mercredi 2 mai 2012

Nemeton


Nemeton

Le mot gaulois nemeton ou nemeto- désigne le sanctuaire, le lieu spécifique dans lequel les Celtes pratiquaient leur culte, sous la direction des druides. L'équivalent gaélique est nemed qui signifie « sacré ». Enbrittonique, on trouve nyfed en gallois et neved en breton au sens de « sanctuaire ». Strabon nous apprend, entre autres, que le nom du sanctuaire des Galates d'Anatolie est Drunemeton (Livre XII, I). 

Étymologie[modifier]

Le terme nemeton est bien attesté dans les inscriptions anciennes rédigées en langue gauloise, utilisant soit l'alphabet grec, soit l'alphabet latin. Il signifie certainement à l'origine « bois sacré » avant de glisser vers le sens de « sanctuaire ». Le terme est expliqué tardivement dans une glose de Fortunat : « loco nomine Vernemetis...quod quasi fanum ingens Gallica lingua refert. » et sous une forme latinisée issue de la forme romane « de sacris silvarum quae nimidas vocant. »

Localisations[modifier]

Ces lieux sacrés se retrouvent dans tout le monde celtique aussi bien en Grande-Bretagne qu'en Hongrie, en Allemagne, en Suisse, en République tchèque, etc., et bien évidemment en Gaule où l'archéologie a démontré la richesse et l'abondance de ces sites. À titre d’exemple, on peut citer l’important nemeton de la forêt du Nevet (mot qui provient du breton neved, pluriel nevedoù, 'sanctuaire', issu du celtique nemeton), à Locronan (département du Finistère) en Bretagne, dont le souvenir des rituels druidiques se perpétue de nos jours sous la forme chrétienne de la Grande Troménie.
Les enclos rituels celtiques apparaissent à la fin du Hallstatt (vie siècle av. J.‑C.), comme en attestent notamment les fouilles de celui des « Herbues » au Mont-Lassois, où l'élite locale est héroïsée1.
Certains nemetons sont fréquentés jusqu’à la christianisation, après avoir été transformés en fana. Outre celui précité, on peut citer à titre d'exemple : Gournay-sur-Aronde dans le département de l’Oise etMirebeau-sur-Bèze dans celui de la Côte-d'Or en France, Navan Fort en Irlande du Nord, (capitale mythique du royaume d'Ulster, connue dans la littérature épique sous le nom d'Emain Macha, résidence du tout aussi mythique roi Conchobar Mac Nessa), Holzgerlingen ou Felbach-Schmieden en AllemagneMšecké Žehrovice et Oppidum Závist en Bohême, Ludéřov en Moravie.
À noter : le sanctuaire carnute dont Jules César fait mention dans la Guerre des Gaules n'a pas été localisé.


A partir du 5ème s.av.JC, les Celtes, à la découverte des territoires inconnus où le soleil se couche, parviennent jusqu’à ces rivages où il leur semble être arrivés au bout du monde.
C’est dans ce lieu grandiose, face à l’immensité de l’océan, entre deux « montagnes », que les Celtes vont créer un « nemeton », temple sous la voûte du ciel.
Le Nemeton : espace sacré
Si un certain nombre de villes ont gardé la trace de l’existence d’un nemeton dans les temps anciens, tel Nanterre (anciennement « Nemetodunum »), le nemeton de Locronan est le seul en Europe à être parvenu jusqu’à nous, toujours inscrit dans le paysage.
Le Nemeton de Locronan est un grand quadrilatère d’une douzaine de km. de périmètre, comportant douze points remarquables, représentant les douze mois de l’année celtique. La fonction sacrée du nemeton était la représentation sur terre du parcours des astres dans le ciel : il décrivait dans l’espace les douze mois de l’année en même temps que chacun de ces mois était consacré à une divinité du panthéon celtique.
C’est au travers de la Troménie chrétienne contemporaine que nous pénétrons au coeur de ce rituel ancien. En effet, les habitants de Locronan parcourent tous les six ans, à travers la lande, le chemin sacré jalonné de douze stations situées à l’endroit exact des douze mois de l’année celtique.
Autres fêtes d’origine celtique célébrée à Locronan
Le pain des morts
Le premier jour de novembre était le début de l’année celtique, grande fête de Samonios, nuit de communication entre le monde des morts et celui des vivants, l’occasion d’un grand festin auquel étaient conviés les morts.
A Locronan, l’on continue, depuis un temps immémorial, à distribuer à cette date le pain des morts.Cette distribution est confiée aux fabriciens de l’année qui vont le porter de maison en maison.
L’arbre de mai
Le premier mai, début de la saison chaude dans le calendrier celtique, est la grande fête du feu, la fête de Belenos. A Locronan, le soir du samedi précédant le premier dimanche de Mai, est planté au milieu de la place un hêtre, l’un des arbres sacrés de la civilisation celtique, symbole du renouveau de la nature, qui sera brûlé au solstice d’été à la fin juin.
Ar Gazeg vaen – la Jument de pierre ou la Cavale Blanche
Grand bloc de pierre sur le parcours de la Troménie, présenté comme « la chaise de Ronan », et sur lequel, encore aujourd’hui, les femmes s’assoient pour s’assurer d’une maternité, attribuant un résultat bénéfique à l’intercession de saint Ronan. Les textes anciens présentent cette pierre comme le reste de trois blocs d’égale grandeur, les deux autres ayant été débités pour fournir des matériaux de construction. Il est remarquable que le bloc auquel personne n’ait osé toucher est le plus intéressant des trois,celui que les photographies aériennes présentent comme l’extrémité d’un phallus géant qui devait dominer Locronan d’une quinzaine de mètres à l’époque néolithique. C’est ce culte de la fécondité que les Celtes ont découvert en parvenant dans cette région,et qu’ils ont assimilé, l’intégrant à leurs propres croyances, avant que la religion chrétienne ne le fasse sien à son tour. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire