samedi 14 avril 2012

L'histoire des Dieux



L'histoire des Dieux




Sommaire


Les Vanes


Les Ases


La rencontre des Ases et des Vanes


La Création d'Asgard


Des cheveux de Silf au marteau de Thor


Thor aux Iotunheimar


Le Tribut de la loutre



Les Vanes

Vanahem - Peinture de Christophe Robakowski
Les Vanes habitent Vanaheim.
Ils apportent la fertilité aux terres, la prospérité aux paysans, aux marchands et aux marins.
Ceux sont des dieux de paix, d'amour, d'abondance.

Les plus connus sont NjordFreyjaFreyr ; mais aussi (avec réserves) FriggIdunn...
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Les Ases

Asahaim - Peinture de Christophe Robakowski
Les Ases habitent Asaheim.
Ce sont les dieux les plus connus.
Si ces dieux sont des dieux guerriers, ils incarnent également le savoir et le destin.
En effet, si Odin est le dieu des bersekers, c'est aussi le dieux qui apportent aux hommes le secret des runes.
Les dieux Ases sont donc à la fois guerriers et magiciens, ils représentent à la fois la sagesse et le courage.

Les plus connus sont OdinThorTyr
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La rencontre des Ases et des Vanes

Où on découvre les rapports entre les Ases et les Vanes

Pour les Ases, tous les non-Ases sont des géants (et les femmes sont des sorcières) car ils sont nés des enfants de Bergelmir.
Les Vanes sont donc des géants.

Les affrontements entre ces dieux sont réguliers et commencent dès le début de leur histoire. Mais au lieu d'aboutir à la destruction des deux camps, cette rivalité va finir par les souder.

Gullveig, la sorcière

Les Vanes envoient aux Ases Gullveig, [Ivresse de l'Or] une sorcière (= une géante). Les Vanes espèrent ainsi obtenir la paix avec les Ases en leur apportant la richesse et la propérité.

Pour les Ases l'or ainsi déversé est comme un poison. La richesse monte à la tête des dieux et des déesses. Seuls certains vont tenter de résister à l'attrait de l'or. Par trois fois, ils vont tenter de tuer la sorcière, en vain.

La corruption gagne alors le coeur des Ases et les prive de leur vertu et de leur courage.

La bataille

Les Vanes profitent de cet instant de faiblesse et attaquent. Alors que la victoire leur est assurée, Odin brandit alors sa lance et utilise toute sa magie. Il jette sa lance par dessus la bataille et brise alors l'élan des Vanes.

La Magie d'Odin a frappé et celui-ci sait qu'il ne peut plus perdre, mais il sait également qu'il ne peut gagner....


La réconcilliation

Les Ases et les Vanes vont alors se réconcilier et pour cela ils échangent des otages.

Njord et ses enfants Freyr et Freyja viennent chez les Ases et Hoenir, et Mimir vont chez les Vanes.

Mais les Vanes, devant l'intelligence de Mimir, se méfient. Ils décident de le tuer et ils envoyent sa tête à Odin. Celui-ci utilise une fois de plus sa magie pour rendre la vie à la tête de Mimir (voir Mimir).
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La Création d'Asgard

Où on découvre comment Loki met bât le plus fabuleux des chevaux

Une étrange demande

Lorsque les dieux s'établirent à Midgard, après avoir édifié la Valhalle pour les guerriers, un géant maître bâtisseur, proposa de construire l'Asgard, Demeure-des-ases, en trois semestres en échange de la déesse Freyja en épouse et de la possession du Soleil et de la Lune.

Les dieux finirent par accepter mais uniquement si le géant arrivait à ses fins en un seul semestre (soit 6 mois) et aucun homme ne devait l'aider dans sa tache. Le Géant réfléchi et demanda alors l'aide de son cheval Svadilfoeri. Le DieuLoki appuya cette demande et les dieux acceptèrent.


La construction d'Asgard

Le stratagème de Loki

Sleipnir

Loki sous sa forme de jument avait été couvert par l'étalon et quelques mois plus tard il mit bât un poulain gris à huit jambes. On le nomma Sleipnir et il fut désormais le meilleur cheval que n'eurent jamais les dieux.


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Des cheveux de Silf au Marteau de Thor

Une nuit, Loki coupa les cheveux de Silf. Furieux, Thor menaça de massacrer le Dieu du feu qui promis alors de réparer sa faute au plus vite. Ce dernier alla jusqu'à une large grotte, la demeure des fils d'Ivaldi et leur narra la raison de son voyage. Il leur demanda de filer de l'or aussi fin que les cheveux de Silf et de les enchanter pour qu'ils poussent comme des vrais. Les Alfes acceptérent et créerent une longue onde de méches que Loki donna alors à Silf.

Les fils d'Ivald, profitant de leurs forge encore chaude, créerent également en même temps :
  • Gungnir, la lance d'Odin,
  • Skidblanir, le navire de Freyr
Mais ces objets hatisèrent la jalousie des frères Brokk et Eiri, deux alfes sombres qui, sous les railleries de Loki, relevérent le défi de faire mieux.

Le Dieu du feu leur promit sa tête s'ils s'y parvenaient

Borkk et Eiri firenet appel aux dieux pour vérifier le pari.

Ils ont ainsi forgé de nombreux objets pour les dieux tous plus puissant et magnifiques :

  • Gullinborsti est un sanglier magique aux soies d'or qui tire le char de Freyr.
  • Moljnir est le fameux marteau réalisé pour Thor.
  • Draupnir, l'anneau magique d'Odin
Les Dieux jugèrent que les jumeaux avaient gagné leur pari avec le fabuleux artefact Mjöllnir, le concasseur de Géants et l'arme fétiche de Thor.

Thor rejeta pourtant la requête de Brokk quant à décapiter Loki mais ils furent autorisé cependant à lui coudre les lèvres, ce qui incita le Dieu du feu à préparer sa vengeance à l'encontre de Thor.
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Voyage de Thor aux Iotunheimar

La rencontre de Skymir

Thor commença son expédition aux Iotunheimar, en direction de l'est. Il effectua tout le trajet jusqu'à l'océan et gagna alors le large afin de traverser cette vaste mer. Quant il atteignit la terre, il monta sur le rivage accompagné de Loki. Après avoir parcouru une petite distance, ils rencontrèrent une grande forêt, à travers laquelle ils marchèrent pendant toute la journée jusqu'à la tombée de la nuit. Il y avait peu de provisions.

Quant il fit sombre, ils se mirent en quête d'un gîte pour la nuit et tombèrent sur une très grande maison ; à l'une de ses extrémités se trouvait une porte, qui était aussi large que la maison elle-même. Ce fut là qu'ils élirent domicile pour la nuit. Mais, au milieu de la nuit, il y eut un grand tremblement de terre, le sol sous eux se mit à faire des secousses et la maison vacilla. Alors Thor se leva et appela son compagnon ; ils avancèrent à tatons, trouvèrent une annexe sur la droite, au milieu de la maison, et y entrèrent. Thor prit position dans l'ouverture de la porte, Loki restant en retrait et ayant grand peur. Mais Thor tenait le manche de son marteau et avait la ferme intention de se défendre. Ils entendirent alors de grands sifflements et grondements.

Au point du jour, Thor sortit et vit un homme qui était étendu là, tout près de lui, dans la forêt, et qui n'était pas petit. Il dormait et ronflait fortement. Alors Thor crut comprendre de quelle sorte de bruits il avait été question dans la nuit. Il se ceignit de sa ceinture de force, et sa " force d'Ase " s'accrut. Mais à ce moment là, l'homme se réveilla et se leva promptement, et l'on dit que, pour une fois, Thor fut saisi de stupeur et hésita à le frapper avec son marteau qu'il lui demanda son nom. L'homme déclara s'appeler Skrymir.

" Quant à moi, dit-il, je n'ai pas besoin de te demander ton nom, car je vois bien que tu es Asa-Thor. Mais est-ce toi qui as déplacé mon gant ? "

Sur ces entrefaites, Skrymir étendit le bras et ramassa son gant. Thor comprit alors que c'était cela qu'il avait utilisé comme maison pendant la nuit, et que l'annexe n'était autre que le pouce du gant.

Skrymir demanda à Thor s'il voulait de sa compagnie pour la route, et Thor accepta. Skrymir prit alors son sac à provisions, le dénoua et fit ses préparatifs pour le déjeuner, Thor et Loki en faisant de même à un autre endroit. Ensuite, Skrymir leur proposa de mettre en commun leurs provisions, et Thor accepta. Skrymir empaqueta toutes leurs provisions dans un seul sac et le mit sur son dos. Il marcha en tête pendant toute la journée, en faisant d'assez grandes enjambées. Tard dans la soirée, il leur trouva un gîte pour la nuit sous un grand chêne. Skrymir déclara alors à thor qu'il voulait s'étendre pour dormir.
" Quant à vous, prenez le sac à provision et préparez votre souper. "

Puis Skrymir s'endormit et ronfla fortement. Thor prit le sac à provisions et voulut le dénouer. Mais pour invraisemblable que cela puisse paraître, il faut dire ici qu'il ne parvint pas à défaire un seul nœud, et qu'aucune des lanières de cuir dont il s'efforça de faire jouer l'extrémité ne devint plus lâche qu'auparavant. Quant il vit que ces efforts ne servaient à rien, Thor se mit en colère : il saisit des deux mains le marteau Mjollnir, fit un pas en avant vers l'endroit où Skrymir était étendu et le frappa à la tête. Skrymir se réveilla et demanda si une feuille lui était tombée sur la tête, et également s'ils avaient fini de manger et s'ils étaient prêts à aller se coucher. Thor répondit qu'ils étaient sur le point d'aller dormir. Ils allèrent alors se coucher sous un autre chêne, mais, pour te dire la vérité, il ne leur fut pas possible de dormir en toute quiétude.

Au milieu de la nuit, Thor entendit que Skrymir ronflait et dormait si fermement que la forêt en retentissait. Alors Thor se leva, s'avança vers lui, brandit son marteau promptement et puissamment, et le frappa en plein sur le sommet de la tête. Il sentit que la table du marteau s'enfonçait profondément dans la tête. A ce moment-là, Skrymir se réveilla et déclara :
" Que se passe-t-il ? Un gland m'est-il tombé sur la tête ? Mais, qu'es-tu en train de faire, Thor ? "

Thor recula en toute hâte et répondit qu'il venait de se réveiller, mais qu'il était alors minuit et que c'était encore le moment de dormir. Il considéra alors que s'il trouvait l'occasion d'assener pour la troisième fois un coup à Skrymir, ce dernier n'ouvrirait plus jamais les yeux. Thor était à présent allongé et guettait si Skrymir s'était rendormi profondément.

Un peu avant l'aube, il entendit que Skrymir devait s'être endormi. Alors il se leva, courut vers lui, brandit le marteau de toutes ses forces et lui asséna un coup sur la tempe qui lui faisait face : le marteau s'y enfonça jusqu'au manche. Skrymir se réveilla, s'assit et se passa la main sur la tempe en déclarant :
" Des oiseaux seraient-ils perchés dans l'arbre au-dessus de moi ? En me réveillant, je me suis demandé si quelques brindilles ne m'étaient pas tombées sur la tête. Mais, es-tu réveillé, Thor ? Il doit être l'heure de se lever et de s'habiller. A présent, il ne vous reste plus grande route à faire pour atteindre le fort qui est appelé Utgard. Je vous ai entendus chuchoter entre vous que je n'étais pas de petite taille, mais, si vous pénétrez dans Utgard, vous y verrez des hommes plus grands que moi. Je vais donc vous donner un bon conseil : ne vous comportez pas de façon arrogante, car les hommes d'Utgard ne supporteront pas volontiers des propos présomptueux de la part de petiots comme vous ! Sinon, retournez d'où vous venez ! Et j'estime au demeurant que ce serait ce que vous auriez de mieux à faire. Mais, si vous voulez poursuivre votre expédition, prenez en direction de l'est. Quant à moi, mon chemin me mène à présent vers le nord, en direction des montagnes que vous pouvez voir là-bas."

Skrymir prit alors le sac à provisions, le jeta sur son dos et les quitta en prenant à travers la forêt. En l'on ne rapporte pas que les Ases lui aient déclaré qu'ils souhaitaient le revoir.

Chez le Roi Utgarda-Loki

Thor et Loki poursuivirent leur chemin et marchèrent jusqu'à la mi-journée. Ils virent alors un fort qui s'élevait sur une plaine, et il leur fallut renverser la nuque en arrière pour en apercevoir le sommet. Ils allèrent jusqu'au fort : devant la porte se trouvait une grille, qui était fermée. Thor s'avança vers elle, mais il ne parvint pas à l'ouvrir. Déployant alors de grands efforts pour pénétrer dans le fort, ils se glissèrent entre les barreaux de la grille. Une fois entés de la sorte, ils virent une grand halle vers laquelle ils se dirigèrent. Le battant de la porte étant ouvert, il pénétrèrent à l'intérieur, et, là, ils virent de nombreux hommes, qui étaient assis sur deux bacs et qui, pour la plupart, étaient extrêmement grands.

Sur ces entrefaites, ils se présentèrent devant le roi, Utgarda-Loki, et le saluèrent. Celui-ci prit tout son temps avant de poser les yeux sur eux : il eut alors un sourire sarcastique qui découvrit ses dents, et il déclara :

" Les nouvelles véridiques mettent beaucoup de temps à parcourir de longues distances ! Car se peut il vraiment que, comme je le crois, ce garçonnet soit Aka-Thor ? Sans doute es-tu donc plus puissant que tu ne me parais l'être. Mais, dans quelles discipline êtes-vous versés, toi et ton compagnon ? Nul ne peut en effet être admis parmi nous s'il ne possède quelque talent ou quelque capacité à un degré plus éminent que les autres hommes. "

Alors, celui qui se tenait le plus en retrait, et qui n'était autre que Loki déclara :

" Je possède un talent dont je suis tout disposé à te faire montre et qui est le suivant : il ne se trouve personne ici qui soit capable de manger aussi vite que moi. "

Le roi répondit :

" Il s'agira là d'un véritable talent si tu réalises cette performance. Nous allons donc en faire l'expérience à présent. "

Il appela un homme qui était assis sur l'un des bancs au fond de la halle et qui portait le nom de Logi, et il lui demanda de s'avancer dans l'allée centrale et de se mesurer à Loki. Puis on apporta une auge que l'on plaça sur le sol au milieu de l'allée et que l'on remplit de viande. Loki s'assit à un bout et Logi à l'autre. Chacun d'entre eux mangea alors aussi rapidement que possible, et ils se rencontrèrent au milieu de l'auge : Loki avait mangé toute la viande qui se trouvait sur les os, tandis que Logi lui, avait mangé non seulement toute la viande, mais aussi les os de même que l'auge. il apparut donc à tout un chacun que Loki avait perdu la partie.

Le roi demanda alors à Thor quel était le talent dont il voulait faire la démonstration devant eux, tant étaient grandioses les récits dans lesquels on célébrait ses exploits. Thor répondit que ce qui avait sa préférence était de se livrer à un concours de boisson avec l'un de ses hommes. Ayant déclaré que cela pouvait aisément se faire, le roi appela son échanson et lui demanda d'apporter la corne à boire. Ce dernier la tendit à Thor. Alors, le roi déclara :

" Quand un homme vide cette corne d'un seul trait, on estime que c'est un excellent buveur. Certains la vident en deux traits, mais nul n'est si priètre buveur qu'il ne la vide en trois traits ".

Thor regarda la corne et il ne lui sembla pas qu'elle fût si grande, encore qu'elle fût passablement longue. Comme il avait grand-soif, il se mit à boire, avala d'immenses gorgées et estima qu'il ne lui serait pas nécessaire d'engager sa tête plus avant dans la corne. Mais lorsqu'il fut à bout de souffle et qu'il dut relever la tête, il regarda ce qu'il avait bu et il lui apparut que, si le niveau dans la corne avait baissé, ce n'était que dans une très faible mesure.

Le roi dit alors :
" Voilà qui est bien bu, mais pas vraiment trop ! Si l'on m'avait dit qu'Asa-Thor ne serait pas capable de boire plus que cela, je ne l'aurais pas cru. Mais je sais que ton intention est de vider cette corne du second trait. "

Thor ne répondit rien. Il porta la corne à sa bouche en étant bien décidé à boire plus qu'auparavant. Il but de toutes ses forces aussi longtemps qu'il parvint à garder son souffle, mais il vit à nouveau que la corne n'était pas aussi inclinée qu'il l'eût souhaité. Quand il retira la corne de sa bouche et regarda à l'intérieur, il lui apparut que le niveau avait moins baissé que la première fois : il y avait à présent juste assez d'espace entre le bord et la boisson pour que la corne put être transportée sans en renverser le contenu.

Le roi Utgarda-Loki dit alors :

" Qu'y a-t-il, Thor ? Te réserverais-tu plus qu'il ne convient pour un autre trait ? si tu dois vider la corne lors du troisième trait, tu as prévu, me semble-t-il, que ce sera le plus grand de tous. Mais tu ne pourras pas être tenu ici pour quelqu'un d'aussi important que les Ases le disent, si tu ne te montres pas plus fort dans d'autres épreuves que tu ne me parais l'être dans celle-ci ".

Alors Thor se mit en colère, porta la corne à sa bouche et but avec toute l'impétuosité dont il était capable. Mais, quand il regarda à l'intérieur de la corne, il vit qu'à présent, ce n'était au mieux qu'une faible différence de niveau qui avait été obtenue. Il rendit alors la corne et ne voulut plus boire.

Le roi déclara :

" Maintenant, il est manifeste que ta force n'est pas aussi grande que nous le pensions. Mais, veux-tu t'essayer à d'autres épreuves ? On voit bien à présent que tu ne tires aucun avantage de celle-ci ". Thor répondit : " Je vais certes me livrer à d'autres épreuves, mais cela m'eût paru étrange, quand j'étais chez moi en compagnie des Ases d'entendre qualifier de petits de semblables traits. Quelle épreuve me proposez-vous donc maintenant ? "

Le roi déclara :

" Les jeunes garçons se livrent ici à un jeu qui doit paraître insignifiant : il soulèvent de terre mon chat. Je n'aurais pas osé en parler à Asa-Thor si je n'avais constaté auparavant que tu étais beaucoup moins puissant que je ne le croyais. "
Sur ces entrefaites, un chat de couleur grise et de taille plutôt grande arriva en courant au milieu de la halle. Thor s'approcha, lui mit la main sous le ventre pour le soulever. Mais le chat courba le dos au fur et à mesure que Thor étendait le bras. Et, quand Thor s'étira du plus haut qu'il pouvait, le chat ne souleva qu'une seule patte. Aussi Thor ne put-il remporter cette épreuve.

Utgarda-Loki déclara alors :

" Cette épreuve s'est déroulée comme je m'y attendais. Le chat est plutôt grand, tandis que Thor est petit et courtaud, comparé aux hommes de haute taille qui sont ici en notre compagnie. "

Alors Thor déclara :

" Puisque vous me qualifiez de si petit, que quelqu'un vienne donc lutter avec moi ! Me voilà en colère à présent ! "

Utgarda-Loki regarda alentours sur les bancs et déclara :
" Je ne vois ici personne qui n'estimera que ce serait déchoir que lutter avec toi. " 

Il dit encore :

" Mais, voyons ! Faites venir ici ma vieille nourrice, et que Thor lutte avec elle, s'il le veut ! Elle a terrassé des hommes qui ne me paraissaient pas être moins robustes que Thor. "

Il est inutile de faire un long récit de ce combat : il se déroula de telle sorte que, plus les efforts déployés par Thor étaient violents, plus la vieille femme se tenait fermement sur ses jambes. Ensuite, la vieille plaça des clés, et Thor ne tarda pas à vaciller ; et comme les assauts redoublaient de violence, cela ne prit pas longtemps avant qu'il ne tombât sur un genou. Alors, Utgarda-Loki s'approcha, leur ordonna de cesser le combat et déclara qu'il n'était pas nécessaire que Thor conviât à la lutte d'autres personnes dans la halle. Comme, de plus, la nuit était alors toute proche, Utgarda-Loki indiqua à Thor et à son compagnon un endroit où s'asseoir : ils passèrent là toute la nuit et furent traités avec libéralité.

Le lendemain matin, dès qu'il fit jour, Thor et Loki se levèrent, s'habillèrent et s'apprêtèrent à partir. Le roi arriva et fit dresser une table à leur intention : ils furent traités avec largesse, tant pour ce qui fut de la nourriture que de la boisson. Quand ils se furent restaurés, ils se mirent en route. Les accompagnant, Utgarda-Loki sortit alors du fort avec eux. Au moment de prendre congé, il s'adressa à Thor et lui demanda ce qu'il pensait de son expédition, et s'il avait rencontré auparavant un homme plus puissant que lui. Thor répondit qu'il ne pouvait nier qu'il avait subi un grand déshonneur dans son commerce avec lui.

" Et, de plus, je sais que vous allez me qualifier de minable, et cela me déplaît. "

Les Illusions du Roi Utgarda-Loki

Le roi déclara alors :

" Il me faut te dire la vérité maintenant que tu es sorti du fort : tant que je vivrai et que je serai en mesure de décider, tu n'y pénétreras plus jamais. Par ma foi, tu n'y serais jamais entré si j'avais su auparavant que tu possédais une si grande force et que tu nous mettrais ainsi deux doigts du désastre. Mais je me livrai à ton encontre à des illusions visuelles, en sorte que ce fut moi qui vins au-devant de vous quand je découvris ta présence, tout au début, dans la forêt. Puis, quand il te fallut dénouer le sac à provisions, tu ne pus trouver l'endroit où l'ouvrir, car je l'avais attaché avec des liens de fer ensorcelé.

Ensuite, tu m'assenas trois coups de marteau : le premier fut le moins fort, mais il fut cependant si violent qu'il eût suffi à me tuer s'il m'avait atteint. De fait, ces trois vallées de forme carrée, dont l'une est plus profonde que les autres, que tu as vues sur le haut plateau de la montagne proche de ma halle, ce sont les traces de ton marteau. Je brandis cette montagne face à tes coups, mais cela tu ne le vis point. Il en alla de même lors des épreuves disputées avec les hommes de ma garde.

Au cours de la première, Loki, qui avait grand faim, mangea gloutonnement. Mais celui qui s'appelait Logi n'était autre que le feu sauvage, aussi ne mit-il pas plus de temps à consumer l'auge que la viande.

Quand tu bus à la corne, il te sembla que cela allait lentement, mais par ma foi, il s'opéra alors un prodige que je n'aurais pas cru possible : le bout de la corne se trouvait en effet loin dans l'océan, ce que tu ne vis pas. Mais quand sur le chemin du retour tu atteindras le rivage, tu pourras voir quelle baisse du niveau de la mer tu provoquas alors en buvant. " C'est cela qui porte à présent le nom d' " estran "
.

Il poursuivit :

" Le fait que tu soulevas le chat ne me sembla pas moins remarquable. Pour te dire la vérité, tout ceux qui virent que tu parvenais à soulever de terre une de ses pattes prirent peur, car ce chat n'était pas ce qu'il te paraissait être : c'était Jormundgand, le serpent de Midgard, qui se trouve tout autour des terres et dont la taille est à peine assez grande pour que sa queue et sa tête puissent toucher la terre. Mais toi, tu le soulevas tant et tant que tu ne fus plus qu'à une courte distance du ciel.

Ce fut également une grande merveille qui se produisit quant tu résistas si longtemps et ne tombas que sur un seul genou lors de ta lutte avec ma nourrice Elli (la " vieillesse ", car nul n'a jamais existé et nul n'existera jamais qui, pour autant qu'il atteigne un âge avancé, ne soit finalement terrassé par la vieillesse. A vrai dire, nous allons à présent nous séparer, et il vaut mieux pour les uns et pour les autres que vous ne reveniez plus me faire visite. Dans le cas contraire, je défendrai mon fort en recourant à de semblables artifices, ou à d'autres, en sorte que vous ne pourrez exercer le moindre pouvoir sur moi "
.

Quand Thor entendit ces propos, il saisit son marteau et le brandit bien haut, mais lorsqu'il s'apprêta à la lancer, il ne vit nulle part Utgarda-Loki. Il se retourna alors vers le fort avec l'intention de le détruire, mais il ne vit là qu'une belle et vaste plaine, et point de fort. Thor fit alors demi-tour et poursuivit son chemin jusqu'à ce qu'il fût revenu chez lui aux Thrudvangar.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il prit alors la décision de chercher à susciter une rencontre entre le serpent de Midgard et lui-même, et ce fut ce qui se produisit par la suite.
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Le tribut de la loutre

6ème chap des Skaldskaparmal

Odin, Loki et Hoenir partirent à la découverte du monde, ils arrivèrent à une rivière et la suivirent jusqu'à une cascade.
Près de la cascade se trouvait une loutre qui avait pris un saumon et était en train de le manger en somnolant. Loki ramassa une pierre, la lança contre la loutre et l'atteignit à la tête. Alors, Loki se vanta de sa chasse, disant que, d'un seul coup, il avait eu une loutre et un saumon. Sur ces entrefaites, les Ases prirent le saumon et la loutre et les emmenèrent avec eux. Peu après, ils arrivèrent à une ferme et y entrèrent. Le paysan qui habitait là s'appelait Hreidmar. C'était un homme d'une puissance supérieure et très versé dans la magie. Les Ases lui demandèrent l'hospitalité pour la nuit, ils lui dirent qu'ils avaient avec eux des provisions en quantité plus que suffisantes et lui montrèrent leurs prises. Mais quand Hreidmar vit la loutre, il appela ses fils Fafnir et Regin et leur dit que leur frère, Otr, avait été tué, et aussi, qui avait fait cela. Alors, le père et les fils se jetèrent sur les Ases, se saisirent d'eux, les lièrent et leur révélèrent que la loutre était un fils de Hreidmar. Les Ases offrirent de racheter leurs vies en versant à Hreidmar autant d'argent qu'il le déciderait. Ils convainquirent de cela et le confirmèrent par des serments solennels. Alors la loutre fut écorchée, et, ayant pris sa peau, Hreidmar dit aux Ases de la remplir d'or rouge, puis de l'en recouvrir entièrement au terme de quoi la réconciliation serait obtenue.

Odin envoya donc Loki au Svartalfaheim. Loki arriva chez le nain qui s'appelle Andvari alors que celui-ci avait pris dans l'eau la forme d'un poisson. Loki l'attrapa et exigea de lui, comme rançon, tout l'or qu'il possédait dans son rocher. Quand ils pénétrèrent dans le rocher, le nain apporta tout l'or qu'il possédait, c'était une immense fortune. Mais le nain dissimula sous son bras un petit anneau d'or. Loki le vit et lui ordonna de livrer l'anneau. Le nain le pria de ne pas lui prendre cet anneau, en déclarant que, s'il le conservait, il pourrait faire renaître et fructifier sa fortune à partir de lui. Mais Loki lui répondit qu'il ne conserverait pas le moindre sou, puis il lui prit l'anneau et sortit, alors le nain proclama que cet anneau provoquerait la mort de quiconque le posséderait. Loki répliqua que cela lui plaisait fort et déclara aussi que ces paroles pourraient bien conserver toute leur validité quand il les répéterait à celui qui recevrait l'anneau.

Sur ces entrefaites, Loki partit, revint chez Hreidmar et montra l'or à Odin. Quand celui-ci vit l'anneau, il le trouva beau, l'enleva du trésor et livra l'or à Hreidmar. Ce dernier remplit la peau de la loutre autant qu'il le put, et, quand elle fut pleine, il la remit sur ses pattes. Alors Odin s'avança et se mit en devoir de la recouvrir d'or. Quand il eût fini, il dit à Hreidmar de venir voir si la peau était entièrement recouverte. Hreidmar examina attentivement le tas, aperçut l'une des moustaches et dit qu'il fallait la recouvrir, faute de quoi la réconciliation ne pourrait être obtenue. Alors Odin sortit l'anneau, en recouvrit la moustache et déclara qu'il s'était à présent acquitté du tribut de la loutre. Quand Odin eût repris sa lance et Loki ses chaussures et qu'ils n'avaient alors plus rien à craindre, Loki déclara que ce qu'avait proclamé Andvari se réaliserait, à savoir que l'anneau et l'or provoqueraient la mort de celui qui les posséderait.

Et ce fut ce qui se réalisa par la suite, voilà pourquoi l'or est appelé " tribut de la loutre ", ou " rançon imposée aux Ases ", ou " métal des discordes ".
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http://www.drakkars-d-hyperboree.org/viking/Mythologie/site_ases_et_vanes.htm#Ases

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