vendredi 15 juin 2018

La mariée blanche et la mariée noire

La mariée blanche et la mariée noire


Wilhelm et Jacob Grimm (1785-1863)

Une pauvre paysanne s'en alla dans les champs pour couper le fourrage. Elle y alla avec ses filles - sa propre fille et sa belle-fille. Soudain, Dieu se présenta devant elles sous l'apparence d'un homme pauvre et demanda :
- Pouvez-vous m'indiquer le chemin pour aller au village ?
- Il faudra le trouver vous-même, rétorqua la mère.
Et la fille renchérit :
- Quand on a peur de s'égarer, on part accompagné.
Mais la belle-fille proposa :
- Venez, brave homme, je vous guiderai.
Dieu se fâcha contre la mère et la fille, se détourna d'elles, et les fit devenir noires comme la nuit et laides comme le péché. La belle-fille en revanche entra dans ses bonnes grâces ; il se laissa accompagner et lorsqu'ils s'approchèrent du village, il la bénit et dit :
- Prononce trois voues, ils seront exaucés.
- Je désire être belle et pure comme le soleil, dit la jeune fille.
Et immédiatement, elle devint blanche et belle comme une journée de soleil.
- Ensuite, je voudrais une bourse pleine d'écus qui ne désemplirait jamais.
Dieu la lui donna mais il ajouta :
- N'oublie pas le meilleur.
La jeune fille dit alors :
- Mon troisième voue est la joie éternelle après ma mort.
Dieu l'en assura et se sépara d'elle.
La mère et sa fille rentrèrent à la maison et constatèrent qu'elles étaient toutes les deux laides et noires comme le charbon, tandis que la belle-fille était belle et immaculée. Une plus grande cruauté s'empara alors de leurs cœurs et elles n'eurent plus qu'une idée en tête : lui faire du mal. Or, l'orpheline avait un frère qui s'appelait Régis. Elle l'aimait par-dessus tout. Un jour, Régis lui dit :
- Ma petite sœur, j'ai envie de dessiner ton portrait pour t'avoir toujours à mes côtés. je t'aime tant que Je voudrais pouvoir te contempler à tout instant.
- Ne montre surtout jamais mon portrait à personne, exigea sa sœur.
Le frère accrocha le tableau, très fidèle à l'original, dans la pièce qu'il habitait au château, car il était le cocher du roi. Tous les jours il regardait le portrait et remerciait Dieu du bonheur qu'il avait donné à sa sœur.
Le roi que Régis servait venait de perdre son épouse.
Les serviteurs à la cour avaient remarqué que le cocher s'arrêtait tous les jours devant le magnifique tableau et, jaloux et envieux, ils le rapportèrent au roi. Ce dernier ordonna alors qu'on lui apporte le tableau et, dès qu'il le vit, il put constater que la jeune fille du portrait ressemblait incroyablement à son épouse défunte, et qu'elle était même encore plus gracieuse ; il en tomba amoureux. Il fit appeler le cocher et lui demanda qui était la personne sur le tableau.
- C'est ma sœur, répondit Régis.
- C'est elle, la seule et unique que je veux épouser, décida le roi. Il donna au cocher une superbe robe brodée d'or, un cheval et un carrosse, et il lui demanda de lui ramener l'heureuse élue de son cœur.
Lorsque Régis arriva avec le carrosse, sa sœur écouta avec joie le message du roi. Mais sa belle-mère et sa belle-sœur furent terriblement jalouses du bonheur de l'orpheline et, de dépit, faillirent devenir encore plus noires.
- À quoi sert toute votre magie, reprocha la fille à sa mère, puisque vous êtes incapable de me procurer un tel bonheur !
- Attends un peu, la rassura sa mère, je tournerai ce bonheur en ta faveur.
Et elle se eut recours à la magie : elle voila les yeux du cocher de manière qu'il ne vît plus qu'à moitié ; quant à la mariée blanche, elle la rendit à moitié sourde. Tous ensemble montèrent ensuite dans le carrosse : d'abord la mariée dans sa belle robe royale, et derrière elle sa belle-mère et sa belle-sœur ; Régis monta sur le siège de cocher et ils se mirent en route.
Peu de temps après Régis appela :
Voile ton beau visage, ma petite sœur, gare à tes jolies joues, car le ciel pleure : Empêche le vent fort de te décoiffer, que bientôt le roi admire ta grande beauté !
- Que dit-il, mon petit frère ? demanda la mariée.
- Il dit seulement que tu dois enlever ta robe dorée et la donner à ta sœur, répondit la marâtre.
La jeune fille ôta la robe, sa sœur noire se glissa à l'intérieur, et donna à la mariée sa chemise grise en toile grossière.
Ils poursuivirent leur route, puis le cocher appela à nouveau :
Voile ton beau visage, ma petite sœur, gare à tes jolies joues, car le ciel pleure ; Empêche le vent fort de te décoiffer, que bientôt le roi admire ta grande beauté !
- Qu'est-ce qu'il dit, mon petit frère ? demanda la jeune fille.
- Il dit seulement que tu dois ôter ton chapeau doré de ta tête et le donner à ta sœur.
La jeune fille ôta son chapeau doré, en coiffa la tête de sa sœur et poursuivit le voyage tête nue. Peu de temps après, Régis appela de nouveau :
Voile ton beau visage, ma petite sœur, gare à tes jolies joues, car le ciel pleure ; Empêche le vent fort de te décoiffer, que bientôt le roi admire ta grande beauté !
-Que dit-il, mon petit frère ? demanda la mariée pour la troisième fois.
- Il dit seulement que tu dois regarder un peu le paysage.
Ils étaient justement en train de passer sur un pont franchissant des eaux profondes. Et dès que la mariée se leva et se pencha par la fenêtre du carrosse, sa belle-mère et sa belle-fille la poussèrent si fort qu'elle tomba dans la rivière. L'eau se referma sur elle ; à cet instant apparut à la surface d'eau une petite cane d'une blancheur immaculée qui flottait en suivant le courant.
Le frère sur le siège du cocher n'avait rien remarqué ; il continuait à foncer avec le carrosse jusqu'à la cour du roi. Son regard était voilé mais percevant l'éclat de la robe dorée il était de bonne foi lorsqu'il conduisit devant le roi la fille noire à la place de sa sœur. Lorsque le roi vit la prétendue mariée et son inénarrable laideur, il devint fou furieux et ordonna de jeter le cocher dans une fosse pleine de serpents.
Pendant ce temps, la vieille sorcière réussit à ensorceler le roi et à l'aveugler à tel point qu'il ne les chassa pas, ni elle, ni sa fille ; et mieux encore : elle l'envoûta si bien que le roi finit par trouver la mariée noire plutôt acceptable et il l'épousa.
Un soir, tandis que l'épouse noire était assise sur les genoux du roi, arriva dans les cuisines du château, par le conduit de l'évier une petite cane blanche qui parla ainsi au jeune marmiton :
Allume le feu, jeune apprenti,
Un court instant, sans doute, suffit
Pour faire sécher mes plumes flétries.
Le garçon obéit et alluma le feu ; la petite cane s'approcha, secoua ses plumes et les lissa avec son petit bec. Un peu ragaillardie, elle demanda :
- Que fait mon frère Régis ?
Le marmiton répondit :
Parmi les serpents, dans une fosse,
Sa prison semble plus qu'atroce.
Et la petite cane demanda :
Que fait la sorcière noire ?
Le garçon répondit :
Elle tremble de joie
Dans les bras du roi.
Et la petite cane soupira :
Mon Dieu, sois à mes côtés
Face à toute adversité !
et elle s'en alla par où elle était venue.
Le lendemain soir elle revint et elle reposa les mêmes questions et le troisième soir également. Le jeune marmiton eut pitié d'elle et décida d'aller voir le roi pour tout lui raconter. Le roi, voulant voir de ses propres yeux ce qui se passait, se rendit le soir à la cuisine et dès que la petite cane sortit la tête de l'évier, il brandit son épée et lui transperça la gorge.
Et tout à coup, la petite cane se transforma - et devant le roi apparut une fille d'une beauté indescriptible ressemblant comme deux gouttes d'eau à la belle du tableau de Régis. Le visage du roi s'illumina de joie et comme la jeune fille était toute mouillée, il fit immédiatement apporter une robe magnifique et ordonna qu'on l'en vêtit.
La Jeune fille lui raconta ensuite comment elle se fit abuser par sa belle-mère et sa belle-sœur et comment celles-ci l'avaient poussée à l'eau. Mais en premier lieu elle pria le roi de faire sortir son frère de la fosse aux serpents. Le roi exauça son voue et se dirigea ensuite vers la chambre de la vieille sorcière. Il lui raconta l'histoire telle qu'elle s'était passée et à la fin lui demanda :
- Que mérite la femme qui a commis de telles abominations ?
La sorcière, dans son aveuglement, n'avait pas compris de qui il était question et répondit :
- Elle mérite d'être enfermée toute nue dans un fût garni de clous pointus et que l'on attache ce fût à un attelage et que cet attelage soit lancé à toute allure.
Et c'est ainsi qu'on les traita, elle et sa fille noire.
Le roi épousa sa belle mariée blanche et récompensa le fidèle Régis : il en fit l'homme le plus riche et le plus estimé de son royaume.
* Ce conte est dans le domaine public au Canada, mais il se peut qu'il soit encore soumis aux droits d'auteurs dans certains pays ; l'utilisation que vous en faites est sous votre responsabilité. Dans le doute ? Consultez la fiche des auteurs pour connaître les dates de (naissance-décès).
- FIN -
Biographie et autres contes de Wilhelm et Jacob Grimm.

http://touslescontes.com/biblio/conte.php?iDconte=56

Écriture de Hallristinger

Écriture de Hallristinger


Écriture de Hallristinger
L'écriture de Hallristinger (Aussi orthographiée Halristinger), du nom de la ville Helleristninger en Norvège[1]estune forme d'écriturediffusée par les peuples du Néolithique et de l'âge du bronzequi représente une des plusanciennes formes d'écriture européenne[2].
Datant de la période -2500 à -2000[3]on estime que ces pétroglyphes sont à l'origine des Runes[4].
Son utilisation du cercle et de la Swastika évoquent des origines proches du sanskrit[5]Sont aussi utilisés spiralestriangles inversésarbresmains écartéesmarques de piedsbateaux et vaguessymboles affectés à une déesse néolithique au Soleil[6].




1) L'écriture Hallristinger 
Sur des pétroglyphes à proximité de la ville norvégienne de Helleristninger, on a relevé des scènes de processions, des guerriers au combat, des animaux, des laboureurs et des hommes ramant ou les bras levés vers le ciel sur des navires et des chars. Parmi eux, des signes particuliers, tels que des traces de pas (traces de la divinité et signes de sa protection), des cupules creusées dans le rocher (astres, gouttes de pluie, trous creusés dans les champs, symboles de la fécondation de la terre par un dieu céleste), des svastikas, des spirales, des triangles inversés, des arbres, des mains écartées, des vagues. 57 Ces signes donneront naissance aux caractères de l'écriture Hallristinger. Ce ne sont pas des pictogrammes racontant chronologiquement une histoire, ni de l'art pariétal (bien que gravés sur la roche) mais des images présentant une forme de langage symbolique rituel, apparu vers 2500 avant notre ère et qui perdurera jusque vers 500 avant notre ère, soit jusqu'à l'âge du fer. La plupart des chercheurs s'accordent à reconnaître dans les représentations des grands pétroglyphes, un culte solaire prédominant, ainsi que des allusions à des dieux de la fertilité et à une déesse-mère. Les bateaux, si souvent représentés, étaient probablement des injonctions à la prospérité et à la protection requise pour des traversées qu'effectuaient souvent ces hommes. Mais lorsqu'ils représentaient des figures humaines, bras levés vers le ciel sur ces mêmes embarcations, ils faisaient allusion à ces voyages initiatiques qui devaient les mener au-delà des espaces quotidiens. Tracés sur des pierres plates, face au ciel, indéchiffrables pour les yeux humains, ces signes s'adressaient aux dieux. 


vendredi 8 juin 2018

Magie runique : Talisman & Runes Liées

Magie runique : Talisman & Runes Liées



Utalisman est un objet magique qui porterait des vertus occultes. Le mot lui-même provient de l’arabe mot « ṭilasm » ( طلسم ), qui est une altération du grec « telesma » ( τέλεσμα ), signifiant « l’achèvement du rite ».
On désigne comme talisman un objet, quelque soit sa forme, qui comporte un message porteur d’une symbolique magique ou divine: mot de pouvoir, nom d’un dieu etc… Il est censé offrir une protection à son propriétaire ou apporter un pouvoir magique en rapport avec son symbolisme ésotérique.
L’amulette, quand à elle, est un objet naturel auquel on prête des propriétés surnaturelles. A l’origine, elle n’a pas été créé avec une volonté magique, elle a simplement été trouver puis ramasser par exemple.

A propos des Runes


Les runes ont dans un premier temps servi de moyen divinatoire, puis elles ont évoluées vers la forme d’un alphabet (voir Les Runes : Origine & Usage). C’est à cause de cette nature symbolique intrinsèque qu’elles peuvent être utilisés dans une optique de magie opérative.


On peut décomposer chaque runes en 6 niveaux :
  1. sa Forme : valeur idéographique, sens premier
  2. son Son : valeur phonétique
  3. son Concept : valeur symbolique
  4. son Nombre : valeur numérique par sa position
  5. son Dynamisme : relations avec les autres runes
  6. sa Nature : rune simple, double ou matrice
La source la plus prolifique sur la magie runique se trouve dans l’ Edda poétique avec le Sigrdrífumál, où la valkyrie Sigrdrífa ( Brynhild ) présente à Sigurd une corne à boire et lui explique les différents types de magie runique (ndt: texte complet en annexe).
  • Tyrrunar : runes de victoire
  • Olrunar : contre le poison
  • Biargrunar : rune de délivrance (natalité)
  • Brimrunar : rune de l’écume (voyage maritime)
  • Limrunar : rune des arbres (soin & guérison)
  • Malrunar : rune d’éloquence
  • Hugrunar : rune de sagesse (connaissance)
 Le poème sur Brynhild » n’est pas un cas unique et il existe ainsi d’autres textes nous renseignant sur l’usage des runes en magie. Le plus connu est surement le Rúnatals tháttr Odhins « le dénombrement des runes par Odin » qui se trouve dans le Havamal 138-165. On peut aussi citer le Grógaldr « l’incantation de Groa » (ndt: textes complet en annexe)

Reyn Til Rúna !
Cherchez les Mystères !

Ces séries de « galdrar » ( incantations ) sont clairement liées aux runes, tout en gardant cachée la formule runique exacte ( formàli ). Chaque stance n’est pas nécessairement rattachée à une forme runique unique, bien qu’il soit parfois éclairant de classer les significations dans l’ordre classique du Futhark.


Exemples de Talismans


Par le passé le bois était le support de prédilection pour graver les runes. Ce matériau n’ayant pas résister aux ravages du temps, la majeur partie des ressources dont nous disposons actuellement reposent uniquement sur les décorations des armes, des bijoux et des pierres levées. Le Moyen Âge nous a cependant légué un certain nombre de textes fragmentaires mais exploitable qui sont réunis sous la forme de CODEX. Toutefois une grande partie des anciennes pratiques magiques a été complètement perdue.
Avec ces sources, on a pu reconstituer et ainsi comprendre plusieurs méthodes qui servaient à créer des talismans à partir des runes :
  • runes liées (en. bind runes) : formées à partir de deux ou trois runes, les runes adjacentes sont réunies à partir d’un trait vertical commun pour ne former un seul glyphe.
  • bandrunar (conjuration) : assemblage de runes sur une seule ligne qui n’est forcément une transcription d’un mot précis ou d’une phrase. Dans le cas contraire, le message pouvait être crypté pour rester secret.
  • mot de pouvoir : des mots écrits en runes qui ont un pouvoir magique puissant (ex: Megin, Blast, Auja, Mattr).
  • bouclier de Finn (réf. à Finn Mac Cumaill) : ce sont des combinaisons de runes tracées à partir d’un même point dans le sens dextrogyre. Cette conformation à l’avantage de ne pas voir apparaître des runes non prévues lors de la superposition.
Parmi les bijoux en Or ou Argent, on retrouve des médaillons-talisman : les Bractéates. Le mot Bractéate (lat. bractea, morceau mince de métal) désigne à la fois la monnaie dans sa globalité, mais aussi le bijou qui peut en être tiré. Un certain nombres d’entre-eux représentant des portraits stylisés ou des animaux fantastiques sont entourés d’un cercle de runes dont le sens nous échappent en partie.

Le Bractéate de Fionie (DR BR42) comporte la phrase : houaz laþu aaduaaaliia alu. Le mot houaz a été interprétée comme correspondant au vieux norrois HAVI désignant le « très haut »kenning ( figure de style) désignant Odin lui-même. laþu (lathu) peut être traduit par invitation. aaduaaliia n’a pas de sens, il semble que ce soit une sorte de mantra. Quand au sens véritable du mot Alu, il est inconnu, mais c’est probablement le formali le plus connu car il se retrouve sur un nombre important de bractéate de toutes les périodes. Alu, veut dire littéralement Ale qui désigne les boissons enivrantes dont la bière. Etymologiquement et dans différentes cultures, on le retrouve associé à la dévotion, au monde des morts, à la sorcellerie ainsi qu’à la protection.
C’est ce même mot Alu ᚫ ᛚ ᚢ que l’on retrouve sur le Bractéate de Djupbrunns accompagné d’une Svastika. Il semblerait qu’il soit utilisé comme un moyen de protection ou une marque de dévotion. Le Bractéate de Tjurkö contient la dédicace suivante : ᚹᚢᚱᛏᛖᚱᚢᚾᛟᛉᚨᚾᚹᚨᛚᚺᚨᚲᚢᚱᚾᛖ··ᚺᛖᛚᛞᚨᛉᚲᚢᚾᛁᛗᚢᚾᛞᛁᚢ··· Que l’on peut traduire par « Heldaz a gravé les runes sur cet or pour Kunimunduz ».
Les formali Laukaz ᛚ ᚫ ᚢ ᚲ ᚫ ᛉ, Auja ᚫ ᚢ ᛃ ᚫ et Ota ᛟ ᛏ ᚫ sont aussi très présents sur les bractéates, le premier est le nom en proto-germanique de la rune Laguz ᛚ signifiant littéralement Poireau puis plus tard Lac. On l’interprète comme un symbole de Fertilité et deProtectionAuja peut être traduit par Chance, et Ota par la Peur.
Sur certains médaillons on retrouve ces différents mots associés comme par exemple Alu Ota qui pourrait se traduire ainsi : « Protège Peur »
Toutes ces formules sont écrites classiquement même si leur sens nous échappent, par contre les runes liées sont facilement décryptable car leurs symbolismes et leurs valeurs nous sont connues. Pour le démontrer, nous allons délivrer l’interprétation d’une grande partie des talismans les plus communs que l’on a retrouvé de la période Antique jusqu’au Moyen Âge.


Le premier glyphe représente le doublement de la rune Tiwaz ᛏ, rune du Dieu-Seigneur Týr, rune de la Victoire. On retrouve ce motif sur différentes armes. Pratique magique qui est décrite dans le Poème de Brynhild :
6. Il te faut graver les runes de victoire, Si tu veux victoire remporter, Graver sur les gardes du glaive, Certaines sur la poignée, Certaines sur le croisillon, Et nommer deux fois Tyr. Sigrdrífumál.
Le second glyphe est composé des runes ᛏ ᛋ ᚦ. La rune centrale est Sowilo ᛋ, en tant que Rune Matrice, supporte les deux autres. ᛋ représente le Soleil, c’est la source d’énergie du monde qui permet la Vie, symboliquement ᛋ permet l’Accomplissement des choses. La troisième rune est Thurisaz, le rune du Dieu-Guerrier Thor, un lien de guerre qui permet de passer outre les Défenses.
Le troisième glyphe est composé des runes ᛏ ᛟ. Othala est une rune symbolisant le Patrimoine et sa Protection, liée avec Tiwaz,l’ensemble représente symboliquement la Défense d’un Bien.

e premier glyphe se comme Gibu Auja, il est composé de l’association des runes ᚷ ᚫ. C’est un charme très ancien et très connu que l’on traduit par : « Don de la Chance ». En effet, Gebo ᚷ signifie littéralement le Don, tandis qu’Ansuz ᚫ désigne les Ases. Ainsi celui qui se met sous la protection des Ases récolte la Bonne Fortune.
La second glyphe est composé des runes ᚷ ᛏ. Ce que l’on pourrait traduire par : « Don de la Victoire ». La troisième rune ᛟ apparue par l’union des deux premières précise que cette victoire est plutôt sur un plan matériel (cad: la réussite).
Le troisième glyphe est composé des runes ᚷ ᚹ. Wunjo ᚹ signifie littéralement la Joie, le plaisir de la Communion avec les autres. La troisième rune Laguz ᛚ apparue par l’union des deux premières précise que cette Joie est Transmissible et qu’elle Traverse tout à l’image de l’Eau qui coule. On pourrait traduire ce charme par : « Don d’Amour« .
Le quatrième glyphe est composé des runes ᚷ ᚠ. Fehu ᚠ symbolise le Bétail en tant que Richesse vivante. On pourrait traduire ce charme par : « Don de la Richesse« .



mardi 5 juin 2018

Chronologie - Le déclin et la persistance du paganisme européen


Chapitre I - Le déclin et la persistance du paganisme européen

La christianisation de l’Europe fut longue, elle ne fut jamais complète. En effet, si les clergés et les États païens furent finalement anéantis, le premier souverain ouvertement favorable aux chrétiens, ordonne la destruction du temple d’Aphrodite à Aphaca, au Liban, ainsi que celui de Mambré en Palestine. Ce dernier est censé « profaner le lieu où est apparu Abraham ».

326 : destruction du temple d'Asclépios à Aigeai en Cilicie.

330 : fermeture du temple de Belenos-Apollon à Bayeux.

346 : première interdiction des cultes païens.

23 novembre 353 : interdiction des sacrifices nocturnes.

1 décembre 354 : interdiction, sous peine de mort, des sacrifices dans l'enceinte des temples.

19 décembre 356 : interdiction des rites utilisant des statues comme support.

357 : dernier ex-voto au temple d'Apollon à Rome.

359 : dernier sacrifice aux Dioscures à Rome.

26 juin 363 : mort de l’empereur Julien, dernier souverain païen d'Occident.

août 364 : dernier édit de tolérance envers les païens.

365 : règne éphémère de Procope, dernier empereur païen d'Orient.

12 mars 370 : exécution du philosophe Simonidès ainsi que du philosophe et théurge Maxime d'Ephèse, ancien précepteur de l’empereur Julien.

371 : début de la christianisation officielle de la Gaule par Martin : destructions de lieux sacrés, de temples, d'arbres, de forêts ...

383 : influencé par l’évêque Ambroise, l’empereur Gratien abandonne le titre de Pontifex Maximus et supprime les dernières subventions versées à des prêtres païens.

384 : les chrétiens sont majoritaires au sénat de Rome.

386 : interventions armées pour détruire les temples de Palmyre et d'Apamée. Les milices chrétiennes terrorisent l’Égypte, le Liban et la Syrie.

389 : dernière consécration connue d'un mithraeum.

24 février 391 : interdiction des cultes païens à Rome.

26 juin 391 : interdiction des cultes païens en Égypte. Destructions massives, notamment celle du Sérapeion d'Alexandrie, malgré la résistance armée du philosophe Olympios.

8 novembre 392 : interdiction par Théodose de tous les cultes païens et suppression de la liberté de pensée. Le souverain chrétien ordonne la fermeture et la destruction de tous les temples.

393 : interdiction des jeux Olympiques.

5 septembre 394 : défaite de l'armée païenne d'Arbogast qui arbore des étendards frappés au portrait d'Hercule. C’est la fin de la dernière tentative de restauration païenne. Celle-ci ayant été soutenue par l’aristocratie romaine, les grandes familles sont épurées.

398 : l’évêque Porphyre fait fermer les temples de Gaza.

399 : ordre est donné au préfet de Damas de raser les temples des campagnes avoisinantes. Vague de destructions de temples en Afrique avec la bénédiction d'Augustin. Répression des révoltes qui en sont la conséquence.

402 : destruction des derniers temples de Gaza et répression de la révolte qui en découle.

405 : saccage des temples de Phénicie.

408 : confiscation des revenus des derniers temples.

14 novembre 408 : édit fermant la haute administration aux non-chrétiens.

410 : dernier culte druidique attesté en Gaule armoricaine.

24 août 410 : siège de Rome par Alaric, dont les hommes sont chrétiens. Le pape refuse les prières païennes pour protéger la Ville. Après le sac, les païens sont dénoncés aux barbares par les chrétiens ...

415 : assignation des prêtres païens à résidence, confiscation des biens des collèges sacerdotaux en Afrique. Assassinat d’Hypathie, poétesse et philosophe païenne d'Alexandrie. Elle est tuée à coups de tessons, son corps est déchiqueté et ses morceaux exhibés dans les rues puis brûlés.

7 décembre 416 : les païens sont exclus de l'armée, de l'administration et de la justice.

423 : les empereurs Honorius et Théodose II promettent protection aux païens « qui se tiendront tranquilles ».

431 : concile d'Ephèse qui décide d'y fixer le lieu d'enterrement de la mère de Jésus de Nazareth. Les temples de cette ville sainte vouée à Artémis sont détruits pour faire place aux églises.

435 : édit renouvelant la peine de mort pour les païens pratiquants. Nouvel édit ordonnant la destruction des temples encore intacts.

31 janvier 438 : confirmation de la loi prévoyant la peine de mort pour les païens.

4 novembre 451 : la peine de mort prévue pour les païens pratiquants est étendue aux propriétaires du local où a lieu le culte.

482-488 : dernières révoltes païennes en Asie Mineure. Le poète païen Pampréprios est décapité en 488.

27 Avril 485 : à Athènes, mort du philosophe grec Proclos, dernier grand philosophe non chrétien.

486 : chasse aux temples clandestins d'Isis en Égypte. Assassinat de Marcellinus, dernier grand général païen, vainqueur des Vandales en Sicile et en Sardaigne.

21 décembre 496 : Clovis, roi des Francs, se convertit au christianisme.

515 : christianisation totale de la région de la Mer Morte. L'empereur Justinien rend le baptême obligatoire et renouvelle la peine de mort prévue pour les non-chrétiens.

529 : Justinien ferme l'école platonicienne d'Athènes. Fuite des philosophes en Perse et survie d'une école néoplatonicienne païenne à Harrân jusqu'au Xle siècle.

537 : fermeture officielle du temple d'Isis à Philaë dans le sud de l'Égypte.

542 : Jean d'Ephèse est nommé prévôt préposé aux païens d'Asie Mineure. Il s'ensuit aussitôt une vague de persécutions anti-païennes sans précédent.

550 : christianisation totale de la Galice et de la Sardaigne.

555 : fin du culte de Baal à Balbeck, au Liban.

573 : bataille d'Armtered (dans la région de Carlisle en Grande Bretagne), fin du dernier petit royaume païen de la région.

580 : l'empereur Tibère déclenche une nouvelle vague de persécution des païens, surtout au Liban. Des milliers d’entre eux sont arrêtés, torturés, puis crucifiés. Parmi eux le gouverneur d'Antioche, Anatolios, surpris en train de prier Zeus.

582 : l'empereur Maurice relance les persécutions et les tortures.

625 : concile de Reims, qui condamne les chrétiens participant aux festins des païens.

743 : concile de Lestines, qui condamne les « superstitions vivaces ».

772 : Charlemagne commence la christianisation forcée des Saxons. Destruction de l'arbre cosmique d'Irminsul dans le temple d'Eresbourg.

782 : massacre de Werden. 4.500 Saxons ayant refusé d'être baptisés sont tués.

789 : loi contre le culte des arbres, des pierres et des fontaines.

794 : loi qui oblige de couper les arbres sacrés.

800 : Charlemagne ordonne la destruction des « pierres païennes ».

850 : christianisation des derniers villages païens du Péloponnèse.

867 : capitulaire de Louis le Débonnaire contre « Diane, les sorcières et le retour de l'idolâtrie ».

966 : christianisation forcée de la Pologne.

978 : mort de Domnal Hau Neill, le dernier roi d'Irlande à avoir eu des druides à sa cour.

989 : baptême du Prince Vladimir de Russie.

997 : christianisation de la Hongrie.

1037 : dernières révoltes païennes en Pologne.

1047 : défaite des derniers Normands païens au Val des dunes, devant le futur Guillaume le Conquérant.

1050 : fin de la christianisation de la Scandinavie.
  Christian Bouchet.


Destruction du Temple d'Uppsala.