ramène presque toujours, chez la personne qui y pé-
nètre, une notion de différence entre l'ici et l'ailleurs. Elle marque la limite spatiale entre
la colonisation du territoire par l'Homme et la nature sauvage.
La mythologie romaine souligne à cet effet que les Enfers étaient protégés du
monde par la présence de forêts sacrées le long du fleuve Styx, lesquelles furent destinées à la destruction par des soldats romains. Mais leur violation fut empêchée par des
43 Robin : en Grande-Bretagne, Georges le Vert est un “pharmakos” (bouc émissaire) : plongé dans
l’eau (comme nos mauvais poètes de Lyon-Lugdunon) il est battu, puis enfin brûlé… Je ne pense pas
qu’il y ait pu avoir un mélange entre les caractéristiques folkloriques des Verts et celles des Noirauds.
L’explication est a rechercher dans un rite* perdu qui nous remémore probablement le déluge* nordique : tremblement de terre, bombardement volcanique, incendie général et finalement raz de marée !
Le personnage fut christianisé en “saint Georges tuant le Dragon*” diluvien…
28moyens surnaturels qui terrifièrent les militaires et s'abattirent sur eux.
Au Moyen-âge, les proscrits, les fous, les brigands, les ermites, les lépreux et les
persécutés tenaient refuge dans les forêts de l'Europe du Nord. L'Église, qui cherchait à
imposer la Croix, se montrait tout à fait hostile à cette barrière naturelle et inculte qui
servait à abriter les païens. D'ailleurs, divers conciles tenus à partir de l'an 452 de notre
ère, statuaient contre l'adoration des arbres et considéraient comme sacrilèges les rituels
qu'on pratiquait dans ces lieux sauvages consacrés aux démons.
Pour se faire une idée plus exacte sur l'ampleur des sites de vénération des arbres, mentionnons qu'un relevé d'arbres vénérés effectué en 1854, dans le département
de l'Oise (France), indique que plus de 250 arbres servaient d'objet de consécration à
cette époque-là. Les forêts sacrées de la préhistoire européenne sont probablement les
précurseurs des forêts-cathédrales de la chrétienté. En s'élevant à la verticale vers le ciel
et en s'arrondissant de chaque côté de nous telle une voûte, la cathédrale gothique reproduit visiblement, dans son intérieur majestueux, les anciens lieux de culte où les
grands arbres se rejoignaient dans leurs cimes. S'agit-il d'une simple coïncidence ou
d'un dérivé chrétien d'une correspondance très ancienne entre les forêts et le domaine
des Dieux* ?
Ce sont donc probablement les forêts qui ont été les premiers temples* de la Divinité, et les hommes s'en sont peut-être inspirés pour créer l'architecture. » P. E. Rocray, SOciété Des Arbres du Québec.
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Ma forêt amoureuse…
« Ma forêt amoureuse n’a point d’essences rare :
Elle est faite de chênes, de bouleaux et de pins,
D’ormes, charmes et tremble tout bruissants de mots tendres,
Tout frisselants d’attentes ; de troncs où le lierre,
En volutes fragiles, joue la fidélité…
Ma forêt amoureuse a de vastes clairières
Où nouer nos deux corps au soleil de la vie ;
Où nos doigts enlacés, à l’ombre des fougères,
Pourront croire un moment approcher l’infini…
Ma forêt amoureuse a des odeurs profondes
De pourpre et de topaze et des teintes fragiles :
Chèvrefeuille et rosée, arcs en ciel, voluptés…
Si la pipistrelle vole autour de mes rêves,
Mes étés veloutés…
Le pic-vert dans les troncs de mes pensées profondes
Cherche les vers informes de mes illusions…
Que passent les automnes, que viennent les hivers,
Ma forêt amoureuse patiente des printemps
Qu’elle ait éternels… »
Paroles et musique de Jacqueline Gilles.
291ère parution le 30 juin 01, mise à jour le 3 fév. 06
Sites plus :
< arbre-celtique.com >
< swastika.com/goddess.html >
< arfe.fr/mythes/mythes_arbres_europe.htm >
Biblio plus
BIBLIOGRAPHIE de www.arfe.fr
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BROSSE Jacques - Les arbres de France (Christian de Bartillat )
BROSSE Jacques - Mythologie des arbres (Plon )
CHEVALIER Jean et GHEERBRANT Alain - Dictionnaire des symboles (Laffont)
Collectif - L’arbre Histoire naturelle et symbolique de l’arbre, du bois et du fruit au Moyen Age
(cahiers du léopard d’or).
COSTE H Abbé - Flore de France (Librairie des sciences et des arts, Paris)
ELIADE Mircea - Traité d’histoire des religions (Petite bibliothèque Payot)
ELIADE Mircea - Images et Symboles (Gallimard)
FISCHESSER Bernard - Connaître les arbres (Nathan)
GRAVES Robert - Les mythes Celtes la déesse blanche (Editions du Rocher)
GRAVES Robert - Les mythes Grecs ( )
HAMILTON Edith - La mythologie (Marabout)
JULIEN Nadia - Le dictionnaire des mythes (Marabout)
LEVI-STRAUSS Claude - La pensée sauvage (Presses pockett)
LIEUTAGHI Pierre - Le livre des arbres arbustes et arbrisseaux (Robert Morel)
MAURY Alfred - Les forêts de la Gaule et de l’ancienne France (jean de Bonnot)
WALTER Henriette - L’aventure des langues en Occident (Robert Laffont)
Bibliographie "Arbres" de la Sodaq / Canada
Chevalier, + Gheerbrant. 1969. Dictionnaire des symboles. Édition Robert Laffont/Jupiter.
Hirsh, C. 1987. Les symboles. L'Arbre. Éditions du Félin.
Maclean, D. 1980. La voix des anges. Éditions Le Souffle d'Or.
Paquet, B. 1996. L'arbre et sa symbolique historique,
Texte de conférence présentée aux Nocturnes du Jardin botanique de Montréal.
Dans Messages, la revue du Groupe Druidique des Gaules :
Forey Pamela & Fitzsimons Cécile, Arbres, Nature Poche.
Vescoli, Calendrier celtique des arbres, Actes Sud.
Couplan François, Dictionnaire Étymologique de Botanique, Delachaux & Niestlé.
Monard J., Dictionnaire de Celtique Ancien, Keltia.
Encyclopédie interactive multimédia Hachette (C.D.R.)
Leroux & Guyonvarc’h, Les Druides, Ouest-France-U.
Pelt J. M., Les Nouveaux Remèdes, Fayard.
30Autorisation de Citations :
Vous pouvez extraire de cette étude toute citation utile à un travail personnel
avec le nom de son auteur ainsi que les références du créateur de ce site :
Tristan Mandon
“Les Origines de l’Arbre de Mai”
dans la cosmogonie runique des Atlantes boréens
http://racines.traditions.free.fr
31

http://racines.traditions.free.fr/arbrdic/arbrdic.pdf

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